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Terre-Neuve et le Québec discutent d’hydroélectricité

Les deux hommes, côte à côte, devant des drapeaux.

Dwight Ball, premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, et François Legault, son homologue du Québec, souhaitent aider les provinces de l'Atlantique à s'affranchir du charbon pour leurs besoins énergétiques.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Radio-Canada

Le premier ministre du Québec François Legault et son homologue de Terre-Neuve-et-Labrador Dwight Ball ont discuté du développement des ressources hydroélectriques de leur province en vue de fournir un approvisionnement en énergie propre aux provinces de l’Atlantique.

François Legault, qui est l’invité spécial de cette rencontre des premiers ministres des quatre provinces de l’Atlantique qui se déroule à Saint-Jean, a expliqué, sans donner davantage de précision, que la possibilité que le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador deviennent les fournisseurs d’hydroélectricité de l’est du pays a été étudiée par les premiers ministres.

Considérant les efforts qui devront être mis de l’avant par les provinces de l’est du Canada pour réduire leurs émissions de carbone, l’hydroélectricité produite par le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador devient une option intéressante pour les Maritimes qui produisent une partie importante de leur électricité à partir de centrales au charbon, au gaz et au pétrole.

François Legault a notamment évoqué la puissance hydroélectrique du Québec et la production du futur barrage de Muskrat Falls ainsi que le projet de barrage de Gull Island, au Labrador, qu'il a qualifié de très intéressant.

Nous avons actuellement les capacités [de livrer cette électricité] alors pourquoi ne travaillerions-nous pas ensemble pour mettre sur pied un plan pour livrer 100 % d’énergie propre à nos provinces?

François Legault, premier ministre du Québec

On pense que c’est possible de le faire à bon coût. […] Et ça suppose dans certains cas la construction de lignes de transmission, a poursuivi le premier ministre du Québec.

Dwight Ball a pour sa part précisé que la question du transport de cette électricité vers les provinces de l’est devra être abordée avant de s’engager plus loin dans ce genre de projet, précisant au passage que d’autres sources d’énergie propre peuvent être mises à profit, notamment l’énergie éolienne de la Nouvelle-Écosse.

Malgré ses ressources hydroélectriques importantes, Terre-Neuve est désavantagée par sa position géographique qui l’empêche de développer un réseau de distribution terrestre jusqu’à ses clients potentiels dans les Maritimes et l'est des États-Unis. Ce qui l’oblige à emprunter le réseau québécois de transport pour exporter son électricité.

Rapprochement fragile

Bien qu’il constitue un tournant dans les relations énergétiques du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador, qui s’affrontent depuis des décennies sur l’entente de Churchill Falls, ce rapprochement demeure fragile entre les deux provinces.

Rappelons qu’en 1969, Québec et Saint-Jean s’étaient entendus sur l’achat par Hydro-Québec de toute l’énergie produite par la centrale de Churchill Falls, au Labrador, à un prix avantageux pour Hydro-Québec en échange d’une participation du Québec aux risques financiers du projet.

L’entente d’une durée de 40 ans renouvelable pour 25 ans à partir de 2016 s’est avérée très avantageuse pour Hydro-Québec, mais pas pour Terre-Neuve-et-Labrador, qui a tenté à plusieurs reprises devant les tribunaux de faire rouvrir cette entente, mais sans succès.

Une photo prise le 22 mai 1969 montrent les dirigeants d'Hydro-Québec et de la Churchill Falls Labrador Corporation
lors de la signature du contrat du projet hydroélectrique Churchill Falls, au Labrador.

Les dirigeants d'Hydro-Québec et de la Churchill Falls Labrador Corporation signent, le 22 mai 1969, le contrat du projet hydroélectrique Churchill Falls, au Labrador.

Photo : Churchill Falls Labrador Corporation

Évitant cette pomme de discorde, François Legault et Dwight Ball ont précisé que les pourparlers en cours n’impliqueront pas une renégociation de l’accord de Churchill Falls qui expire en 2041. François Legault a néanmoins assuré que tout nouvel accord énergétique entre les deux provinces serait gagnant-gagnant.

Les priorités des provinces atlantiques

La rencontre des premiers ministres des provinces atlantiques s'est poursuivie lundi avec une série de discussions sur les principaux enjeux politiques et sociaux des provinces de l'est du pays en prévision d'une rencontre en après-midi avec la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland.

Dans un communiqué publié à la mi-journée, les premiers ministres des quatre provinces atlantiques ont fait part de leurs priorités communes face au gouvernement fédéral. Ils réclament entre autres une modification du programme fédéral de stabilisation fiscale afin d’aider les provinces qui connaissent une baisse importante de leurs revenus, sans pour autant compromettre les autres programmes de transfert.

Les premiers ministres ont aussi convenu d’exiger du gouvernement fédéral qu’il veille à ce que le financement des soins de santé tienne compte de l’évolution démographique du Canada atlantique, afin qu'une qualité de soins médicaux équivalente soit accessible pour tous les Canadiens.

Ils ont également plaidé en faveur d'un système d'assurance médicaments national financé à 100 % par le fédéral et qui permettrait aux Canadiens qui bénéficient d'une assurance privée de la conserver.

Enfin, les premiers ministres estiment que les programmes d’infrastructure et d’immigration du fédéral doivent pouvoir mieux répondre aux besoins et aux opportunités spécifiques de la région.

Avec les informations de La Presse canadienne

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