•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Wexit aura son parti aux prochaines élections fédérales

Quelques-uns des manifestants se tiennent debout, dehors, en hiver. L'un d'eux tient une affiche sur laquelle il est écrit, en anglais, «je soutiens l'indépendance de l'Alberta».

Lors d'un rassemblement devant l'Assemblée législative de l'Alberta, à Edmonton, des tenants du Wexit ont notamment fait signer une pétition en vue de la création d'un parti politique provincial.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Mis à jour le 

Les électeurs de l’Ouest pourront vraisemblablement voter pour l’un ou l’autre des tenants du Wexit aux prochaines élections fédérales puisqu’Élections Canada a octroyé au parti du Wexit du Canada le droit d’apparaître sur les bulletins de vote et d’émettre des reçus pour dons politiques.

« Le Parti réformiste disait vouloir l’Ouest en-dedans [de la Confédération], nous, on le veut dehors » a lancé le chef du mouvement, Peter Downing, lors d’un rassemblement en vue de la création d’une aile provinciale du parti à Edmonton, samedi.

Selon lui, la reconnaissance d’Élections Canada est l’aboutissement d’une année d’efforts incessants.

Des candidats partout dans l’Ouest

Forte de cette approbation, la formation politique entend présenter des candidats dans 104 circonscriptions fédérales de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, du Manitoba et de la Saskatchewan lors des prochaines élections fédérales.

Le parti espère également être de la course lors de toute élection partielle tenue dans l’une ou l’autre de ces provinces d’ici aux élections générales.

« Avec les gains qu’on espère faire dans les provinces de l’Ouest, le Parti conservateur ne sera jamais reporté au pouvoir », promet Peter Downing.

Le programme du parti prévoit, entre autres, la tenue d’un référendum sur l’indépendance albertaine.

En cas de victoire, le Wexit prévoit ensuite la création de forces armées, d’un corps policier et d’une monnaie propre, en plus de l’élection d’un président de la nouvelle république albertaine.

Pour confirmer son statut de parti politique officiel, le Parti du Wexit du Canada doit encore présenter au moins un candidat lors d’une élection, partielle ou générale.

Vers l'établissement de partis provinciaux

Outre la création du parti fédéral, Peter Downing s'est lancé dans une campagne en vue de la création de branches provinciales du Parti du Wexit.

La version britanno-colombienne, Wexit BC, est déjà enregistrée auprès d'Elections BC et reconnue officiellement par l'organisme provincial.

En Alberta, le parti affirme avoir déjà amassé environ 2500 signatures et souhaite en obtenir environ 6000 de plus afin d'être reconnu.

Après la campagne albertaine, Peter Downing dit vouloir se tourner vers la Saskatchewan et le Manitoba afin de recueillir les 2500 signatures nécessaires à la reconnaissance de branches provinciales dans ces provinces.

Trouver des candidats

S’il reconnaît que la transformation du mouvement d’indépendance de l’Ouest canadien en parti politique a fait un pas de plus, le professeur de science politique Duane Bratt, de l’Université Mount Royal, note que plusieurs questions restent sans réponse.

« Qui sera le chef du parti », se demande-t-il d’abord.

Peter Downing « est à l’avant-plan, mais il ne suscite pas d’engouement particulier. Il n’a pas l’expérience ou la notoriété qu’avaient Preston Manning [du Parti réformiste] ou de Lucien Bouchard [du Bloc Québécois] » au moment de la formation de leurs partis, ajoute M. Bratt.

En 2015, M. Downing s’était présenté pour le Parti de l’Héritage chrétien, lors des élections générales. Il dit s’être également impliqué au sein du Parti conservateur fédéral et du Parti Wildrose.

Lorsqu’il était agent de la Gendarmerie royale du Canada, il a été suspendu pour avoir menacé son ex-épouse. Il dit toutefois avoir quitté le corps policier avec de bons états de service.

Selon Duane Bratt, il reste tout de même improbable que la formation politique obtienne la faveur populaire.

Déloger les conservateurs

« Quel genre de candidats trouveront-ils? Est-ce que les électeurs préféreront le Wexit aux conservateurs? », se demande-t-il.

« J’en doute », répond-il. « Je ne crois pas que l’Ouest du pays soit mécontent [du travail] des conservateurs. »

Le Parti du Wexit peut bien présenter des candidats dans toutes les circonscriptions et je suis certain qu’ils pourraient faire aussi bien que le Parti populaire.

Duane Bratt, professeur en science politique à l’Université Mount Royal

Aux élections de 2019, le Parti populaire du Canada fondé par l’ancien ministre conservateur Maxime Bernier a obtenu 1,6 % du vote et aucun de ses candidats n’a été élu.

À chaque province ses règles

Pour obtenir la reconnaissance de parti politique dans les quatre province de l'Ouest, le Parti du Wexit doit se plier aux règles de chaque province.

Si l'enregistrement du parti en Colombie-Britannique demandait seulement le dépôt d'un dossier de candidature prouvant que la formation souhaitait bel et bien être reconnue comme parti politique, les lois électorales des trois autres provinces exigent également une récolte de signature ou propose d'autres conditions.

En Alberta, la reconnaissance suit l'accomplissement, par une formation politique, de l'une des trois exigences :

  • avoir au moins trois députés à l'Assemblée législative;
  • présenter des candidats dans au moins la moitié des circonscriptions lors des dernières élections générales ou lors des prochaines;
  • obtenir les noms, adresses et signatures d'au moins 0,3 % des électeurs inscrits sur la liste électorale lors des dernières élections générales (8473 signatures au 16 avril 2019), qui y seront toujours inscrits lors des prochaines et qui affirment souhaiter l'enregistrement du parti politique.

Au Manitoba, la loi prévoit qu'une formation satisfasse à l'une ou l'autre de conditions semblables :

  • détenir quatre sièges à l'Assemblée législative à l'issue des dernières élections ou à la dissolution de l'Assemblée;
  • présenter des candidats dans au moins cinq circonscriptions lors d'élections générales en cours;
  • présenter une pétition signée par au moins 2500 électeurs dont le nom était sur la liste électorale lors des dernières élections générales (doit être déposée avant le déclenchement d'élections).

En Saskatchewan, l'enregistrement d'un parti politique requiert le dépôt des signatures d'au moins 2500 électeurs, dont au moins 1000 proviennent de 10 circonscriptions différentes, où un minimum de 100 électeurs par circonscription demandent l'enregistrement du parti.

Sources : Elections BC, Elections Alberta, Élections Manitoba et Elections SK

Avec les informations de Joel Dryden et Sarah Rieger et Danielle Kadjo

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Politique fédérale