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Et si composter vous faisait économiser?

Sur une table, un sac de plastique vert est rempli de résidus alimentaires.

Avec l'augmentation des tarifs d'enfouissement des déchets au site d'enfouissement technique de Cacouna, plus les citoyens trient leurs matières organiques, moins la facture sera élevée pour leurs municipalités. (Archives)

Photo : iStock / YinYang

Les taxes reliées à la gestion des matières résiduelles ont augmenté dans la majorité des municipalités du Bas-Saint-Laurent cette année. Lors du dépôt de leurs budgets, plusieurs maires l'ont dit : pour réduire la facture, il faut utiliser davantage le bac brun.

Au Bas-Saint-Laurent, l'ensemble des municipalités, excepté celles des MRC de Témiscouata, de La Matanie et de Rimouski-Neigette, envoient leurs matières résiduelles au lieu d'enfouissement technique (LET) de Cacouna.

Cette année, le coût pour y enfouir des déchets est passé de 100 $ à 113 $ la tonne. Une augmentation causée par l'aménagement d'un nouvel espace pour y enfouir les ordures.

Le site [de Cacouna] était plein. L'ensemble de nos huit cellules étaient complétées, remplies à pleine capacité, donc il a fallu faire la construction d'une 9e cellule. [...] La construction a coûté grosso modo 4 millions de dollars.

Jacques Moreau, directeur du Service des finances et de la trésorerie de la Ville de Rivière-du-Loup

Une telle cellule peut accueillir jusqu'à 50 000 tonnes de déchets par année et a une durée de vie d'environ 5 ans.

Une fois cette période terminée, des millions de dollars devront à nouveau être dépensés pour creuser un autre trou destiné, une fois de plus, à accueillir les déchets des citoyens.

Montagne de déchets dans un dépotoir

Un nouvel espace à dû être aménagé au lieu d'enfouissement technique de Cacouna. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Faire un meilleur tri

La seule façon d'allonger la durée de vie de cette 9e cellule au dépotoir de Cacouna est de réduire la quantité de déchets qui y sont enfouis.

Il va falloir qu'on se serve du bac brun [...]. Au bout de la ligne, ce qui nous coûte le plus cher, c'est quand même d'envoyer ça aux vidanges, a d'ailleurs affirmé le maire de La Pocatière, Sylvain Hudon, en marge du dépôt du budget de sa municipalité.

En effet, les citoyens ont tout avantage à bien faire le tri de leurs déchets, puisque si les municipalités paient pour l'enfouissement, elles peuvent se faire rembourser jusqu'à 90 % des coûts payés pour le recyclage par Recyc-Québec.

Un bac vert, un bac bleu et un bac noir sont alignés sur le côté d'une maison.

Les municipalités qui ont une bonne performance dans la gestion de leurs matières résiduelles ont accès à davantage de subventions du gouvernement du Québec. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Différentes subventions sont également accessibles pour la gestion des matières organiques, sans compter le Programme sur la redistribution aux municipalités des redevances pour l'élimination des matières résiduelles, qui subventionne les municipalités en fonction de leur performance.

La Ville de Rimouski a d'ailleurs pu récupérer près de 600 000 $ par le biais de ce programme en 2018, entre autres puisqu'elle est parvenue à réduire son taux d'enfouissement des déchets.

Nouvelle tarification, nouvelles pratiques

Par ailleurs, la nouvelle tarification de la Société d'économie mixte d'énergie renouvelable de la région de Rivière-du-Loup (SÉMER) – qui reçoit les matières organiques de la majorité des MRC de la région – devrait aussi inciter les citoyens à trier davantage leurs résidus verts.

Le prix demandé y est maintenant calculé en fonction du nombre de citoyens d'une municipalité, et non en fonction des quantités acheminées vers l'usine de biométhanisation.

Plus on détourne de l'enfouissement et qu'on envoie vers le compost, plus on économise en termes de dollars la tonne.

Jean-François Fortin, maire de Sainte-Flavie

À notre avis, les gens ne détournent pas suffisamment de matières qui pourraient aller vers d'autres fins, poursuit Jean-François Fortin, qui souhaite implanter la collecte à trois voies dans les commerces et institutions de sa municipalité dès l'été prochain.

Les commerces et les industries vont participer à l'effort de guerre pour diminuer le tonnage qu'on envoie à l'enfouissement, dit-il.

Jean-François Fortin, un homme au micro de Même Fréquence.

Le maire de Sainte-Flavie, Jean-François Fortin (Archives)

Photo : Jean-Pierre Perouma

Même si la tendance est au zéro déchet, il reste encore beaucoup de sensibilisation à faire auprès des citoyens, estime pour sa part Jacques Moreau, qui rappelle que cela fait trois ans que la collecte à trois voies (la collecte des ordures, des matières recyclables et des matières organiques) a été instaurée dans la grande région de Rivière-du-Loup.

Ça prend un certain temps, changer les habitudes. Pour les matières recyclables, je me rappelle, ç'a pris une dizaine d'années avant que les gens adhèrent entièrement. J'espère que ça ne prendra pas 10 ans pour le compost, dit-il.

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