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Toujours aucun plan pour empêcher un aventurier de dériver sur une banquise

Les aventuriers ont apporté leur vélo sur la banquise.

Photo : Radio-Canada

Marie-Pier Bouchard
Mis à jour le 

L’industrie maritime somme Transports Canada de se doter d’un plan pour intervenir lorsqu'un ou plusieurs individus se laissent dériver volontairement sur un morceau de glace du fleuve Saint-Laurent. Le flou réglementaire persiste toujours près d’un an après l’expédition fort médiatisée de l’aventurier Frédéric Dion et de ses deux acolytes.

L’an dernier, les trois hommes ont navigué de Trois-Rivières à Québec sur une banquise, ce qui a paralysé le trafic maritime pendant plusieurs heures.

Le trio, qui s’entraînait alors pour un périple de 50 jours en Amérique du Sud, n’a pas été sanctionné par Transports Canada.

Frédéric Dion n’exclut pas l’idée de répéter l’expérience même s'il n'a pas fixé de date précise. Cette possibilité inquiète particulièrement la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES), dont les membres ont été touchés par une telle pratique l'année dernière.

Advenant le cas où l’événement se reproduit à nouveau, qui fait quoi et quelle sera la responsabilité de chacun?

Mathieu St-Pierre, président-directeur général, Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES)
Un homme en complet devant un logo rouge.

Mathieu St-Pierre, président-directeur général de la Société de développement économique du Saint-Laurent

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Clarifier les rôles

La SODES, la Fédération maritime du Canada et les Armateurs du Saint-Laurent (ASL) demandent à Transports Canada de clarifier les rôles et les pouvoirs de chacune des organisations impliquées quand une personne se laisse dériver volontairement sur une banquise.

Ce qu’on veut, c’est un plan d’action clair pour qu’on ne se retrouve pas dans la même situation. On n’a pas l’intention de lâcher le morceau.

Sonia Simard, directrice des affaires législatives et environnementales, Fédération maritime du Canada
Trois hommes, les bras en l'air, prennent la pose à côté de leur canot pneumatique sur la banquise

Les aventuriers Daniel Barriault, Frédéric Dion et Jacob Racine célèbrent après avoir trouvé la banquise qui doit les emmener de Trois-Rivières à Québec sur le fleuve Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

L'imbroglio de l'hiver dernier

L’hiver dernier, la Garde côtière canadienne et la Sûreté du Québec (SQ) avaient fortement déconseillé à Frédéric Dion, Jacob Racine et Daniel Barriault de se lancer dans cette aventure.

De son côté, Transports Canada avait mentionné « ne pas avoir le pouvoir de les empêcher », ce qui a poussé l’Administration de pilotage des Laurentides et la Corporation des pilotes du Saint-Laurent Central à imposer des restrictions de navigation pour éviter que les trois hommes soient heurtés par des navires.

La navigation sur le fleuve Saint-Laurent, c’est comme sur le réseau routier : il y a des règles de sécurité à respecter. Un navire ne se manoeuvre pas aussi aisément qu’une voiture, alors imaginez avec une banquise, déplore Mathieu St-Pierre.

L'objectif n’est pas de blâmer qui que ce soit, c’est vraiment d’avoir les réponses à nos questions. Actuellement, il y a des questions qui restent sans réponse

Mathieu St-Pierre, président-directeur général, Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES)

Frédéric Dion est présentement en Amérique du Sud, sur le point d'arriver au terme de l’aventure pour laquelle il s’est entraîné en se laissant dériver sur une banquise l'hiver dernier. Par l'entremise de sa porte-parole, Geneviève St-Denis, il réitère sa volonté de discuter avec les autorités éventuellement.

Une réponse évasive

Invité à réagir, Transports Canada ne répond pas directement aux questions de Radio-Canada et affirme plutôt dans un courriel que le Ministère n’encourage pas ce genre d’activité ni tout autre acte téméraire pouvant mettre en danger des individus, ou compromettre la sécurité de la navigation ou avoir des impacts économiques qui peuvent en découler, que ce soit en termes d’interruption de la navigation ou en opération de recherche et sauvetage.

La Garde côtière canadienne répond également dans un courriel qu’elle sensibiliserait les participants aux différents dangers et aux risques associés à une telle aventure.

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