•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Taxer les propriétaires qui rechignent à louer leurs commerces

La devanture d'un commerce désaffecté est recouverte d'affiches et de graffitis.

L'avenue Bernard, artère commerciale du Mile End à Montréal, enregistre une baisse d'achalandage en raison de ses devantures laissées à l'abandon, selon des commerçants.

Photo : CBC / Kate McKenna

Radio-Canada

La solution au problème des commerces vacants sur les artères commerciales passe notamment par l’établissement d’un registre et de redevances pour les propriétaires qui misent sur la spéculation plutôt que sur la recherche de locataires.

C’est ce qui ressort du mémoire de 17 recommandations qui sera présenté, jeudi, par l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM), dans le cadre d’une consultation publique sur la problématique des commerces vacants.

S’il existe un consensus autour du constat que la multiplication des locaux commerciaux est préoccupante, l’absence de données publiques fiables est fort inquiétante, indique en préambule l’ASDCM, qui représente 12 500 commerces et établissements répartis sur 20 artères. L’association aimerait que les actions de la Ville soient basées sur des faits plutôt que sur des perceptions.

Selon les constatations de la Ville de Montréal, le taux de commerces vacants sur les artères commerciales était de 15 % en juillet 2019, plus du double du taux normal. Il dépasserait même le seuil de 25 % sur la rue Sainte-Catherine Est ou sur la rue Saint-Denis dans le Plateau-Mont-Royal.

Impossible par contre de connaître précisément, par exemple, la superficie des commerces vacants, le coût du dernier loyer ou la date de fermeture du dernier commerce.

Avec des statistiques comme celles-ci, on va être capables de mieux poser des diagnostics. À savoir si le propriétaire fait vraiment de la spéculation immobilière et n'a pas l'intérêt de louer son local, ou s’il souhaite mettre des solutions en branle, mais ne trouve pas nécessairement. Et à ce moment-là, on pourra trouver aussi des solutions pour l’aider.

Caroline Tessier, directrice générale de l’ASDCM

Si le propriétaire maintient volontairement le local vacant, une redevance pourrait être perçue, comme c’est le cas à Vancouver. La redevance est une forme de permis d'inoccupation que le propriétaire doit se procurer et qu’il devra renouveler aux 6 mois environ ou 1 an, avec des augmentations de prix au fil des années, a précisé Mme Tessier à Radio-Canada.

Plus de réglementation

Son association demande par ailleurs que les propriétaires de locaux vacants financent l’animation de la rue et que la Ville renforce sa réglementation sur la propreté, pour que les commerces vacants ne finissent pas recouverts de graffitis ou placardés.

L’ASDCM note en outre que le nombre de pieds carrés de commerces par habitant est cinq fois plus élevé qu’en France et que, par conséquent, la Ville devrait limiter la création de nouveaux commerces aux artères commerciales principales.

Les séances publiques d’audition des mémoires se déroulent à l’édifice Lucien-Saulnier jusqu’au mardi 21 janvier. Près de 30 personnes ou organisations seront entendues par la Commission municipale sur le développement économique et urbain et l'habitation. Les recommandations de cette instance de la Ville sont attendues d’ici le printemps prochain.

L’objectif est d’avoir une réflexion globale, qui va au-delà des discussions autour, par exemple, du taux d’imposition des commerces. Il faut parler d’urbanisme, d’aménagement urbain aussi lorsqu’on pense aux commerces, affirmait en novembre dernier Richard Ryan, l’élu qui préside la commission.

D'après les informations de Benoît Chapdelaine

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !