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Le nombre d’enfants vivant dans la pauvreté au Canada serait « encore bien trop élevé »

Un enfant tient par l'oreille un nounours en mauvais état.

Selon l'outil de mesure choisi, le nombre d'enfants vivant dans la pauvreté au Canada varie du simple au double.

Photo : Social Planning Toronto

Radio-Canada

Trente ans après la résolution de la Chambre des communes de sortir tous les enfants canadiens de la pauvreté pour l’année 2000, le Canada est loin du compte avec encore 1,35 million d’enfants vivant dans la précarité, selon une étude de l’organisme Campagne 2000.

D'après ce réseau pancanadien, qui compte plus de 120 organismes, les outils gouvernementaux d’évaluation de la pauvreté sous-estiment de façon significative le taux de pauvreté.

Ainsi, selon l’outil utilisé par le gouvernement dans le cadre de la récente Loi sur la réduction de la pauvreté, il y avait, en 2017, environ 622 000 enfants vivant sous le seuil de la pauvreté, soit 278 000 de moins qu'en 2015.

En faisant appel à un autre indice généralement utilisé par les organismes d’aide aux démunis, Campagne 2000 affirme qu’ils étaient plutôt 1 356 980, soit 18,6 % de la population enfantine. C’est deux fois plus que les calculs gouvernementaux.

Les plus récentes données montrent que le taux d’enfants et de familles vivant dans la pauvreté est encore bien trop élevé.

Extrait du rapport de Campagne 2000

Ces enfants qui échappent aux statistiques gouvernementales vivent eux aussi le stress et les conséquences négatives de la pauvreté sur leur santé, note l’organisme qui craint que ceux-ci passent entre les mailles du filet social censé les protéger.

Campagne 2000 estime que le gouvernement du Canada devrait allouer 6 milliards de dollars, dans son prochain budget, à des mesures visant à réduire de 50 % le nombre de familles vivant sous le seuil de pauvreté d’ici 2025.

Dévoilée à l'été 2018, la stratégie gouvernementale de réduction de la pauvreté se fixe un horizon de cinq ans plus éloigné et ne prévoit pas de crédits budgétaires supplémentaires.

Elle s’appuie plutôt sur des mesures déjà existantes, comme l’Allocation canadienne pour enfants, l’Allocation canadienne pour les travailleurs, la Stratégie nationale pour le logement, l’augmentation du supplément de revenu garanti, le rétablissement du supplément de revenu garanti à 65 ans et le rétablissement de la Sécurité de la vieillesse à 65 ans.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Pour une stratégie plus musclée

Le rapport de Campagne 2000 affirme que cette stratégie devrait être bonifiée. Les auteurs recommandent notamment que la priorité soit donnée aux groupes les plus touchés, comme les Autochtones habitant dans des réserves, les enfants d’immigrants sans papiers ou les mères vivant dans des refuges pour femmes battues.

Afin de réduire les écarts de richesse, l’organisation recommande en outre qu’Ottawa pousse les organisations sous son autorité à fixer le salaire minimum à 15 $ de l'heure et à l'aligner sur l’inflation.

Il est aussi recommandé de doubler les subventions fédérales au logement social, d’accélérer le déploiement de services de garde moins coûteux – comme au Québec – et de créer un comité non partisan qui serait chargé de veiller à la réalisation des objectifs de réduction de la pauvreté et à l’élimination de la discrimination qui existe dans certains programmes gouvernementaux.

Alors que la nouvelle décennie débute sous un gouvernement minoritaire, nous avons l’opportunité unique de collaborer afin d’éradiquer la pauvreté. Nous ne pouvons nous permettre de trahir une nouvelle génération d’enfants, conclut le rapport.

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