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Traitement in vitro : aucune clinique à Terre-Neuve-et-Labrador

Mathieu Boudreau berce son nouveau-né

Mathieu Boudreau et sa conjointe ont dû voyager plusieurs fois en dehors de l'île de Terre-Neuve pour avoir recours à la fécondation in vitro.

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Marie-Isabelle Rochon

Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard sont les deux seules provinces au pays à ne pas offrir le service de fécondation in vitro (FIV). Dans le cas de Terre-Neuve-et-Labrador, les défis logistiques sont encore plus importants pour les futurs parents, qui doivent débourser des frais supplémentaires afin de se déplacer en avion et de se loger.

Mathieu Boudreau goûte enfin à la joie d’être père. Mais le chemin pour arriver à ce moment n’a pas été de tout repos.

Sa femme et lui ont attendu près de six mois avant d’être pris en charge par la seule clinique de fertilité de Terre-Neuve-et-labrador. Après une batterie de tests et de traitements d’insémination intra-utérine infructueux, leur dernière solution a été de recourir à la FIV.

Ils ont alors été confrontés à un obstacle majeur : aucune clinique pour ce genre de traitements n’existe dans la province.

Il y avait beaucoup d'inconnu puis beaucoup de stress avec toutes les étapes de plus qu'on avait besoin de faire en plus du processus in vitro, explique Mathieu Boudreau.

Portrait de Mathieu Boudreau

La logistique des déplacements était une étape supplémentaire pour Mathieu Boudreau et sa femme.

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Les frais pour ce genre de traitements sont coûteux, mais les couples terre-neuviens et labradoriens sont confrontés à des obstacles financiers supplémentaires en raison de la situation géographique isolée de la province.

En Atlantique, il n’y a que deux cliniques de fécondation in vitro : une à Halifax et une autre à Moncton.

À Terre-Neuve-et-Labrador, entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2019, 38 enfants sont nés grâce à un traitement de FIV reçu à l’extérieur de la province.

Difficulté des déplacements

Terre-Neuve-et-Labrador est reconnue pour ses conditions météorologiques peu clémentes. Les retards et les annulations de vols sont fréquents.

Pour pouvoir voyager rapidement en dehors de la province, le trajet en voiture est presque impensable. En hiver, à partir de Saint-Jean, il faut compter 10 heures de route avant d’arriver au traversier qui relie l’île de Terre-Neuve jusqu’à North Sydney en Nouvelle-Écosse. La traversée dure ensuite 7 heures.

Les obstacles, c'étaient le voyage. Terre-Neuve est sur une île, s'il y a une tempête ou quelque chose comme ça, il y a le stress de manquer notre vol ou de manquer notre rendez-vous, relate Mathieu Boudreau

Mathieu Boudreau et sa femme ont voyagé à quatre reprises jusqu’à la clinique Conceptia de Moncton. Ils ont aussi dû prendre des congés de leur emploi lors de chacun de ces voyages. Heureusement, le couple avait de la famille à Moncton pour les héberger, mais les frais totaux pour les traitements et pour leur déplacement ont dépassé les 15 000 $.

Portrait de Craig Ferguson

Craig Ferguson est directeur de la clinique Conceptia à Moncton

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Craig Ferguson, le directeur de la clinique Conceptia de Moncton, note que les couples terre-neuviens qui visitent sa clinique sont peu nombreux. Dans les deux dernières années, moins de cinq patients ont fréquenté la clinique.

Le vol d’avion, c’est un grand défi parce qu’on n’a pas de vol direct de Saint-Jean à Moncton, c’est peut-être une explication, souligne-t-il.

Aucun changement de sitôt

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador ne rembourse pas les frais pour les services de fécondation in vitro. C’est aussi le cas pour l’Île-du-Prince-Édouard et pour la Nouvelle-Écosse. Seul le Nouveau-Brunswick offre une compensation pour ce genre de traitement.

Le ministère de la Santé de Terre-Neuve-et-Labrador explique que la procédure de FIV n'est pas disponible en raison de la faible demande et du niveau élevé d'expertise requise. La province offre tout de même d’autres options de traitement de fertilité, comme l’hyperstimulation ovarienne contrôlée, l’insémination artificielle et l’induction d’ovulation.

Le directeur de la clinique Conceptia de Moncton note tout de même une augmentation marquée des besoins dans la région de l’Atlantique depuis les dernières années. La population dans le besoin de traitement de fertilité est là, souligne-t-il.

Le service de fertilité In Vitro, c'est une spécialité. Ça prend des installations spécifiques, des laboratoires spécialisés, des médecins spécialistes dans la fertilité. Alors il y a beaucoup de choses qui viennent en jeu, ajoute Craig Ferguson.

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