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Ottawa commande une autre étude sur le pont de Québec

Les ponts de Québec et Pierre-Laporte photographiés en hiver, du haut des airs

Les ponts de Québec et Pierre-Laporte

Photo : Radio-Canada / Pascale Lacombe

Louis Gagné
Mis à jour le 

Le gouvernement Trudeau souhaite réaliser une étude d’impact économique sur l’importance du pont de Québec comme lien ferroviaire et routier. Des intervenants impliqués dans la sauvegarde de l’infrastructure jugent que cette importance n’est plus à démontrer. Ils craignent qu’une énième étude retarde encore une fois l’adoption de mesures concrètes pour assurer la survie du pont.

Le Bureau de l'infrastructure du Canada a publié le 6 janvier un appel d’offres pour la réalisation d’une étude démontrant l’importance socio-économique du pont [de Québec] pour la région, la province et au niveau national pour le transport des marchandises et des personnes.

L’étude aura également pour objectif d’évaluer l’impact économique de différents scénarios de restauration du pont.

Au cabinet de la ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, Catherine McKenna, on affirme que cette étude est complémentaire au travail effectué par le négociateur Yvon Charest.

« Données essentielles »

Ce dernier a été mandaté par Ottawa pour évaluer les meilleurs moyens d’assurer la survie du pont de Québec, y compris le rachat de l’infrastructure par le gouvernement fédéral.

Infrastructure Canada (INFC) est déterminé à soutenir M. Charest afin qu’il puisse remplir son mandat, et dans le cadre de cette diligence raisonnable, INFC a lancé un appel d’offres pour obtenir des données essentielles au travail de ce dernier, précise Bruce Cheadle, un porte-parole de Mme McKenna, dans un courriel acheminé à Radio-Canada.

Yvon Charest en entrevue dans les studios de Radio-Canada à Québec

Ottawa a mandaté Yvon Charest à titre de négociateur spécial dans le dossier du pont de Québec.

Photo : Radio-Canada

Le député libéral fédéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, soutient pour sa part que les données contenues dans l’étude permettront d’évaluer rapidement les recommandations que soumettra Yvon Charest.

Celui qui préside le caucus des députés libéraux du Québec assure que son gouvernement ne cherche pas à gagner du temps, mais à s’assurer d’avoir en main tous les éléments pour prendre une décision éclairée.

Avant de faire quelque investissement que ce soit avec les deniers publics, c’est important d’avoir [...] le plus de données à jour possible, insiste M. Lightbound.

« Un élément vital »

L’historien et passionné du pont de Québec Michel L’Hébreux peine à comprendre l’utilité d’une nouvelle étude d’impact sur l’infrastructure.

Je pense qu'il y a quand même eu suffisamment d'études au cours des dernières années pour savoir que le pont, finalement, c'est un élément vital, essentiel, pour la région de Québec, fait-il valoir.

Michel L’Hébreux en entrevue à Radio-Canada

Michel L’Hébreux, historien et passionné du pont de Québec

Photo : Radio-Canada

M. L’Hébreux estime que l’attente a assez duré et qu’il est plus que temps d’agir pour trouver une solution pérenne au pont de Québec.

On attend depuis longtemps toutes sortes de rapports en ce qui concerne le pont de Québec. Un moment donné, il faut que ça aboutisse à quelque chose.

Michel L’Hébreux, historien et passionné du pont de Québec

Le maire de Lévis fait lui aussi partie du camp des impatients qui trouvent que la réflexion a assez duré.

« Je ne vois pas où le gouvernement fédéral veut en venir », a déclaré Gilles Lehouiller, lundi soir.

« Peu importe les conclusions auxquelles on va arriver sur le plan des études économiques, je pense qu'il faut que le pont de Québec soit repeint. Ça n'a rien à voir avec les études économiques », a-t-il ajouté.

Selon lui, il s'agit de la dernière chance du gouvernement libéral d'en arriver à une entente avec le CN dans le dossier, sinon « il faudra que le gouvernement fédéral songe sérieusement à une législation pour lui permettre de se porter acquéreur de l'infrastructure ».

Un rapport « très étoffé »

À l’instar de M. L’Hébreux, Alain Aubut croit que le gouvernement fédéral possède déjà de nombreuses informations sur les retombées économiques du pont de Québec.

L’ancien président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec rappelle que la firme Mallette avait réalisé un rapport très étoffé en 2017.

Alain Aubut en entrevue à Radio-Canada. La photo a été prise de jour, en hiver.

Alain Aubut, ancien président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec

Photo : Radio-Canada

C’est plusieurs centaines de pages à l'intérieur desquelles il y avait des modèles économiques qui avaient été explorés, évalués puis validés aussi, autant sur le marché local qu'international au niveau de la remise à niveau du pont, se souvient M. Aubut.

Il reconnaît cependant que certains éléments contenus dans le rapport Mallette ont besoin d’être mis à jour.

À l'époque, on parlait encore du potentiel du SRB, alors que maintenant, on parle du tramway, fait remarquer Alain Aubut.

Il enjoint le gouvernement fédéral à se servir du rapport Mallette comme base et à ne pas repartir à zéro.

Avec les informations d’Olivier Lemieux

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