•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Deux des pandas du zoo de Calgary sont désormais en Chine

Deux jeunes pandas.

L'entente signée avec la Chine prévoyait que les petits pandas restent deux ans à Calgary et les adultes, cinq ans.

Photo : Zoo de Calgary

Émilie Vast

La Chine a récupéré les jeunes pandas Jia Panpan et Jia Yueyue, qui étaient, depuis un peu moins de deux ans, installés au zoo de Calgary. Toutefois, le parc va continuer de bénéficier de la présence de leurs parents, car ces derniers restent en Alberta jusqu’en 2023. 

Nés au zoo de Toronto en 2015, Jia Panpan et Jia Yueyue étaient arrivés au zoo de Calgary avec leurs parents en mars 2018.

Après une période de quarantaine, les pandas, prêtés par la Chine au Canada, avaient été présentés aux visiteurs albertains pour la première fois au mois de mai.

Cela faisait alors plusieurs années déjà que le zoo de Calgary travaillait sur ce projet. Un nouvel enclos de 2000 m2 avait notamment été construit pour leur créer un habitat. 

Des investissements importants

Nous avons aussi investi dans des infrastructures autour pour faire face à l’afflux de visiteurs, comme l’amélioration des services de restauration, plus de toilettes sur le site, des nouveaux sentiers, un nouveau pont au-dessus de la rivière Bow et un nouveau système informatique pour gérer la billetterie, explique le directeur du zoo de Calgary, Clément Lanthier.

Un panda mange du bambou.

L'approvisionnement en bambou est un des défis auxquels le zoo de Calgary doit faire face (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Plus de 20 millions de dollars ont été investis, résume-t-il. À cela s'ajoute 1,5 million de dollars, chaque année, en soins et nourriture pour les pandas et presque autant à reverser à la Chine pour leur prêt. 

L'objectif était assez simple et il demeure le même aujourd’hui, souligne M. Lanthier. C’était de profiter du charisme des pandas géants pour augmenter la visibilité et l'achalandage du zoo pour transmettre un message de conservation aux gens qui sont en visite à Calgary.

Objectif atteint

En 2018, le zoo de Calgary a attiré 1,48 million de visiteurs, une année record. En 2017, la fréquentation était de 1,2 million de visiteurs, soit une augmentation de plus de 20 % en un an. 

Les retombées économiques ont permis de financer différents programmes de recherche et de conservation, selon le directeur. On a une équipe de 22 chercheurs à temps plein qui sont déployés surtout dans l’ouest du Canada, mais aussi ailleurs dans le monde. Pour soutenir ces projets, on a besoin d’un achalandage important.

Les pandas sont une vitrine pour parler des autres espèces menacées.

Clément Lanthier, directeur du zoo de Calgary

M. Lanthier affirme que les pandas ont aussi facilité la sensibilisation auprès du grand public.

Si on peut comprendre qu'on doit sauver des forêts pour les pandas, c'est assez facile de comprendre qu'on doit aussi sauver des forêts pour nos propres espèces, sauver des coins de prairies, sauver des marais, sauver des parcelles d'océan..., explique-t-il. 

Deux visiteurs prennent un panda en photo avec leurs téléphones cellulaires.

L'augmentation du nombre de visiteurs a été plus importante à Calgary qu'à Toronto (archives).

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

La Ville de Calgary, qui a participé au projet à hauteur de 8,5 millions de dollars à cette initiative, se dit satisfaite des retombées : Nous avions accepté de participer au projet en raison notamment de l’impact positif qu’il aurait sur l'économie de Calgary, avec une augmentation de la fréquentation, plus de dépenses à l’échelle locale et la création d’emplois durant la phase de construction puis après. Au-delà du nombre de visiteurs, la Ville souligne aussi l'augmentation du nombre d'abonnés : Il a augmenté de 40 % en 2018, comparé à 2017.

Le gouvernement provincial, lui, dit attendre le rapport complet du zoo avant de se prononcer. En 2016, les néo-démocrates avaient accordé une subvention de 10 millions de dollars au zoo de Calgary pour l’accueil des pandas. 

La diplomatie du panda

Un des objectifs de cette démarche était aussi de faciliter les relations avec la Chine. C'est pour cela que Stephen Harper, alors premier ministre du Canada, avait signé cette entente en 2012. On parlait alors de diplomatie du panda

Mais aujourd'hui, face à l'affaire Huawei, par exemple, les pandas ne semblent pas faire le poids. Les relations entre le Canada et la Chine sont au pire point depuis ces 25 dernières années, affirme Gordon Houlden, directeur de l'institut de la Chine à l'Université de l'Alberta. Les problèmes sont profonds. On parle de différences de valeurs, de différences politiques. Deux animaux ne vont jamais corriger tous ces problèmes, mais, en soi, c'est un beau geste, un geste positif, d'après moi.

Un panda grimpe sur un rocher, un autre grimpe sur une branche d'arbre.

L'objectif est que les pandas arrivent à se reproduire pour participer à la conservation de l'espèce (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Trainor

Même si les petits sont désormais en Chine, Clément Lanthier est convaincu que les parents, Er Shun et Da Mao, continueront d’attirer du public. Le zoo espère aussi qu’ils arriveront à se reproduire, comme ils l’avaient fait à Toronto

Ce serait une bonne nouvelle pour le zoo de Calgary et pour la conservation de l'espèce. Mais ce n’est pas chose facile. Les femelles ne peuvent tomber enceintes que trois jours par an. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Animaux