•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Rapprochement entre la MRC de Deux-Montagnes et Kanesatake

Ils se tiennent aussi par l'épaule.

Le chef Simon et le maire d'Oka Pascal Quevillon se serrent la main lors des cérémonies marquant le 25e anniversaire de la crise d'Oka.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La MRC de Deux-Montagnes et le Conseil mohawk de Kanesatake se sont entendus pour créer un comité permanent de liaison. Une approche sans précédent qui devrait voir le jour ce printemps. L’objectif est de permettre aux élus de connaître les réalités de chacun pour ainsi éviter de nouvelle crise.

L'été dernier, la question territoriale a une fois de plus ravivé les tensions entre la municipalité d’Oka et les Mohawks de Kanesatake. Les échanges ont été vifs après qu’un promoteur immobilier eut voulu rétrocéder des terres aux Mohawks, ce qui inquiétait des résidents d'Oka.

Une fois la poussière retombée, les maires de la MRC des Deux-Montagnes et le conseil de bande se sont réunis.

Une rencontre a eu lieu le 16 septembre entre les sept maires de la région et des membres du Conseil mohawk de Kanesatake. Avec cette invitation, le préfet de la MRC de Deux-Montagnes voulait entamer des discussions entre les élus du territoire.

On ne se connaissait pas. On ne s'était jamais rencontrés de façon formelle.

Denis Martin, préfet de la MRC de Deux-Montagnes

Création d’un comité permanent

Pour poursuivre les discussions, le grand chef du Conseil mohawk de Kanesatake Serge Otis Simon et le préfet Denis Martin ont convenu de créer un comité permanent de liaison. Au comité siégeront un nombre restreint d’élus, des membres du Conseil mohawk et possiblement des décideurs économiques. Le développement économique de la région sera à l’ordre du jour pour tenter de travailler sur ce que les Mohawks et les citoyens des villes voisines ont en commun.

Pour le grand chef Simon, ce comité sera l’occasion de promouvoir la réconciliation, mais aussi de faire connaître les revendications territoriales des Mohawks et tout ce qui régit les droits autochtones.

[Le comité servira] à s’informer sur les enjeux municipaux pour que nous on puisse mieux comprendre. Et en même temps,  nous, on veut leur expliquer [qu’ils sont] sur un territoire revendiqué des Mohawks.

Serge Otis Simon, grand chef du Conseil mohawk de Kanesatake

Soulagement pour le maire d’Oka

Cette prise en charge des relations par le préfet de la MRC de Deux-Montagnes est perçue comme un baume pour le maire d’Oka, Pascal Quevillon.

Le fait que la MRC de Deux-Montagnes s'implique dans le dossier c'est très rassurant pour moi et ça enlève beaucoup de poids sur la municipalité.

Pascal Quevillon, maire de la municipalité d’Oka

Pascal Quevillon se dit heureux parce que la pression était depuis plusieurs décennies sur seulement la municipalité d’Oka et ses maires. Pour lui, il était primordial que la MRC se joigne au dossier puisque les enjeux territoriaux dépassent largement les limites de la petite municipalité d’Oka.

C’est la Seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes qui est revendiquée ici et ça inclut plusieurs municipalités de la MRC.

Pascal Quevillon, maire de la municipalité d’Oka

Rien n'est réglé

Le 6 août dernier, la municipalité d’Oka a demandé un moratoire sur la possible rétrocession des terres du promoteur immobilier, Grégoire Gollin. Oka s’objectait au don écologique de la controversée pinède offerte par M. Gollin. Toutefois, l’offre est toujours en vigueur, et jusqu’à la fin de 2020, selon une entente entre le promoteur et le Conseil mohawk de Kanesatake.

La rétrocession ne fait pas non plus l’unanimité du côté mohawk. Les membres traditionalistes de la communauté refusent que l’opération transige par un conseil de bande qu’ils qualifient d’illégitime puisqu’il représente une institution coloniale à leurs yeux. De plus, ils n’acceptent pas le don de terres qui leur appartiennent déjà selon les traités historiques.

Finalement, le financement d’un corps policier sur le territoire mohawk n’est toujours pas bouclé du côté du gouvernement fédéral. Sans parler du fond de l’affaire, les revendications territoriales elles-mêmes. La Ville d'Oka exige d’être consultée, silence radio du côté fédéral.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique régionale

Politique