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L’homme qui dormait avec ses chèvres

      Un fermier parle à des chèvres.

M. Perras parle à ses chèvres. C’est sa manière dit-il de leur donner de l’amour.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Ah! qu’elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin! Dans les lignes qui suivent, Radio-Canada redonne vie au texte le plus connu d’Alphonse Daudet dans « Lettres de mon moulin », en racontant l’histoire des chèvres de Julien Perras.

Depuis 2012, cet infirmier de profession élève par passion des chèvres Boer à Val-Rita, dans le nord de l’Ontario.


M. Perras filait le parfait bonheur avec ses trois chèvres.

Un homme avec une tuque rouge qui caresse deux chevreaux sous le regard de la maman chèvre.

M. Perras traite ses chèvres comme si c’était des enfants.

Photo : Julien Perras

Un beau matin de mars, l’une donna naissance à un petit chevreau.

Ni les lichettes de sa maman ni les caresses de M. Perras, rien ne lui donnait la chaleur nécessaire pour survivre.

La chèvre de M. Perras chevrotait sur le bord de la porte, sous un froid frigorifiant en plein milieu de l’hiver.

Le brave M. Perras, qui était en plein apprentissage de ses bêtes, était consterné.

Une femme avec des chevreaux dans les bras.

Kelly-Ann Perras aide aux tâches dans la grange alors que les chevreaux ont des besoins particuliers.

Photo : Julien Perras

La mort du chevreau l’attrista au plus haut point. Il pleura dans les bras de sa femme Kelly-Ann.

Cependant, il ne se découragea pas, même après avoir perdu trois chevreaux de la même façon.

À la prochaine portée, il était hors de question qu’il en perde un autre.


Ah! qu’elle était jolie la petite chèvre de M. Perras!

Mais le petit animal était extrêmement fragile à la naissance.

Un homme avec un biberon et qui est entouré de chevreaux.

En début de vie, M. Perras fait boire les chèvres avec un biberon dans lequel il ajoute la précieuse vitamine pour renforcer leur système immunitaire.

Photo : Julien Perras

Ce bon matin, la chèvre en nourrissant son chevreau se retourna et lui dit dans son patois :

-Vous pouvez être son héros?

-Ah! mon Dieu!... Et comment? cria M. Perras stupéfait.

-Les terres du nord de l’Ontario sont pauvres en sélénium. Il y en avait si peu dans le foin que vous me donniez ! Vous devez l’injecter.

-Bonté divine! dit M. Perras.

Il vérifia les faits sur son téléphone intelligent et trouve ces conseils sur Internet :

Un manque de sélénium ( Vitamine E) acquis est à l’origine de mort-nés et de nouveau-nés faibles. Plus tard, une carence en sélénium occasionne notamment des crampes et de la paralysie .

source : hypona.ch « Des carences aux multiples facettes » de Simon Lepori

Des chevreaux dans la lumière rouge

M. Perras s’attend à accueillir 28 nouveaux chevreaux au printemps, alors que 14 chèvres ont été fécondées.

Photo : Julien Perras

Comme les 24 premières heures sont cruciales dans la vie d'un petit chevreau, M. Perras s’est construit une chambre à même la grange.

À partir de ce moment, il comprit qu’il devait programmer son alarme à chaque deux heures dans la nuit pour donner le biberon au petit.

M. Perras passe le mois d’avril complet à dormir avec ses chèvres.

On planifie maintenant notre chevrotage en avril comme la saison est plus clémente. Le temps de gestation d’une chèvre est de 5 mois.

Julien Perras, fermier

À ce jour, 14 des chèvres de M. Perras attendent au total 28 chevreaux.


Chaque jour, M. Perras s’occupe de ses chèvres comme si c’était ses enfants.

Toutes ont leurs noms; Ada, Angel, Chloé, Clarissa, Esmée, Edith, Emmanuelle, Emma, Mistral, King Arthur, Daisy, Fiona, Frida, Frigga, Freya, Gerry-Sue, Gerry-Bacaisse, Lady Gaga, Gerardine.

M. Perras les accouple à 18 mois et en compte maintenant vingt dans son troupeau.

Un homme caresse une chèvre.

M. Perras donne de l'amour à Hector, le « starbuck » de sa nouvelle portée.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Bien que M. Perras adore ses chèvres, ces animaux sont destinés à la consommation.

La seule différence entre élever un enfant et une chèvre, quand ils sont trop tannants, on les mange.

Julien Perras, fermier

M. Perras prend l’une de ses chèvres et l’empoigne par les fesses en riant.

Ma femme leur flatte les fesses, c’est là qu’est la coupe de choix, dit-il.

C’est triste quand on les amène à l’abattoir. Ce n’est pas la plus belle journée. C’est une journée assez dure. Mais faut que ce soit fait et c’est tellement bon.

Julien Perras, fermier
Une chèvre et ses chevreaux couchés sur la paille dans la lumière rouge.

Les chevreaux sont gardés aux chauds grâce, notamment, à des lampes infrarouges.

Photo : Julien Perras

M. Perras est l’un des rares éleveurs de chèvres à viande dans le nord de l’Ontario.

On fait ça pour le plaisir, je suis un gentleman-farmer. On en profite pour faire découvrir la viande de chèvre à notre entourage.

Julien Perras, fermier

Environ 60 % de la viande rouge consommée à travers le monde provient de la chèvre. La viande caprine échappe aux interdits religieux contrairement au porc, au boeuf notamment.

source : Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

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