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Primaires démocrates : la stratégie atypique de Michael Bloomberg

L’ex-maire de New York bouscule les traditions démocrates bien établies dans l’espoir de couper l’herbe sous le pied de Donald Trump, si jamais il est choisi pour l’affronter.

Plan large de Michael Bloomberg sur une tribune, derrière un micro.

Michael Bloomberg, candidat à l'investiture démocrate, lors d'un événement au Texas

Photo : Austin American-Statesman via AP / Lola Gomez

Raphaël Bouvier-Auclair

Il suffit de regarder la télévision californienne quelques minutes pour les voir apparaître : les publicités électorales de Michael Bloomberg s’enchaînent sur les ondes.

L’ex-maire de New York a investi des millions de dollars de sa fortune pour faire la promotion de sa campagne dans l’État. Dans la région de Los Angeles seulement, il a dépensé plus de 5 millions de dollars en publicité.

Pendant que Joe Biden, Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Pete Buttigieg et les autres candidats multiplient les visites en Iowa et au New Hampshire, les premiers États à se prononcer dans le cadre des primaires, Michael Bloomberg, lui, concentre ses efforts ailleurs, notamment en Californie.

L’État de la côte ouest, fort de ses quelque 40 millions d’habitants, compte près de 500 délégués qui se prononceront sur le choix du candidat démocrate, contre une cinquantaine en Iowa et seulement une trentaine au New Hampshire.

Michael Bloomberg a donc ouvert des bureaux dans quelques villes de la Californie, y a employé des dizaines de personnes et a obtenu l’appui de politiciens locaux.

Parmi eux, le maire de San José, Sam Liccardo, qui est devenu coprésident de la campagne californienne de Bloomberg.

Plan moyen de Sam Liccardo, répondant à des questions de journalistes.

Le maire de San José, Sam Liccardo, en entrevue avec des médias de la région.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Rencontré dans sa ville de la Silicon Valley, Sam Liccardo a expliqué à Radio-Canada que l’ancien maire ne fait pas uniquement campagne dans des États démocrates riches en délégués, mais aussi dans des États qui pourraient se révéler déterminants dans le cadre de l’élection présidentielle. 

En novembre, le prochain président sera élu dans des États comme le Michigan, l’Ohio et le Wisconsin, et nous ne passons pas assez de temps là-bas. Mais les républicains, eux, y investissent des dizaines de millions de dollars.

Sam Liccardo

Faut-il revoir le processus des primaires?

L’idée de réorganiser l’ordre dans lequel les États se prononcent sur le choix de leur candidat aux élections présidentielles fait son chemin au sein du Parti démocrate.

Si les militants de l’Iowa et du New Hampshire tiennent à conserver ce fonctionnement qui force les candidats à s’intéresser aux enjeux de leurs États, plusieurs voix au sein du Parti démocrate réclament une réflexion approfondie sur le sujet.

C’est le cas d’Ash Kalra, un membre de l’Assemblée législative de Californie, rencontré tout près de son bureau au centre-ville de San José.

Ces États [Iowa et New Hampshire] ne représentent pas notre nation en matière de diversité et d’économie, lance-t-il. 

Mais les affinités d’Ash Kalra avec la campagne et la stratégie de Michael Bloomberg s’arrêtent là.

Plan rapproché d'Ash Kalra, souriant à la caméra.

Ash Kalra, élu démocrate de la Californie, critique la candidature de Michael Bloomberg.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

L’élu californien reproche à l’ancien maire de ne pas participer aux débats, ce que son type de campagne, financée à même son argent, ne lui permet pas de faire. Ash Kalra, qui s'est rangé derrière Bernie Sanders, affirme que Michael Bloomberg ne peut donc pas répondre à certaines critiques, notamment sur ses politiques sur la loi et l’ordre quand il était à la tête de New York.

Vous avez un milliardaire qui achète du temps de publicité et présente une version de lui-même qui ne peut même pas être critiquée, puisqu’il ne participe pas aux débats.

Ash Kalra

Selon lui, Michael Bloomberg, un ancien républicain qui investit des millions de dollars pour faire partie de la course démocrate, n’est pas le meilleur candidat pour répondre aux problèmes d’inégalités économiques et sociales qui frappent la région de San Jose, comme plusieurs endroits au pays. 

Le maire de San José et coprésident de la campagne californienne de l’ancien maire de New York réfute cet argument. 

La question est de savoir ce qu’il fait de son argent, lance Sam Liccardo, qui note que ces dernières années Michael Bloomberg a dépensé des centaines de millions de dollars dans des campagnes pour la lutte contre les changements climatiques et le contrôle des armes à feu. 

Michael Bloomberg sur une tribune devant ses partisans.

Michael Bloomberg devant ses partisans, la fin de semaine dernière

Photo : Austin American-Statesman via AP / Lola Gomez

La stratégie de Michael Bloomberg fonctionnera-t-elle? Bien que son approche soulève des questions importantes sur le déroulement des primaires, pour l’instant, le milliardaire dépasse à peine les 6 % d’intentions de vote dans les sondages. 

Le poids de l’homme d’affaires pourrait par ailleurs se faire sentir tout au long de la saison électorale. Michael Bloomberg a promis de ranger ses ressources, humaines et financières, derrière le ou la démocrate qui affrontera Donald Trump en novembre. 

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