•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Tout mon corps tremblait » : 10 ans après, des Haïtiens au N.-B. se souviennent du séisme

« Je me demande comment j’ai pu marcher, comment j’ai pu arriver jusqu’à chez nous [...] Tout mon corps tremblait. »

Emmanuella Fabiola Casséus.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 10 ans, un tremblement de terre de magnitude 7 ravageait Haïti, faisant des centaines de milliers de morts.

Deux étudiants haïtiens du Nouveau-Brunswick se souviennent dans les moindres détails du séisme du 12 janvier 2010.

Je voyais la maison qui secouait. Je ne savais pas ce qui se passait, raconte Clivens Jacques, un survivant du tremblement de terre qui était âgé de 15 ans à l’époque. Du moment où j’ai pu entendre des cris, des personnes avoisinantes qui poussaient des cris, donc c’est là que je me suis dit : il y a quelque chose de terrible qui est en train de se passer.

Un homme vu de profil.

Clivens Jacques avait 15 ans lors du tremblement de terre.

Photo : Radio-Canada

Le lendemain, il découvre l'horreur dans les rues de Port-au-Prince.

Voir autant de morts dans les rues... Voir des personnes qui sont encore sous les décombres, qui demandaient à l’aide, c’était un moment assez choquant, confie le jeune homme.

Tout mon corps tremblait

Horreur, peur, angoisse… La fin... Ce sont ces mots-là qui me venaient à l'esprit, relate de son côté une autre survivante de la catastrophe, Emmanuella Fabiola Casséus.

Une femme vue de profil.

Emmanuella Fabiola Casséus.

Photo : Radio-Canada

On a été obligés de prendre la route à pied et, tout au cours du chemin, c’étaient des pleurs, c’étaient des cris. Et moi-même, la peur me tenaillait, parce que je me demandais qu’est-ce que j’allais trouver une fois arrivée à la maison. Est-ce que j’allais trouver ma maison complètement détruite avec ma maman ensevelie sous les décombres ?, raconte-t-elle.

Je me demande comment j’ai pu marcher, comment j’ai pu arriver jusqu’à chez nous, parce que je tremblais. Tout mon corps tremblait, poursuit-elle.

À son arrivée, la maison avait tenu le coup et sa mère, heureusement, avait pu se mettre à l’abri. Les deux femmes se sont enlacées. Elle pensait que j’étais morte, et moi également je pensais qu’elle était morte.

On n’arrivait même plus à reconnaître la rue où on était. On n’arrivait même plus à l'identifier parce que tout était détruit.

Emmanuella Fabiola Casseus

Ç’a été l'horreur totale. Les bâtiments se sont écroulés. Il y avait plein de décombres à travers les rues, se souvient-elle. Les gens accouraient de partout. Tout le monde criait. On appelait Jésus. On appelait le ciel.

Maison détruites et décombres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans les rues de Port-au-Prince le 13 janvier 2010, au lendemain du séisme.

Photo : Reuters / Organisation des Nations unies (ONU)

Une décennie plus tard, loin d’Haïti, la douleur est toujours vive.

Ça marque la vie de chaque personne qui était présente, confie Clivens Jacques. Beaucoup de personnes sont mortes, mais je suis chanceux d'être là... et aussi béni d'avoir pu faire partie des personnes qui étaient là pour aider ces gens-là.

On ne pourra pas oublier, dit Fabiola Casséus. C'est sûr qu'avec le temps, la douleur va s'estomper un petit peu. Juste un tout petit peu. Mais on ne pourra pas oublier.

D’après le reportage de Wildinette Paul

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Incidents et catastrophes naturelles