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Accusations d'agressions sexuelles : le réalisateur Christophe Ruggia placé en garde à vue

L'homme parle devant les micros de médias.

Le réalisateur français Christophe Ruggia le 31 octobre 2015

Photo : afp via getty images / FRANCOIS GUILLOT

Agence France-Presse

Le réalisateur français Christophe Ruggia, accusé d'« attouchements » par l'actrice Adèle Haenel lorsqu'elle était adolescente, a été placé en garde à vue mardi, a-t-on appris auprès du parquet de Paris, confirmant une information des médias LCI et Mediapart.

M. Ruggia a été placé en garde à vue par les enquêteurs de l'Office central pour la répression des violences aux personnes « dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte le 6 novembre 2019 pour des chefs d'agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité et harcèlement sexuel », a-t-on indiqué.

Dans une enquête du média en ligne français Mediapart publiée au début de novembre, Adèle Haenel avait dénoncé les agissements du cinéaste avec qui elle a tourné son premier film, Les diables, à l'âge de 13 ans.

L'actrice de 31 ans avait témoigné de « l'emprise » que Christophe Ruggia aurait exercée sur elle pendant la préparation et le tournage du film, puis un « harcèlement sexuel permanent », des « attouchements » répétés et des « baisers forcés dans le cou ».

Les faits auraient eu lieu chez lui et lors de plusieurs festivals internationaux, alors qu'elle était âgée de 12 à 15 ans.

Se refusant d'abord à saisir la justice française, Adèle Haenel avait finalement porté plainte à l'issue de son audition par les enquêteurs, le 26 novembre, jugeant que cela relevait de sa « responsabilité de justiciable et de personnalité publique ».

Le témoignage de l'actrice, récompensée par deux Césars en France, a ébranlé l'univers du cinéma français et nourri le débat sur les violences faites aux femmes, également illustré par de récentes accusations de viol contre le cinéaste Roman Polanski.

Au début de novembre, Christophe Ruggia avait nié toute agression envers Adèle Haenel. Un peu plus tard, dans un droit de réponse à Mediapart, il avait dit avoir « commis l'erreur de jouer les pygmalions avec les malentendus et les entraves qu'une telle posture suscite ».

Je n'avais pas vu que mon adulation et les espoirs que je plaçais en elle avaient pu lui apparaître, compte tenu de son jeune âge, comme pénibles à certains moments. Si c'est le cas et si elle le peut, je lui demande de me pardonner, avait-il déclaré.

Il avait ensuite expliqué l'hostilité de l'actrice à son égard par le fait qu'il lui avait refusé un film, dans un entretien avec l'hebdomadaire Marianne à la mi-décembre, entretien dans lequel il réfutait certains points précis de l'enquête de Mediapart.

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