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Julie Snyder : condamnée à l’audace

Une femme porte une robe rose sur laquelle apparaît un signe de paix.

Julie Snyder dans une photo de promotion

Photo : V/Sacha Bourque

Dominic D. Matthews

Ce retour à la télévision comme animatrice de talk-show, Julie Snyder l’appelait de tous ses vœux. Avec La semaine des 4 Julie, elle dit retrouver quelque chose qui lui manquait énormément dans sa vie professionnelle : la liberté.

Les critiques sont favorables, les cotes d’écoute sont à la hauteur; Julie Snyder peut respirer après cette première semaine de diffusion. On est très, très contents, souligne-t-elle en entrevue avec René Homier-Roy à Culture Club. Néanmoins, même si elle dit ressentir une certaine pression, elle affirme qu’elle était étonnamment très calme le jour de la première.

Peut-être que c’est la première fois que j’anime un talk-show en ayant des enfants. Quand on a des enfants, ça nous ramène aux vraies choses, et peut-être qu’on ressent un peu moins le stress et la pression, explique-t-elle.

Les attentes sont élevées pour ce retour au petit écran annoncé en grande pompe après deux ans et demi d’absence, soit depuis la fin du Banquier, à TVA, en 2017. Je sens qu’il y a des attentes, mais j’aime avoir ces attentes-là.

Cette fois-ci en ondes sur la chaîne V, l’animatrice se donne l’obligation de toujours surprendre, et ce, dans toutes les facettes de la production : les décors, les invités et invitées, les choix de sujets... tout ça avec une touche de folie.

Au premier épisode, lundi dernier, elle a frappé fort avec une entrevue de la grande vedette américaine Ellen DeGeneres. Dans la même émission, elle a présenté un minidocumentaire touchant où l’on suit Khate Lessard, sa protégée. Cette dernière, première candidate trans de la téléréalité Occupation double, passait sous le bistouri pour une chirurgie d’affirmation du genre.

C’est l’éclectisme qui m’intéresse. Oui, avoir de la folie, mais aussi avoir de la profondeur.

Julie Snyder

Julie Snyder refuse de se plier au culte des « A », ces invités et invitées qui figurent au sommet de la pyramide du vedettariat québécois. Elle tient beaucoup à l’équilibre entre le choix de personnes connues et moins connues.

J’aime interviewer des gens du star-système, mais ce que j’aime aussi, c’est interviewer des gens qui ne sont jamais interviewés. Quand j’ai quelqu’un qui est moins connu, ça devient un peu plus facile, parce que je suis dans la découverte, dit-elle.

Passer près de tout perdre

Si elle envisage ce nouveau chapitre de sa carrière avec une certaine sérénité, c’est en partie parce qu’elle ressort d’une période très difficile d'un point de vue professionnel.

Quand on a presque tout perdu, on n'a plus rien à perdre, et ça aussi, c’est une liberté.

Son entreprise, Productions J, est passée bien près de la faillite ces dernières années, et la pente a été très abrupte à remonter.

On a coupé le café, on ne changeait plus les ampoules. [...] C’était drastique; on coupait tout. On a été obligés de réduire notre nombre d’employés, avec toute la charge émotive que ça a, explique-t-elle.

Cet épisode professionnel difficile l’a marquée profondément. Quand elle a terminé l’enregistrement de sa rencontre avec Ellen DeGeneres pour La semaine des 4 Julie, elle raconte avoir vomi dans une poubelle, soulagée du stress d’avoir à mener une bonne entrevue pour justifier ce coûteux voyage à Hollywood.

On a fait face à la faillite, donc toutes les dépenses qu’on a faites, comme prendre un avion pour aller faire une entrevue, tu as l’impression qu’il faut qu’elle soit bonne, au prix que ça a coûté; sinon, t’es dans le trouble.

Mais pour l’animatrice et productrice, une fois qu’on a fait confiance à son instinct, il faut laisser la crainte de côté. Elle dit s’inspirer du défunt imprésario René Angélil à cet égard : Pour lui, l’instinct, et le flair, c’était aussi important que l’intelligence ou les études, souligne-t-elle.

Une fois que j’ai passé au-delà de mes craintes, je ne suis non pas dans l’assurance [...], mais j’assume mes erreurs. Sinon, on ne prend jamais de risques.

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