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La vidéo d'un jeune homme coincé dans un hachoir à viande présentée en cour

Les policiers avaient rencontré plusieurs témoins peu après l'accident.

Les policiers avaient rencontré plusieurs témoins peu après l'accident.

Photo : Radio-Canada / Gaétan Bergeron

Le visionnement d'une vidéo où l'on aperçoit un jeune travailleur de 18 ans, qui s'est coincé la tête dans un hachoir à viande en 2016, a été présenté lundi au palais de justice de Québec, au premier jour du procès qui vise à déterminer si son ex-employeur a fait preuve de négligence.

Le 10 novembre 2016, Olivier Bouchard travaillait à la Boucherie Huot de Lévis. Vers 10 h 25, il est monté sur une petite échelle pour déposer de la viande dans un hachoir. Son bras et sa tête sont restés coincés.

Des collègues employés se sont précipités vers lui. L’un d’entre eux a rapidement pesé sur un bouton pour éteindre la machine qui aurait pu déchiqueter Olivier Bouchard. Il a fallu cinq minutes avant qu’ils soient en mesure de le sortir de sa fâcheuse position.

C’est la scène que la juge Annie Trudel a visionnée lundi matin, en salle d’audience. Les images ont été captées sur une vidéo de surveillance à l’intérieur de la boucherie. La vidéo est en noir et blanc et inaudible.

Des enquêteurs de la police de Lévis et de la CNESST se sont dépêchés rapidement sur les lieux après un appel 911.

À l'arrivée des policiers, la victime avait la tête déformée et saignait abondamment au visage et au bras.

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L'accusé, Bernard Huot et son fils Carl Huot

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Négligence criminelle

Le hachoir venait avec un dispositif de sécurité pour l’empêcher de fonctionner lorsque son couvercle est ouvert. Or, ce mécanisme était brisé depuis au moins six mois lorsque l’accident est survenu.

Bernard Huot avait récemment vendu la boucherie au moment du drame, mais il y travaillait toujours.

Il est malgré tout poursuivi - et non les nouveaux propriétaires - puisque c'est lui qui a été négligent dans la réparation du hachoir, selon la thèse de la Couronne.

« C'était la panique »

Lundi après-midi, l'employé qui a sorti Olivier Bouchard du hachoir a affirmé au tribunal que c'était la panique dans la boucherie au moment de l'accident. 

Il a dû frapper sur l'appareil avec une masse pour décoincer la victime.

« Je pensais qu'il était mort », a dit l'homme d'origine cubaine, qui s'exprime dans un français laborieux. 

Ce dernier a expliqué au tribunal qu'il savait que le hachoir était défectueux. Il a affirmé avoir avisé l'accusé Carl Huot des défectuosités de l'appareil. Ce dernier lui aurait répondu qu'elles coûtaient trop cher à réparer.

Selon le témoin, rien n'indiquait les dangers sur la machine : aucune affiche, aucune indication, aucun manuel d'instruction. 

« J'ai montré à Olivier comment fermer la machine, mais à ce moment-là je ne parlais pas français comme je le parle maintenant », a-t-il souligné. 

L'homme qui est arrivé au Québec en 2014 a également déclaré qu'il a appris son métier par lui-même. Il n'y avait pas, selon lui, de programme de formation pour les nouveaux employés, ni de documents de santé, sécurité au travail. 

« Après l'accident, on nous a dit de retourner travailler. La priorité, c'était le travail », a-t-il dit.

L'avocat de la défense Rénald Beaudry a, quant à lui, questionné le témoin en contre interrogatoire. Il a tenté de démontrer qu'Olivier Bouchard était sous l'effet de l'alcool et la drogue lors de l'accident et qu'il a été imprudent avant de tomber dans le hachoir.

Le témoin a affirmé au tribunal que la victime fumait du cannabis à l'occasion lors de ses pauses. Mais je l'ai vu seulement une fois, a-t-il précisé.

Le procès doit durer 13 jours. La victime, Olivier Bouchard, sera un des derniers témoins à se présenter à la barre.

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