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Nucléaire iranien : les Européens déclenchent une procédure contre Téhéran

Plan général de la centrale avec, au centre, un grand bâtiment en forme de dôme.

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran.

Photo : Getty Images / AFP / Majid Asgaripour

Agence France-Presse

Les trois pays européens cosignataires de l'accord sur le nucléaire iranien – la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne – ont déclenché le mécanisme de règlement des différends prévu dans le texte afin de contraindre Téhéran à revenir au respect de ses engagements, ont annoncé leurs chefs de la diplomatie dans un communiqué commun.

Ce faisant, nos trois pays ne rejoignent pas la campagne visant à exercer une pression maximale contre l'Iran, ont-ils ajouté, laissant entendre qu'ils ne voulaient pas se joindre à la politique de sanctions des États-Unis.

Le déclenchement du mécanisme de règlement des différends, dont Paris agitait la menace depuis plusieurs semaines, pourrait mener à terme au rétablissement de sanctions de l'ONU.

Les Européens ne veulent toutefois pas précipiter le passage à des sanctions, mais faire pression sur l'Iran pour sauver l'accord de 2015 qui encadre son programme nucléaire, souligne-t-on notamment à Paris.

Nous agissons en toute bonne foi avec l'objectif primordial de préserver l'accord et dans l'espoir sincère de trouver une solution pour sortir de l'impasse par le biais d'un dialogue diplomatique constructif, tout en restant dans son cadre, ont souligné Jean-Yves Le Drian, Heiko Maas et Dominic Raab, responsables des Affaires étrangères des trois pays.

Nous n'avons plus d'autre choix, étant donné les mesures prises par l'Iran, que de faire part de nos préoccupations quant au fait que l'Iran ne respecte pas ses engagements au titre de l'accord de 2015 et de saisir la Commission conjointe dans le cadre du mécanisme de règlement des différends.

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, dans une déclaration commune
Les quatre hommes posent devant des drapeaux.

Les ministres des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian, allemand Heiko Maas et italien Luigi Di Maio et le secrétaire des Affaires étrangères britannique Dominic Raab lors d'une rencontre, la semaine dernière, à Bruxelles, en Belgique.

Photo : Getty Images / AFP / Francisco Seco

Nous espérons ramener l'Iran au plein respect de ses engagements au titre de l'accord de 2015, ont-ils insisté.

L'Iran a ensuite mis en garde Paris, Londres et Berlin contre les conséquences de leur décision de déclencher le mécanisme de règlement des différends.

Bien sûr, si les Européens [...] cherchent à abuser [de ce processus], ils doivent également être prêts à en accepter les conséquences, qui leur ont déjà été notifiées.

Le ministère des Affaires étrangères iranien, dans un communiqué

Le 5 janvier, Téhéran a annoncé la cinquième et dernière phase de son plan de réduction de ses engagements nucléaires en riposte à la sortie des États-Unis de l'accord en 2018 et au rétablissement de lourdes sanctions américaines qui étranglent l'économie iranienne.

L'Iran a affirmé qu'il ne se sentait plus tenu par aucune limite sur le nombre de ses centrifugeuses utilisées pour la production de combustible nucléaire.

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont réitéré toutefois leur attachement au texte, rejetant l'appel du président américain Donald Trump à en sortir.

Nous demeurons convaincus que cet accord historique et sa contribution en matière de non-prolifération servent nos intérêts de sécurité communs et renforcent l'ordre international fondé sur des règles, insistent Paris, Londres et Berlin.

Les Européens redoutent qu'un détricotage complet de l'accord ajoute au final une crise de prolifération nucléaire à l'escalade qui menace la région tout entière.

Outre les trois pays européens, la Russie et la Chine font aussi partie de l'accord.

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