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« Tu trouves pas que tu vas trop loin? » aurait dit une présumée victime à Patrick Chénard

Patrick Chénard, devant le palais de justice.

Patrick Chénard, à l'extérieur du palais de justice de Rimouski

Photo : Radio-Canada

Isabelle Damphousse

Une huitième présumée victime a témoigné mardi après-midi au procès de Patrick Chénard. Dans son témoignage, la plaignante a raconté les gestes à caractère sexuel qui auraient été portés contre elle lors d’une séance de massage à laquelle l’accusé l’avait invitée à participer.

La huitième plaignante appelée à témoigner à la barre dans le procès du kinésiologue et massothérapeute a raconté au tribunal comment l’homme de 28 ans, accusé de 11 chefs d’accusation d’agression sexuelle et d'un chef d’exploitation sexuelle, l’aurait invitée à prendre part à une étude sur les effets de la musique.

C’est par messagerie Facebook que l’accusé serait entré en communication avec elle.

La plaignante, qui s'entraînait au centre de conditionnement physique de Rimouski où Patrick Chénard louait un local, a expliqué qu'elle et l'accusé se saluaient parfois.

Lorsque Patrick Chénard serait entré en contact avec elle, elle dit lui avoir répondu qu’elle était intéressée de participer à son étude et ils auraient convenu d'un rendez-vous deux jours plus tard.

Dans son témoignage, la plaignante affirme que l’accusé lui aurait offert les massages à prix réduit, soit au coût de 30 $ par séance.

C’est lors de la première séance de massage, alors qu'elle était couchée sur le ventre, que Patrick Chénard aurait baissé les sous-vêtements de la présumée victime.

Il aurait passé sa main sur ses parties génitales et l'aurait pénétrée avec son doigt. Par la suite, il y aurait eu un contact oral avec ses parties génitales.

La plaignante dit s'être redressée sur la table de massage. À ce moment, Patrick Chénard lui aurait dit qu'il était désolé et que c'était la première fois que ça qu'il lui arrivait de poser un tel geste, extraconjugalement et professionnellement.

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Normand Morneau-Deschênes, a demandé à la plaignante si elle était consentante au moment des gestes allégués. Elle a répondu non.

Patrick Chénard aurait mis fin à la séance de massage et aurait dit à la présumée victime qu’elle n’avait pas à payer les 30 $ pour la séance.

Les deux ont convenu d'un autre rendez-vous.

Entre-temps, l'accusé et la plaignante se seraient croisés dans un bar à Rimouski et ils auraient eu des conversations par messagerie.

Patrick Chénard lui aurait écrit qu'elle était son genre de fille et lui aurait proposé d’aller passer une fin de semaine avec elle à Québec.

La plaignante lui aurait répondu qu’elle allait réfléchir à sa proposition. Il était peut-être honnête dans ce qu’il disait, a-t-elle relaté au tribunal. Étant donné que l'accusé lui aurait dit qu'il était en couple, elle affirme lui avoir répondu qu'elle ne voulait pas s'engager dans cette voie.

C’est en discutant avec une amie de la situation qu’elle a appris que des événements similaires auraient été rapportés par d'autres filles.

Ça me décevait de l’avoir cru, a-t-elle dit.

La plaignante dit avoir eu deux autres massages de l'accusé pendant lesquels il n'y aurait pas eu d'attouchement. Elle dit aussi qu'elle n'a pas eu à payer les trois séances de massage.

La défense commencera la journée de mercredi avec le contre-interrogatoire de cette témoin.

Patrick Chénard et son avocat, devant le palais de justice.

Patrick Chénard, en compagnie de son avocat, maître Yves Desaulniers, à l'extérieur du palais de justice de Rimouski

Photo : Radio-Canada

Un septième témoignage en matinée

En matinée, une septième présumée victime a raconté au tribunal avoir été invitée à participer à trois séances de massage dans le contexte d’une étude proposée par Patrick Chénard sur les effets de la musique.

Dans ce cas, l'accusé aurait aussi offert ses services pour la somme de 30 $ la séance.

La plaignante a décrit que le kinésiologue massothérapeute passait beaucoup de temps sur son fessier lors du massage.

À force d'être toujours là, son pouce a touché les aines et les lèvres, a-t-elle témoigné.

Elle a spécifié à la cour qu'elle ne se rappelait plus si l'accusé avait touché à ses parties génitales lors de la première ou de la deuxième séance de massage.

La plaignante a expliqué au tribunal être retournée pour une deuxième séance de massage afin de confronter l'accusé.

Elle raconte que, pendant que ce dernier s’attardait à son fessier et ses aines, elle se serait retournée pour lui dire : Tu ne trouves pas que ça va trop loin?

L'accusé aurait cessé de la toucher et il lui aurait dit qu'il ne pouvait pas se permettre que ça aille trop loin avec toutes ses années d'études et qu'il ne pouvait pas risquer tout perdre.

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Morneau-Deschêne a demandé à la plaignante si elle consentait, à ce moment, aux gestes qu'elle reproche à l'accusé.

Elle a répondu qu'elle ne voulait pas que ça se reproduise et qu'elle voulait vérifier si ce qu'elle avait vécu la première fois était bien réel.

La plaignante a dit être retournée pour une troisième séance de massage qu'elle a qualifiée de professionnelle.

Ce massage était très différent des autres, a-t-elle dit à la cour. Il ne s'est pas attardé à mes fesses, à mon pubis ou à mes seins.

En contre-interrogatoire, la défense a soulevé que lors de l'interrogatoire préalable, la plaignante a dit que Patrick Chénard n'avait pas touché à ses parties génitales lors de la première séance de massage, alors que dans son témoignage en cour, elle disait ne plus se rappeler plus si le geste allégué avait été posé lors de la première ou de la deuxième séance de massage.

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