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Haïti, 10 ans plus tard : un Fransaskois se remémore la tragédie sismique 

Une pancarte indique la présence de corps sous les décombres d'un immeuble effondré à Port-au-Prince, le 19 janvier 2010

Les dépenses militaires du Canada liées au séisme ont été d’un peu plus de 50 millions de dollars.

Photo : Reuters / Wolfgang Rattay

Alexis Lalemant

Le 12 janvier 2010, un terrible séisme de magnitude 7,3 frappait l’île d’Haïti et sa capitale, Port-au-Prince. Olivier Gentillon, Fransaskois d'origine haïtienne, était sur place lorsque la terre a tremblé et 10 ans plus tard, cette expérience reste présente dans son esprit.

Ce mois-là, Olivier Gentillon est en vacances à Miami aux côtés de sa femme. Alors que les températures sont anormalement froides, le couple décide d'aller à Port-au-Prince pour y rejoindre de la famille.

M. Gentillon est un ancien dentiste qui habite la Saskatchewan depuis 1973 : Nous voulions quitter la fraîcheur de Saskatoon pour ces vacances, et il faisait aussi froid à Miami. Alors nous avons décidé de nous diriger vers Port-au-Prince.

Olivier Gentillon en costume cravate au restaurant

Olivier Gentillon se dit «très triste» à chaque commémoration du séisme en Haïti

Photo : Olivier Gentillon

Le moment choisi est cependant malchanceux. Le couple atterrit dans la capitale le 11 janvier 2010.

Vingt-quatre heures plus tard, à 16 h 52 heure locale, le sol de l’île d’Hispaniola, sur laquelle se trouve la République d’Haïti, commence à trembler. Nous étions en voiture dans un 4x4 à ce moment-là. Pour être honnêtes, nous n’avons pas compris tout de suite que c’était un séisme, nous pensions que c’était la route qui était cabossée, explique M. Gentillon.

Le tremblement de terre est le plus violent jamais enregistré sur les terres haïtiennes. Les dégâts sont impressionnants, presque irréels. Plus de 200 000 personnes décèdent, tandis que 1,5 million de citoyens haïtiens se retrouvent sans-abri.


Dans la rue, j’ai vu des corps partout. Des cadavres ensevelis sous des tonnes de gravats de béton.

Olivier Gentillon

C’est en voyant les gens courir dans les rues, et les premiers dégâts matériels que nous avons réalisé ce qu’il se passait continue ce Fransaskois aujourd’hui âgé de 88 ans. Selon lui, sa femme croyait même à une sorte d’invasion ou même de guerre avant de comprendre l’ampleur et la nature de la situation.

C’est le lendemain où nous avons compris la gravité de ce qu’il se passait, dit-il. Par chance, M. Gentillon et ses proches sont sortis indemnes du séisme.

Entre tristesse et rage

Les propos d’Olivier Gentillon sont encore aujourd’hui emplis d’émotions diverses quant à la situation actuelle du pays. La reconstruction d’Haïti, autant sur le plan mobilier que politique, est très difficile.

On commémore cela avec beaucoup de tristesse, affirme-t-il. Le pays est loin d’avancer. C’est comme si on reculait constamment. Des petites plaies qui auraient pu être pansées après le tremblement de terre, au contraire, ce sont des plaies bien ouvertes qui font mal à toute la diaspora haïtienne au Canada et ailleurs.

Après la tragique catastrophe naturelle, un élan de solidarité internationale avait permis de récolter environ 13 milliards de dollars canadiens pour aider le pays. Une estimation réalisée suite aux dons des pays et des grandes organisations mondiales publiques.

Toutefois, l’utilisation des fonds de cette aide a longtemps été décriée par plusieurs acteurs de la communauté haïtienne.

En Haïti, à l’instar d’Olivier Gentillon, beaucoup constatent que les problèmes du passé resurgissent. La communauté internationale a fait son possible pour envoyer de l’argent. Jusqu’à présent, personne ne sait comment cet argent a été distribué et a été dépensé pour reconstruire le pays affirme, de manière fataliste, Olivier Gentillon. Il suit néanmoins encore l’actualité de son pays d'origine, malgré la distance qui le sépare de sa terre natale, Haïti.

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