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Transfert des données de Statistique Canada dans le nuage : son chef se veut rassurant

Vue du bâtiment hébergeant les bureaux de Statistique Canada à Ottawa.

Statistique Canada prévoit transférer ses banques de données dans le nuage numérique et reconnaît que cela soulèvera des questions quant à la protection des données.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Philippe de Montigny

Statistique Canada prépare son virage vers l’informatique en nuage. Après une année record de violations de données au pays, les Canadiens ont-ils raison de s’inquiéter?

Raymond Guy s’y connaît en la matière : l’Ontarien de Sudbury a lui-même été victime du vol de données chez Desjardins et à LifeLabs. La migration des données de Statistique Canada vers le nuage, selon lui, comporte des risques considérables.

On s'inquiète toujours de la possibilité que ça puisse se faire arnaquer.

Raymond Guy, client de Desjardins et LifeLabs
Un homme portant une tuque et un manteau noirs, devant une succursale de Desjardins à Toronto.

Client de Desjardins et LifeLabs, Raymond Guy se dit préoccupé par la migration des données de Statistique Canada vers le nuage.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

L'agence chargée de colliger et de publier les statistiques économiques, sociales et démographiques du pays n’est pas la seule à prendre ce virage numérique. Cette stratégie du gouvernement fédéral a pour but de répondre à la demande croissante de services en ligne et d’offrir une solution de rechange à son propre système informatique vieillissant.

Le gros problème avec l'infonuagique, c'est que les données ne sont plus contrôlées par la personne qui les gère. On fait affaire avec des entreprises comme Amazon, Microsoft, Google, explique Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité à Vygl, une agence spécialisée en sécurité informatique.

Ce n'est pas l'outil le problème, c'est celui qui manie l'outil. C'est vraiment là qu’il faut peut-être s'inquiéter.

Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité à Vygl

Dans des documents internes obtenus cette semaine grâce à la Loi sur l’accès à l’information, Statistique Canada soulevait des préoccupations quant à l’accès aux données canadiennes et l’utilisation possible de ces données dans d’autres pays, comme les États-Unis.

Washington peut, par exemple, obliger une organisation soumise à la loi américaine à remettre des données qu'elle détient, peu importe l'emplacement de ces données et sans en informer les autorités canadiennes.

L'utilisation de la technologie du nuage numérique soulèvera des questions sur la sécurité des données et la capacité de Statistique Canada à protéger les données sensibles, peut-on lire dans des notes internes de l’agence statistique.

Le jeune homme est devant un écran d'ordinateur.

Jean-Philippe Décarie-Mathieu

Photo : Radio-Canada

M. Décarie-Mathieu remet en question justement la capacité de l’agence à protéger les informations qui lui sont confiées par les entreprises et les particuliers canadiens. Les plus grands cerveaux en cybersécurité ne sont pas dans le secteur public, ils sont plus dans le privé. Déjà qu'il y a une pénurie de personnel dans ce milieu-là, affirme-t-il.

Une migration en plusieurs étapes

Le statisticien en chef du Canada, Anil Arora, se veut rassurant. Il affirme que le gouvernement dispose d’une équipe d’experts en sécurité informatique parmi les meilleurs au monde qui surveille la transition.

M. Arora explique que Statistique Canada envisage un transfert des données par étapes, en stockant d’abord des informations non sensibles et non classifiées dans le nuage. Les données protégées ne migreront que lorsque les systèmes d’infonuagique seront jugés sûrs.

Les craintes sont réelles, mais nous allons prendre les mesures nécessaires avant de transférer les données qui — nous en sommes assez conscients — sont sensibles.

Anil Arora, statisticien en chef du Canada
Le statisticien en chef du Canada, Anil Arora, devant un groupe de gens d'affaires assis à des tables.

Le statisticien en chef du Canada, Anil Arora, lors d'un dîner-causerie présenté par l'Empire Club of Canada à Toronto, mardi.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Statistique Canada compte par ailleurs adopter une stratégie hybride multinuage, c’est-à-dire que les données les plus sensibles resteront dans des centres de données du gouvernement canadien alors que les autres seront confiées aux fournisseurs d’infonuagique.

Le statisticien en chef espère pouvoir achever ce virage numérique, si tout va bon train, d’ici les deux ou trois prochaines années.

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Toronto

Informatique