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Manque d'ambulances pour effectuer les transferts

Une ambulance, en hiver, est arrêtée près d'une voiture. Les paramédicaux parlent au conducteur.

24 ambulances sont affectées uniquement aux transferts entre hôpitaux. Et seulement deux d’entres elles desservent la région d’Edmundston.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Radio-Canada

Plusieurs patients et leurs familles se sont plaints du manque d’ambulances pour procéder à des transferts, entre hôpitaux, au Nouveau-Brunswick. En place depuis mars, un nouveau protocole du service ambulancier montre déjà plusieurs failles.

Le chirurgien me dit que je vais devoir transporter ma mère moi-même, raconte Lise Durette Lang, fille d'une patiente et infirmière de profession.

Le problème est que l'état de santé de sa mère ne permet pas un transport normal, selon elle. Celle-ci reçoit des médicaments par intraveineuse et a même un cathéter.

Cette infirmière raconte qu’elle a été obligé de faire appel à une compagnie privée pour transporter sa mère entre l’Hôpital d’Edmundston et l’Hôpital de Rivière-du-Loup où celle-ci devait subir une opération vitale.

On m’annonce la grande nouvelle, que depuis les six derniers mois, au Nouveau-Brunswick, on a un nouveau protocole qui a été établi. Chaque hôpital a le droit à un transfert non urgent, par jour, pour les longues distances… Et l’ambulance du jour est déjà réservée pour un autre patient, se souvient Lise Durette Lang.

Lise Durette Lang accepte d’abord de faire le trajet avec sa mère, même si elle a des craintes. Dans les jours qui suivent, l’état de sa mère s’aggrave. Elle fait une œdème pulmonaire. Ambulance NB et l'hôpital ne lui proposent toujours aucune solution pour transférer sa mère vers l'hôpital québécois.

Pour elle, la seule solution sécuritaire a été d’embaucher une compagnie privée du Québec pour la conduire, mais cela a un coût.

Ce que je trouve déplorable dans tout cela, c’est qu’on a instauré un protocole dans la province, sans penser à un plan b et sans penser à un moyen de transport alternatif… qui serait couvert par la province.

Lise Durette Lang, fille d'une patiente

Elle ajoute : ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre de débourser un montant d’argent de même pour un transfert.

Trois transferts, trois problèmes pour la famille Levesque

Marcel Levesque, maire de la communauté de Saint-André, explique avoir vécu une situation similaire.

Marcel Levesque en entrevue dans la salle du conseil municipal

Pour Marcel Levesque, le manque d’ambulance a ajouté un stress supplémentaire à sa famille, dans une situation déjà difficile.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Durant les fêtes, entre le 23 et 27 décembre, son père, Fidèle Levesque, a été hospitalisé pour une jaunisse. Il a été transféré entre trois hôpitaux différents : Grand-Sault, Edmundston et Moncton.

Trois trajets, trois batailles pour avoir une ambulance.

Marcel Levesque, maire de Saint-André

Il se souvient que les trois cas, il n’y avait pas d’ambulance disponible. Il a dû lui-même conduire son père de l’Hôpital de Grand-Sault et l'Hôpital Edmundston. Ensuite, celui-ci a été transféré en avion entre Edmundston et Moncton pour subir une opération urgente.

Au lendemain de l’opération, il n’y avait aucune ambulance disponible pour le ramener. Fidèle Levesque a dû attendre 24 heures, seul, à Moncton, avant de pouvoir avoir accès à une ambulance de retour.

Moi, je me dis, s’il avait fait une crise de cœur, on fait quoi, s'interroge Marcel Levesque, après cette mésaventure.

Pour la famille Levesque, le manque d’ambulance a ajouté un stress supplémentaire. Le maire de Saint-André raconte s'être retrouvé à l’hôpital, suite aux angoisses que lui a fait subir cette situation.

Les explications d’Ambulance NB

Depuis septembre 2019, un nouveau système ambulancier a été mis en place dans la province. Celui-ci sépare les ambulances pour le 911 et les ambulances pour les transferts entre hôpitaux.

Une ambulance au Nouveau-Brunswick

Une ambulance au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Guy R. LeBlanc

24 ambulances sont dédiées uniquement aux transferts entre hôpitaux. Et seulement deux d’entre elles desservent la région d’Edmundston.

On va jamais dire à une personne, écoute, on peut pas faire transfert parce qu’on en a déjà envoyé une [ambulance], indique Michel Gravel, le directeur du centre de répartition pour Ambulance NB.

Si selon lui, il n’y a pas de quota, il y a un système de fonctionnement basé sur le triage, comme dans les hôpitaux.

Toutes demandes de répartitions pour les patients, d’un hôpital à un autre, sont triées de la même façon qu’un triage 911. Il a toujours un ordre de priorité même sur les patients en transfert.

Michel Gravel, directeur du centre de répartition à ambulance NB

L’ordre de priorité va de catégorie 1 ( besoin d’une ambulance dans les 20 minutes ) à catégorie 5 ( un transport pas urgent, comme le retour d’un patient après un examen ).

Au sujet des transferts longue distance, il avoue qu’il essaie de minimiser ceux-ci, car cela prend du temps, mais il explique que tout dépend du triage et de l’état de santé du patient.

Alors, si on envoie quatre ambulances au Québec..., cela prend trois heures pour aller et trois heures pour revenir. Elles sont parties quasiment toute la journée, justifie-t-il.

Avec les informations de Bernard Lebel

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