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  • Les débuts des restaurants « apportez votre vin » à Montréal

    Des clients entrent dans un restaurant La casa grecque.

    Les restaurants brochetteries des rues Duluth et Prince-Arthur à Montréal ont été les premiers à développer le concept « apportez votre vin ».

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le concept des restaurants « apportez votre vin » se développe à Montréal dans les années 1980. Au départ, cette nouveauté ne fait pas l’unanimité auprès des restaurateurs et la loi doit être révisée. Retour en archives sur les débuts houleux de cette pratique.

    Une première loi qui suscite un tollé chez plusieurs restaurateurs

    Au début des années 1980, le secteur de la restauration se trouve dans une période économiquement difficile. La clientèle déserte les restaurants. Plusieurs établissements vont jusqu’à fermer leurs portes.

    Selon Jean-Claude Blondeau de l’Association des restaurateurs du Québec, en 1982, « l’industrie est malade ».

    C’est dans ce contexte qu’est adoptée la loi 67 qui permet aux clients d’apporter leur propre alcool dans les restaurants.

    Au Ce soir du 15 juillet 1982, le journaliste Jean Chartier présente un reportage sur la nouvelle loi 67.

    Ce soir, 15 juillet 1982

    Selon le propriétaire du restaurant italien Latini, ça ne se fait dans aucun pays d’apporter son vin au restaurant. Il lui est impossible de concevoir cela.

    Moi, je dis pas chez nous, c’est tout.

    Moreno De Marchi, propriétaire du restaurant le Latini

    Le 20 juillet 1982, le journaliste Michel Désautels présente un reportage à l’émission Première page sur la situation des restaurants au Québec avec l’implantation de la nouvelle loi.

    Première page, 20 juillet 1982

    Pierre Murphy, un restaurateur de la rue Prince-Arthur, estime avoir essuyé des pertes de quelque 40 % depuis que 11 restaurants situés à proximité permettent à leurs clients d’apporter leur vin.

    Les restaurants de type « apportez votre vin » se concentrent au départ sur les rues Duluth et Prince-Arthur à Montréal, mais le phénomène tend à se répandre.

    Grecs pour la plupart quoique pas exclusivement, ces restaurants ont en général entre 100 et 300 places, un menu limité à cinq ou six choix, un service sans manière, efficace et rapide, car d’autres clients font la queue à l’extérieur.

    Michel Désautels, journaliste

    Si ce type de commerce nuit aux restaurateurs qui vendent de l’alcool, les dépanneurs de quartier situés à proximité, eux, font des affaires d’or.

    Il n’y a pas d’exclusion quant à la nature du type de boisson qui peut être apporté. Ça peut être la bière, comme les spiritueux et principalement le vin.

    Me Ghislain Laflamme, président de la Régie des permis d’alcool du Québec

    Les propriétaires de restaurants « apportez votre vin » ne sont pas tenus de détenir un permis pour permettre à leurs clients d’apporter de l’alcool.

    Cela frustre grandement les propriétaires détenteurs de permis d’alcool qui y voient une injustice. « Déjà obligés de payer le fort prix pour l’alcool malgré le volume de leurs achats, taxés 5 % de plus que les autres clients de la Société des alcools du Québec », certains d’entre eux envisagent même de retourner leur permis à la Régie.

    Une nouvelle loi vient rétablir la saine concurrence

    Devant la grogne, le gouvernement décide d'apporter des modifications à la loi.

    À l’émission Première édition du 7 avril 1986, le journaliste Alexandre Dumas retrace les grandes lignes de la nouvelle loi 96.

    Première édition, 7 avril 1986

    « En vertu de cette nouvelle législation, les restaurateurs qui permettent aux clients d’apporter leur vin devront détenir un permis particulier. » Le permis pour vendre de l’alcool et celui pour permettre aux clients d’apporter leur vin coûteront le même prix aux propriétaires.

    La Régie souhaite ainsi maintenir auprès des consommateurs la liberté de choix entre les deux types de restaurants et encourager une concurrence loyale dans le domaine de la restauration.

    Une pratique qui fait de plus en plus d’adeptes

    Le 25 juin 2012, le journaliste Vincent Maisonneuve brosse un portrait de l’industrie des restaurants « apportez votre vin » au Téléjournal.

    Téléjournal, 25 juin 2012

    Il remarque que le concept est en plein essor au Québec entre 2007 et 2012, « alors que le nombre des restaurants où l’on vend de l’alcool est resté stable, le nombre de restaurants où l’on peut apporter son vin a bondit de 77 % ».

    L’offre touche une diversité de restaurants beaucoup plus étendue, même les restaurants haut de gamme.

    Les clients de plus en plus connaisseurs ne se contentent plus de la carte des vins.

    Vincent Maisonneuve

    Contrairement aux autres provinces canadiennes, à certaines villes des États-Unis et de Grande-Bretagne le Québec ne facture pas de « droit de bouchon ».

    Les profits de la vente d’alcool sont remplacés par un achalandage accru en salle à manger. Les restaurateurs y trouvent également l’avantage de ne pas avoir à entretenir une cave à vin.

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