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Des enquêteurs canadiens entrent en scène en Iran

Des débris jonchent un sol aride. Des Iraniens en uniforme circulent parmi eux.

Des débris du vol PS752 sont photographiés du haut des airs, le 8 janvier 2020.

Photo : La Presse canadienne / AP/Ebrahim Noroozi

Christian Noël

L’identification des corps « est en cours » pour les victimes canadiennes de l’écrasement du vol PS752 d'Ukraine Airlines International (UIA), et l’analyse des boîtes noires pourrait avoir lieu « soit en Ukraine, soit en France », selon nos informations.

Le Boeing de l'UIA s’est écrasé mercredi dernier non loin de Téhéran. Il transportait 176 personnes, dont 57 avaient la citoyenneté canadienne.

Huit agents consulaires canadiens sont arrivés à Téhéran pour aider les familles des 57 victimes canadiennes à identifier les corps et à entreprendre les démarches pour le rapatriement des dépouilles.

L’identification des corps est en cours en ce moment, avec l’aide des échantillons d’ADN et empreintes dentaires qui ont été recueillis auprès des familles, explique Adam Austen, l’attaché du ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne.

La Gendarmerie royale du Canada participe également aux efforts d’identification des victimes.

Le gouvernement canadien reconnaît que des familles canadiennes ont de la difficulté à organiser le rapatriement des dépouilles, puisque l’Iran ne reconnaît pas la double citoyenneté de ses ressortissants. Quiconque a un passeport iranien est ainsi considéré comme Iranien, peu importe s’il détient aussi un passeport canadien.

Nous nous attendons à la coopération de l’Iran pour s’assurer que les familles de toutes les victimes canadiennes puissent décider elles-mêmes où et comment elles seront enterrées, explique Adam Austen.

Deux hommes portant des vestes oranges sur lesquelles on peut voir les lettres TSB et BST marchent sur un site extérieur, appareil photo en main.

Cette image publiée mardi par l'agence de presse iranienne semi-officielle ISNA montrerait des enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada sur le site de l'écrasement. La photo n'a pas été authentifiée par le BST.

Photo : ISNA

Les boîtes noires pourraient être analysées en dehors de l'Iran

L’analyse des boîtes noires du vol PS752 d'Ukraine Airlines International (UIA) pourrait avoir lieu en Ukraine ou en France. Selon nos informations, des négociations sont en cours à ce sujet avec les autorités iraniennes.

L’Ukraine pourrait avoir le droit de rapatrier les boîtes noires à Kiev, puisque c’est le pays d’origine du transporteur aérien. Si c’est le cas, les enquêteurs ukrainiens songent à demander l’aide de la France, qui possède une expertise spécialisée dans la récupération de données provenant de boîtes noires endommagées.

Des responsables de la sécurité aérienne du Canada, de l’Iran et de l’Ukraine se sont rencontrés mardi à Téhéran pour discuter de l’enquête sur l'écrasement.

La présidente du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), Kathy Fox, a prévenu lundi que le Canada devrait avoir un rôle d'enquête limité, car l'avion n'était ni construit ni exploité par une entreprise canadienne.

La directrice des enquêtes du BST, Natacha Van Themsche, a tout de même précisé qu’il y avait des signes précurseurs laissant croire que l'Iran permettra au BST d'assumer un rôle plus actif que ce qui est normalement permis.

L’Iran a par exemple invité le BST à participer au téléchargement et à l'analyse des boîtes noires, ce qui n'était pas obligatoire, a-t-elle souligné.

Selon elle, l’enquête doit déterminer si le tir de missile était intentionnel ou accidentel, pourquoi l’espace aérien était ouvert [malgré les menaces] et pourquoi certaines compagnies aériennes ont continué d’agir après l’accident.

Cependant, le BST demeure prudent et réaliste sur l'accès réel accordé à ses enquêteurs, notamment aux témoins militaires.

Certaines réponses que nous recherchons pourraient rendre le gouvernement iranien inconfortable, reconnaît Kathy Fox.

Trois hommes sont assis autour d'une table décorée d'un drapeau canadien.

Cette image publiée lundi sur un compte Twitter du gouvernement canadien montre des agents consulaires au travail à Téhéran.

Photo : Twitter/Voyage.qc.ca

À quoi auront droit les familles?

Le Canada organise une réunion des tous les pays dont des ressortissants sont morts dans la tragédie. Le groupe se réunira jeudi à Londres, notamment, pour discuter de la possibilité d’entreprendre des poursuites judiciaires contre Téhéran et du versement de compensations aux proches des victimes.

Le groupe de pays discutera également des problèmes d’accès sur le terrain, et des prochaines étapes concernant l’identification et le rapatriement des corps.

C’est important que nous parlions d’une seule voix, afin d’établir un rapport de force face à l’Iran, explique Adam Austen, d’Affaires mondiales Canada. Cette rencontre permettra aux pays touchés de coordonner leur réponse publique et aussi diplomatique, afin de s’assurer que l’Iran ne trouve pas une façon de ne pas répondre à nos demandes, poursuit-il.

En entrevue lundi à l'émission Isabelle Richer, un avocat spécialisé en litiges civils et commerciaux, Gérard Samet, a expliqué que les proches des victimes, comme des enfants, ou des frères et soeurs, ont certains droits dans de telles situations.

En vertu de la Convention de Montréal, ils peuvent réclamer une aide d'urgence de 30 000 $ auprès de la compagnie aérienne impliquée. Cette aide pourrait atteindre 200 000 $ sur présentation de certaines pièces justificatives.

Pour ce qui est des poursuites contre l'Iran, le pays n’a pas ratifié la Convention de Montréal, mais adhère à son ancêtre : la Convention de Varsovie. De plus, en tant que membre de l’OACI, la République islamique reconnait les normes de l’organisation, dont font partie les conventions de Montréal et Varsovie. En outre, le pays a admis ses responsabilités dans l’écrasement et pourrait donc être poursuivi.

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