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La Première Nation de Lac Saint-Martin poursuit Ottawa en justice

Un chef de Première Nation assis derrière un micro et portant sur sa tête un chapeau de plumes.

Selon le chef Adrian Sinclair, Ottawa s’attend à ce que plusieurs familles vivent à l’étroit dans les nouvelles maisons, car le gouvernement ne tient pas compte des personnes dont la famille s’est agrandie.

Photo : Radio-Canada / Austin Grabish/CBC

Radio-Canada

La communauté autochtone de Lac Saint-Martin, au Manitoba, poursuit en justice le gouvernement fédéral. Huit ans après les inondations qui ont forcé les familles à quitter leur domicile, Ottawa met fin aux prestations versées aux évacués.

Les avocats de la Première Nation manitobaine demandent à la Cour fédérale une injonction et une révision judiciaire de la décision prise par Ottawa. Selon eux, le gouvernement cherche à supprimer les prestations des évacués, alors que certaines familles n'ont toujours pas reçu de logements sécuritaires.

L’accord initial du gouvernement fédéral [le gouvernement précédent] prévoyait que tout le monde devait être entièrement indemnisé jusqu’à ce que tous les évacués retournent dans la réserve ou dans leurs nouvelles maisons, déclare le chef Adrian Sinclair.

Il souligne que la Première Nation savait que les avantages sociaux seraient supprimés à la fin du mois dernier, mais qu'une prolongation a été accordée jusqu’à la fin du mois de janvier.

Le ministère des Services aux Autochtones du Canada a indiqué qu'il ne ferait aucun commentaire sur la question, car elle est devant les tribunaux. Un juge doit entendre les arguments le 24 janvier.

Une réserve inondée

Des membres de la communauté de Lac Saint-Martin ont été forcés de quitter leur domicile en 2011, lorsque l’eau a été détournée de la rivière Assiniboine vers le lac Manitoba pour réduire le risque d’inondation à Winnipeg. L’eau du lac a ensuite inondé la communauté et causé d’importants dégâts. Tous les logements et les infrastructures de la réserve devaient être remplacés.

Après les inondations, la communauté de Lac Saint-Martin, ainsi que trois autres Premières Nations, ont poursuivi la province qui, selon les documents de la poursuite, avait sciemment et imprudemment causé la catastrophe.

L'affaire a été réglée en 2018 lorsque les gouvernements fédéral et provincial ont convenu de verser 90 millions de dollars à environ 7000 personnes des communautés touchées par les inondations.

Une maison au milieu de l'eau.

En 2011, Adrian Sinclair s'est adressé par lettre au gouvernement pour lui faire part des problèmes récurrents qui touchent sa communauté.

Photo : CBC

La plupart des évacués vivaient à Winnipeg grâce aux prestations pendant la reconstruction de la communauté. Celle-ci s'est faite dans un nouvel emplacement et à une altitude plus élevée. Lorsque les évacués sont, par la suite, retournés à leur domicile, leurs prestations ont cessé.

En novembre 2019, 992 personnes évacuées n’étaient toujours pas revenues dans la réserve.

La porte-parole de Services aux Autochtones Canada, Rola Tfaili, avait déclaré que l’attribution des logements dans la réserve était la responsabilité de son chef et de son conseil.

Elle avait souligné que 280 logements avaient été construits à la fin de l’année dernière et que 475 résidents étaient rentrés chez eux. Par ailleurs, 70 autres unités, constituées de 30 maisons et de 40 appartements, devraient être prêtes d'ici la fin du mois de mars.

D'après Adrian Sinclair, il n’y a pas assez de maisons pour accueillir l’ensemble de la population de la réserve qui a augmenté depuis l’évacuation.

Des maisons en construction sur le nouveau site de la Première Nation de Lac Saint-Martin.

Il n’y avait pas assez de maisons pour accueillir toute la population de la réserve, plus importante depuis l’évacuation, souligne le chef Adrian Sinclair.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Il ajoute que certains membres de la communauté sont devenus adultes et ont fondé leur propre famille depuis 2011 et ne veulent pas s’installer dans la même maison que leurs parents.

S’il n’y a pas de logement convenable et que les avantages sociaux cessent, la situation sera dramatique pour beaucoup, souligne-t-il.

Il restera environ 400 évacués dans les rues à Winnipeg.

Adrian Sinclair, chef de la Première Nation de Lac Saint-Martin

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