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Haïti : amertume et colère 10 ans après le séisme

Le reportage de notre envoyée spéciale, Sophie Langlois

Photo : Reuters / Andres Martinez Casares

Radio-Canada

Haïti s'est douloureusement rappelé le séisme qui a ravagé Port-au-Prince et emporté plus de 200 000 personnes le 12 janvier 2010. Les cérémonies de commémoration ont eu lieu dans l'amertume face à l'échec de la reconstruction et l’instabilité politique dans le pays.

Le président haïtien, Jovenel Moïse, en présence de nombreux ministres, a déposé une gerbe au mémorial du séisme, érigé à l'extérieur de Port-au-Prince, sur le site même où des milliers de victimes ont été enterrées dans des fosses communes.

Tôt le matin, ils étaient déjà nombreux à se rendre dans les églises pour participer aux messes en mémoire des disparus.

Plusieurs d’entre eux ont dit avoir fait le deuil de leurs morts, mais demeurent accablés par la misère. Leur quotidien est encore plus difficile qu’il y a 10 ans, confient-ils.

Dix ans plus tard, on n’a rien vu. On dirait que c’est toujours la même chose, a dit Kimberley. Jeudi, un paroissien qui cachait mal son amertume.

Christine César partageait le même avis. Depuis le 12 janvier 2010, je vis dans la misère, je marche sur les déchets.

La situation politique et économique n’est pas meilleure.

Les dix dernières années ont été les années les plus difficiles pour Haïti, politiquement, économiquement, affirme Magalie Dresse, une entrepreneure haïtienne.

Je pense que les gens ont perdu espoir.

Magalie Dresse
Un prêtre porte des bougies dans une église

Un prêtre porte des bougies lors d'une cérémonie pour le dixième anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier 2010, à Port-au-Prince.

Photo : Reuters / Andres Martinez Casares

35 secondes ont été suffisantes pour transformer la capitale et les villes de Gressier, Léogane et Jacmel en champs de ruines. Plus d'un million et demi de personnes ont perdu leur logement.

La reconstruction promise n’a pas eu lieu.

C'est une décennie perdue, totalement perdue, selon l'économiste haïtien Kesner Pharel.

La capitale n'a pas été reconstruite, mais la mauvaise gouvernance ne dépend pas exclusivement des autorités locales, fait-il remarquer.

Il n'y a pas eu de suivi pour la plupart des maisons reconstruites, déplore-t-il.

La refondation du pays n'a pas eu lieu et on se retrouve à la case départ.

Kesner Pharel , économiste

Dix ans après un séisme qui a jeté à terre 60 % du système de santé, la reconstruction du principal hôpital du pays n'est toujours pas achevée et le travail des organisations non gouvernementales demeure indispensable.

Haïti est aujourd’hui plongé dans une crise sociopolitique aiguë secouée notamment par des scandales de corruption, impliquant l'actuel président Jovenel Moïse ainsi que tous les gouvernements qui se sont succédé depuis 2010.

Les élections législatives, prévues en novembre, n’ont pas eu lieu et le Parlement haïtien sera caduc lundi. Sans pouvoir législatif fonctionnel, le président devra gouverner par décrets.

10 ans du séisme en Haïti : le président Jovenel MoÏse s'exprime

Notre dossier Haïti, dix ans après le séisme
Avec les informations de Agence France-Presse

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