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La multiplication des feux de forêt pourrait transformer la forêt boréale canadienne

Vue aérienne de la forêt boréale canadienne.

La composition de la forêt boréale canadienne pourrait être modifiée par la multiplication des feux de forêt.

Photo : iStock

Radio-Canada

L’augmentation de la fréquence des feux de forêt dans la forêt boréale du Canada pourrait transformer de manière permanente l’un des derniers écosystèmes intacts de la planète, selon une étude de l’Université de l’Alberta et de Ressources naturelles Canada.

L’étude examine l’impact sur la forêt boréale de l’augmentation de la fréquence des feux de forêt dus aux changements climatiques.

Pour ce faire, Ellen Whitman, une écologiste des forêts à l’Université de l’Alberta et à Ressources naturelles Canada, et ses collègues ont comparé des étendues de forêts dont le climat et l’état des sols sont semblables. Une partie de ces étendues forestières avaient été brûlées pas plus de 17 ans auparavant, tandis que l’autre partie avait été brûlée au moins 30 ans auparavant.

L’étude révèle des différences frappantes entre les deux types d’étendues, selon la coauteure de l’étude.

Nous sommes assez sûrs que les effets vont persister.

Ellen Whitman, coauteure de l’étude

Les étendues pour lesquels les intervalles entre les feux étaient plus courts présentent beaucoup moins d’arbres. La majorité d’entre eux sont des trembles, au lieu des conifères habituels.

La végétation sous les arbres tels que les arbustes et l’herbe, qui recouvre normalement le sol, y est moins abondante et diversifiée. Les zones de sol minéral dénudé, où les matières organiques ont été brûlées, y sont également plus grandes et plus répandues.

On est dans un paysage composé de petits arbres rabougris, affirme Ellen Whitman.

Il y a une croûte de lichen ou quelques herbes clairsemées. C'est presque comme marcher au bord d'une prairie et passer à une lisière de forêt, ajoute la scientifique.

En comparaison, les zones où les intervalles entre les feux de forêt ont été plus longs sont beaucoup plus densément colonisées par la végétation.

Il y a beaucoup de conifères et ils sont plus près les uns des autres. Il y a de la mousse sur le sol, des fleurs et des arbustes. Ces zones ressemblent à de jeunes forêts, explique-t-elle.

Des feux de plus en plus fréquents

Plusieurs espèces d’arbres ayant besoin des feux de forêt pour se reproduire, les flammes jouent donc un rôle important pour l'évolution de la forêt boréale.

Normalement, les feux de forêt surviennent au minimum tous les 30 ans ou plus. Le manque de carburant dans les zones récemment brûlées permet de contrôler cette fréquence.

Les changements climatiques changent cependant la donne.

Nous avons des journées plus chaudes et plus venteuses : l’élément déclencheur des grands feux de forêt. Les années où il y a des risques d'incendie extrêmes sont de plus en plus fréquentes, et ces conditions viennent à bout de la résistance des zones récemment brûlées, explique Ellen Whitman.

Les forêts-parcs n’ont pas non plus la possibilité de se développer en forêt boréale. Des études démontrent en effet que la régénération d’une forêt dépend largement de la période qui suit le feu de forêt.

L’état de la forêt immédiatement après un feu est un grand indicateur de ce à quoi elle ressemblera dans l’avenir, explique la chercheuse.

Ellen Whitman insiste cependant sur le fait que les étendues de forêts aux intervalles courts sont encore petites et que la plupart des zones de la forêt boréale qui ont été brûlées récemment repoussent normalement. Les zones humides sont également moins touchées par les feux de forêt dont les intervalles sont courts que les régions plus sèches.

Des conséquences sur l'écosystème

La chercheuse affirme finalement que, bien que l’industrie forestière ne devrait pas être affectée de si tôt, les animaux qui dépendent de la forêt comme les caribous et les oiseaux chanteurs seront touchés par la multiplication des feux de forêt.

Avec une saison des incendies plus longue, des incendies plus importants et une plus grande partie du paysage brûlée chaque année, la probabilité de rencontrer une zone récemment brûlée augmente. Nous subissons un raccourcissement de la fréquence des incendies dans la forêt boréale, conclut Ellen Whitman.

Avec les informations de La Presse canadienne

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Alberta

Feux de forêt