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L’Ontario veut changer le système téléphonique des prisons

Un téléphone au Centre de détention Ottawa-Carleton.

Un téléphone au Centre de détention d'Ottawa-Carleton

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

L’Ontario veut remplacer le système téléphonique des prisons provinciales, ce qui permettrait notamment aux détenus de faire des appels à des téléphones cellulaires.

En ce moment, les détenus ne peuvent faire des appels à frais virés que vers des lignes terrestres, une restriction absurde en l'an 2020, affirment les critiques et des défenseurs des droits des prisonniers.

Les tarifs élevés des appels sont un autre obstacle, expliquent-ils. Michael Spratt, un avocat, affirme qu’un appel peut parfois coûter un dollars par minute et que les familles ne peuvent pas toujours se permettre ces frais qui peuvent s'additionner au fil du temps.

Les détenus doivent faire des appels pour conserver leur emploi, leur logement et leur liens avec leurs ressources d’aide pendant l'incarcération, affirme l’avocat.

Tout ça mène à une situation qui est injuste, trop punitive, mais plus important encore, une situation qui rend nos rues moins sûres, croit-il. Quand nous avons des gens qui perdent leur emploi, perdent leurs liens avec leur famille et sont incapables d'aller chercher des ressources d’aide, cela signifie qu'il est plus difficile pour eux de se réinsérer dans la société.

Gabby Aquino, une étudiante en droit qui travaille au centre pour les droits des prisonniers de Toronto, affirme que les restrictions rendent pratiquement impossible pour certains détenus de joindre leur famille et d'autres contacts.

Ces coûts et ces appels s'additionnent, surtout si les détenus sont en crise, ou s'ils ont besoin d'entrer en contact avec un conseiller juridique pour une question urgente, explique-t-elle.

Kristy Denette, porte-parole du ministère du Procureur général, a déclaré que le gouvernement de l’Ontario travaille sur un processus d'approvisionnement pour un nouveau système téléphonique moderne pour les détenus qui comprendrait des appels vers les téléphones portables et les numéros internationaux.

Le contrat existant avec Bell expire en juin. Cette dernière a déclaré avoir soumis une offre de services.

Bell fournit un service de communications aux établissements correctionnels dans d'autres provinces et les termes varient dans chaque cas, a déclaré la porte-parole Jacqueline Michelis. Les tarifs pour les appels assistés par opérateur sont les mêmes que les tarifs publics de Bell.

C'est peut-être le cas, explique Michael Spratt, mais pratiquement personne d'autre que les détenus ne paient ces taux affichés.

Bell critiqué pour son rôle

L’avocat critique Bell pour sa promotion de la journée cause pour la cause de Bell, mais tout en rendant difficile pour les détenus souffrant de troubles d’accéder à leur réseau de soutien.

Je pense que Bell doit se regarder attentivement dans le miroir et se questionner sur les sources de ses profits , croit-il.

En 2017, Michael Spratt a obtenu des documents en vertu d'une demande d’accès à l'information qui expliquait que Bell verse au ministère un pourcentage des revenus bruts de tous les appels effectués à partir de tous les téléphones dans le système carcéral.

Le pourcentage a été caviardé dans le document.

Une partie du nouveau système téléphonique devrait permettre aux détenus de faire des appels gratuits à une liste de personnes approuvées, affirme Michael Spratt.

Si nous devons imposer un coût pour ces appels téléphoniques, les grandes entreprises et le gouvernement ne devraient pas profiter de gens qui sont présumés innocents , explique-t-il.

Environ 70 % des détenus des établissements correctionnels pour adultes de l'Ontario sont en détention provisoire, a déclaré la vérificatrice générale de l'Ontario dans son rapport annuel récent, ce qui signifie que ces personnes n'ont pas été condamnées ou n'ont pas reçu de peine d'emprisonnement.

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