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Un enfant sur quatre est pauvre au Manitoba, selon Campagne 2000

Un enfant triste dans l'entrée d'une maison.

Au rythme actuel, le Canada aura besoin de 155 ans pour atteindre son objectif de réduction de la pauvreté, selon le rapport.

Photo : iStock

Abdoulaye Cissoko

Le Manitoba fait encore une fois piètre figure au chapitre de la pauvreté infantile. Il détient le taux de pauvreté chez les jeunes le plus élevé des 10 provinces canadiennes, selon un rapport publié mardi par l'organisme Campagne 2000. Les militants contre la pauvreté déplorent que cette situation perdure.

Selon le rapport, 27,9 % des enfants manitobains vivent dans la précarité. Ce taux est de 18 % à l'échelle nationale. L’enquête révèle ainsi que 1,3 million d'enfants canadiens se trouvent dans cette situation, soit 1 enfant sur 5.

Un enfant pauvre.

Un enfant canadien sur cinq est pauvre, d'après le rapport de Campagne 2000.

Photo : iStock

Le nord du Manitoba demeure la région du pays la plus touchée par ce phénomène, selon Rachel Gouin, directrice de la Ligue pour le bien-être de l'enfance du Canada, un organisme membre de campagne 2000.

Dans la circonscription de Churchill—Keewatinook Aski, 63,6 % des enfants vivent dans la pauvreté. C'est le taux le plus élevé au Canada.

Professeur à l'École de travail social de l'Université de Saint-Boniface, David Alper dit ne pas être surpris par ces données. On n'a qu'à regarder le nombre croissant de familles, de ménages à faible revenu qui font appel à des ressources comme les banques alimentaires au Manitoba, fait-il remarquer.

Un homme debout avec des lunettes.

David Alper, professeur à l'École de travail social de l'Université de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, ces familles font face à un choix difficile : payer le loyer ou acheter de la nourriture.

Josh Brandon, animateur communautaire au Conseil de planification social de Winnipeg, affirme qu'on voit les mêmes données année après année.

Il y a toujours trop d'enfants vivant dans la pauvreté dans l'un des pays les plus riches du monde. Nous sommes encore déçus de voir que c'est au Manitoba qu'il y a le taux d'enfants pauvres le plus élevé de toutes les provinces, déplore-t-il.

Les années se suivent et se ressemblent

Le rapport 2018 de Campagne 2000 révélait aussi que plus de 64 % des enfants en situation de pauvreté habitaient dans la circonscription de Churchill—Keewatinook Aski.

Le Manitoba dispose pourtant d'une stratégie de réduction de la pauvreté, dont le principal objectif est de diminuer le taux de pauvreté infantile de 25 % d'ici 2025.

Josh Brandon rappelle que, sur les cinq circonscriptions qui comptent le plus de pauvres au Canada, trois sont au Manitoba.

Pour remédier à cette situation, l'animateur communautaire indique que les bonnes nouvelles proviennent surtout d'Ottawa. À titre d'exemple, il cite l'Allocation canadienne pour enfants.

Rachel Gouin constate elle aussi une amélioration depuis 2015, moment de la mise en place de cette allocation. Entre 2015 et 2017 on a vu une réduction de 11 % du taux de pauvreté, dit-elle.

Toutefois, pour réduire la pauvreté infantile, il faut aller plus loin, selon les auteurs du rapport. Ces derniers préconisent par exemple d'étendre l'allocation à toutes les familles. On sait que de 30 à 40 % des familles qui sont dans les réserves n'y ont pas accès, souligne Mme Gouin.

Un homme aux cheveux gris-noir bouclés, en chemise à manches courtes, à l'extérieur dans une rue avec des arbres.

Josh Brandon, animateur communautaire au Conseil de planification social de Winnipeg

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Le rapport recommande la création de plus de logements abordables. Le gouvernement fédéral a adopté une nouvelle stratégie nationale de logements, sauf que cette stratégie-là ne va pas créer beaucoup de nouveaux logements sociaux, regrette David Alper.

Pourtant, il est convaincu que c'est l'une des mesures nécessaires pour sortir les gens de la pauvreté. Il faut réinvestir dans ce type de logements, affirme-t-il.

Le gouvernement doit aussi injecter plus d'argent dans les communautés autochtones, renchérit Josh Brandon. Il pense que l'augmentation du salaire minimum à 15 $ l'heure, comme le préconise le rapport, pourrait également contribuer à réduire le taux de pauvreté.

L'animateur communautaire pense que le Canada peut s'inspirer de la Suède ou d'autres pays scandinaves pour venir à bout de la pauvreté infantile.

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