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Six questions pour comprendre la primaire démocrate du New Hampshire

Après leur départ chaotique en Iowa la semaine dernière, les démocrates tiennent aujourd'hui leur primaire du New Hampshire, deuxième étape de leur marathon électoral. État des lieux.

Dans une école de Bow, au New Hampshire, des électeurs attendent en ligne pour voter.

Le New Hampshire sera le deuxième État à voter.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Alors que l'issue du vote en Iowa n'est même pas encore scellée – Pete Buttigieg et Bernie Sanders revendiquent tous deux la victoire en Iowa et réclament un nouveau comptage dans des dizaines de lieux de vote –, les regards se tournent vers le New Hampshire, où le vote s'annonce moins désordonné.

Les républicains tiennent aussi une primaire, mais le vote est une formalité.


1. Quels candidats restent en lice dans la course?

Au total, 28 candidats auront brigué la course à l'investiture démocrate, un record absolu dans l'histoire politique américaine.

Il en reste désormais 11 :

  • Bernie Sanders, sénateur du Vermont
  • Pete Buttigieg, ex-maire de South Bend, en Indiana
  • Joe Biden, ex-vice-président des États-Unis, ancien sénateur du Delaware
  • Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts
  • Amy Klobuchar, sénatrice du Minnesota
  • Michael Bloomberg, ex-maire de New York
  • Tom Steyer, financier et philanthrope
  • Andrew Yang, entrepreneur
  • Michael Bennet, sénateur du Colorado
  • Tulsi Gabbard, représentante d'Hawaï
  • Deval Patrick, ex-gouverneur du Massachusetts
Bannière vers notre dossier sur les candidats démocrates à la présidentielle de 2020

2. Qui est en tête au New Hampshire?

Pete Buttigieg et Bernie Sanders discutent lors d'une pause pendant un débat tenu en septembre 2019 à Houston, au Texas.

Pete Buttigieg et Bernie Sanders semblent partir avec une longueur d'avance.

Photo : Reuters / Mike Blake

À en croire les sondages, l'Iowa – aussi chaotiques ses caucus aient-ils été – semble avoir donné un élan, du moins dans l'État qui lui succède dans le calendrier, aux deux candidats qui ont obtenu le plus de délégués.

Sauf exception, Bernie Sanders, figure de proue de l'aile progressiste, a pris la tête des sondages réalisés dans cet État depuis plusieurs semaines, mais il a accru son avance. Pete Buttigieg a pour sa part ravi la deuxième place à Joe Biden, perçu comme lui comme plus modéré.

En 2016, Bernie Sanders avait remporté l’État avec 60,4 % des voix.

Selon la moyenne des sondages compilés par l'agrégateur RealClearPolitics, la centriste Amy Klobuchar a elle aussi effectué une remontée, devançant désormais Joe Biden et la progressiste Elizabeth Warren, tous deux en perte de vitesse.

Le nom de Michael Bloomberg, centriste arrivé tardivement dans la course, n'apparaît pas sur les bulletins de vote. Les électeurs auraient cependant le droit d'écrire son nom – ou celui de quelqu'un d'autre.


3. Comment le vote se déroulera-t-il?

Oubliez les deux tours de vote des caucus de l'Iowa, les primaires sont – heureusement – beaucoup plus simples. Les voix sont beaucoup plus simples à compiler – et l'annonce des résultats beaucoup plus rapide.

Si le déroulement du vote varie autant d'un État à l'autre, c'est que ce sont les États et les instances locales des partis qui déterminent les règles.

Au New Hampshire, les électeurs ne votent qu'une seule fois. Ils n'ont qu'à se présenter à leur bureau de vote à l'heure qui leur convient. La majorité des bureaux de vote fermeront à 19 h, mais certains resteront ouverts jusqu'à 20 h.

Comme plusieurs autres États, le New Hampshire ouvre la primaire d'un parti aux électeurs affiliés à la formation, mais aussi aux électeurs indépendants, optant pour une approche mitoyenne.

Certains États réservent plutôt la primaire d'un parti donné aux personnes qui sont enregistrées sur les listes électorales comme des électeurs de la formation, ce qu'on appelle une primaire fermée. D'autres tiennent des primaires ouvertes, qui permettent aux électeurs de tous partis de voter à la primaire de leur choix.

Selon le registre électoral de l’État, le New Hampshire compte 28 % d’électeurs démocrates et 42 % d’indépendants.


4. Que doit faire un candidat pour remporter des délégués?

Pour remporter des délégués, il y a un seuil à franchir : il faut remporter 15 % des appuis dans un district ou à l'échelle de l'État. Il s'agit du même seuil que dans les autres États.

Les délégués seront ensuite répartis par candidat, proportionnellement aux résultats de chacun.


5. Quelle est l'importance du New Hampshire?

Des partisans de Bernie Sanders réunis à Keene, au New Hampshire, portant des affiches où il est écrit « Bernie ».

La veille du vote au New Hampshire, Bernie Sanders a notamment tenu un rassemblement à Keene.

Photo : Reuters / Mike Segar

À l'instar de l'Iowa, le New Hampshire tire son importance de sa position précoce dans le calendrier.

Selon le site Vox, aucun candidat républicain ou démocrate de l'histoire moderne n'a remporté l'investiture de sa formation sans être arrivé premier ou deuxième dans cet État du nord-est des États-Unis.

Son poids réel est pourtant modeste : chez les démocrates, seuls 24 délégués sont en jeu... sur les 3979 délégués de tous les États qui voteront au premier tour de la convention du parti, qui se tiendra cet été.

Pour s'assurer de remporter l'investiture dès le premier tour, un candidat doit avoir gagné la moitié du total des délégués. Le chiffre magique à retenir est donc 1990. Avec l'Iowa, qui a attribué à peine 41 délégués, on sera encore loin du compte.

Cela dit, le New Hampshire et l'Iowa ont habituellement pour conséquence de réduire le bassin de candidats. Les coffres garnis de certains candidats, notamment ceux des milliardaires Bloomberg et Steyer pourraient cependant leur permettre de rester plus longtemps dans la course.

Pour la petite histoire, un candidat peut rebondir après avoir perdu le New Hampshire. En 2008, Barack Obama, après avoir remporté l'Iowa, a dû s'incliner devant Hillary Clinton. Devenu un cri de ralliement porteur d'espoir, le slogan iconique de campagne Yes we can (Oui, nous le pouvons) vient en fait du discours de défaite qu'il a prononcé le soir du 8 janvier 2008.

Barack Obama s'adressant à ses partisans le soir de la primaire du New Hampshire, en janvier 2008

Barack Obama s'adressant à ses partisans le soir de la primaire du New Hampshire, en janvier 2008

Photo : Jim Young / Reuters

L'État compte 90 % de Blancs non hispanophones, davantage encore que l'Iowa, ce qui ne manque pas de soulever les critiques de démocrates qui préféreraient que des États à la population plus diversifiée, plus représentatifs des États-Unis et du parti, ouvrent le bal électoral.


6. Quelles sont les prochaines étapes?

Le 22 février, ce sera au tour du Nevada, qui compte une importante population latino, de tenir ses caucus, suivis une semaine plus tard par la primaire de Caroline du Sud, où les Afro-Américains sont nombreux.

Ces États ont donc leur importance, puisque c'est la première fois que des populations plus diversifiées se prononcent sur les candidats. C'est particulièrement vrai en Caroline du Sud, car les Afro-Américains forment une base électorale solide du Parti démocrate.

Le super mardi viendra ensuite le 3 mars. C'est la journée du calendrier où il y a le plus grand nombre d’États et de territoires – environ une quinzaine – qui votent à la même date. Près de 35 % des délégués seront ainsi attribués le 3 mars dans des États comme la Caroline du Nord, le Massachusetts et la Virginie. À eux seuls, la Californie et le Texas, deux des plus grands prix de la course à l'investiture, fournissent presque 650 délégués.

Le candidat à l'investiture démocrate, Michael Bloomberg.

Michael Bloomberg, candidat à l'investiture démocrate, lors d'un événement au Texas.

Photo : Austin American-Statesman via AP / Lola Gomez

Fait à noter, c'est à partir de cette étape tardive que le nom de Michael Bloomberg fera son apparition sur les bulletins de vote. L'ancien républicain parie sur une stratégie autant inédite qu'audacieuse : il a fait une croix sur les premiers États pour miser sur le gros lot du super mardi. Le candidat centriste compte sur l’effondrement de Joe Biden et espère pouvoir tirer parti de la crainte qu’inspire Bernie Sanders chez une partie des démocrates.

Alors que les candidats démocrates en lice dans les premiers États se déchirent pour remporter le vote, Michael Bloomberg a, au cours des dernières semaines, diffusé pour plus de 350 millions de dollars en publicités, surtout dans les États du super mardi – plus que tous ses rivaux – selon une compilation de CNN.

Le vote se poursuivra ensuite dans les autres États jusqu'au 6 juin, les îles Vierges américaines clôturant la saison des caucus et des primaires.

La convention nationale démocrate se tiendra ensuite à Milwaukee, au Wisconsin, du 13 au 16 juillet.

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