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Arythmie cardiaque : un appareil québécois à l'assaut du marché international

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Un homme tient un petit appareil sur le buste d'un mannequin en plastique

Pierre Paquet, pdg de la compagnie Icentia

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

L'entreprise Icentia a développé un appareil enregistreur d’électrocardiographie plus discret et compte rivaliser avec les grands fabricants mondiaux d'appareil pour mesurer le rythme cardiaque.

Le CardioStat se tient dans une seule main avec ses 15 cm de largeur et 4 cm de hauteur.

Ses concepteurs, trois ingénieurs québécois qui ont fondé l'entreprise Icentia en 2012, estiment qu'il serait l'un des moniteurs cardiaques les plus petits au monde.

L'entreprise installée dans le Parc technologique du Québec métropolitain veut maintenant attaquer d'autres marchés à l'international et continuer son expansion au Royaume-Uni.

D'après les concepteurs, leur produit est différent des autres. Les appareils d'électrocardiographie ambulatoires de type Holter, par exemple, sont parfois composés de huit électrodes placées sur le torse des patients avec du ruban adhésif médical.

Un buste noir avec des électrocardiogramme et des fils, au moins sept fils sont installé sur le mannequin en plastique.

Les autres tests pour l'arythmie cardiaque prennent plus de place que le modèle de l'entreprise Icentia.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Notre appareil, sous forme d'une mince bandelette flexible, a éliminé les fils. Il s'attache seulement sur deux électrodes. Il est donc plus confortable et permet de le porter plus longtemps, soutient Pierre Paquet, président-directeur général d'Icentia.

Ce type d'appareil est utilisé pour diagnostiquer les troubles de rythme cardiaque chez des patients dont les épisodes d'arythmie surviennent qu'occasionnellement.

Monitorage continu pendant deux semaines

L'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) a collaboré avec Icentia pour évaluer l'efficacité de l'appareil.

Une étude clinique a été réalisée auprès de plus de 200 patients. L'objectif était de comparer le produit québécois avec le modèle standard, le Holter, utilisé à l'IUCPQ.

On a démontré que les deux étaient équivalents pour le diagnostic, affirme l'investigatrice principale de l'étude, Isabelle Nault, cardiologue-électrophysiologiste de l'IUCPQ.

Or, l'équipe médicale a observé des avantages à l'utilisation du CardioStat. Avec le Holter, les patients ne peuvent pas se doucher, ce qui n'est pas le cas pour le CardioStat, illustre la docteure Nault.

Deux docteurs en sarrau regardent la caméra, souriants

Les cardiologues Isabelle Nault et Jean Champagne ont collaboré à l'étude clinique.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Elle souligne que le modèle québécois est plus confortable et qu'il permet d'effectuer un monitorage sur une plus longue période de temps. La plupart des arythmies sont intermittentes. Comme elles ne sont pas toujours présentes, plus on allonge notre durée d'échantillonnage, plus on a de chances d'aller capter le problème, explique la cardiologue.

Le CardioStat permet une surveillance continue de 14 jours, alors que le modèle Holter a une durée de monitorage de 24 heures, allant parfois jusqu'à 48 heures.

Un cadeau inimaginable

La forme d'arythmie la plus courante, la fibrillation auriculaire, affecte de 1 % à 2 % de la population canadienne.

Souvent, les problèmes d'arythmie cardiaque, ce n'est pas mortel, mais c'est surtout une atteinte à la qualité de vie, indique pour sa part le cardiologue-électrophysiologiste Jean Champagne.

Le danger de la fibrillation auriculaire, si elle n'est pas diagnostiquée et si le patient a des facteurs de risque particuliers, c'est la formation d'un caillot et ce dernier peut aller au cerveau et donner un AVC, ajoute-t-il.

Avec un monitorage plus prolongé, tu as beaucoup plus de chances de trouver un diagnostic. Plus vite tu fais le diagnostic, plus vite tu traites les patients.

Jean Champagne, cardiologue-électrophysiologiste
Un homme avec l'appareil CardioStat sur la poitrine est assi devant une femme avec un sarrau

Richard Bourbeau discute avec la docteure Isabelle Nault.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Richard Bourbeau, un patient du docteur Champagne, est atteint de fibrillation auriculaire. Avant de recevoir son diagnostic, il prenait une médication préventive ce qui ne le mettait pas à risque d'un AVC.

Toutefois, l'homme de 65 ans raconte qu'il a beaucoup souffert . J'étais essoufflé. Mon coeur pouvait partir de 50 et si je montais l'escalier, il pouvait aller jusqu'à 170. Ç'a généré beaucoup d'anxiété chez moi. J'avais peur de mourir, confie-t-il.

Le résident de Charlesbourg avait déjà fait l'expérience de l'enregistreur Holter, dans un autre centre médical, mais aucune anomalie avait alors été décelée.

C'est en essayant le CardioStat, prescrit par le docteur Champagne, que son diagnostic a pu finalement être établi donnant lieu à une intervention.

À la suite de l'ablation de la fibrillation auriculaire, je pense que nous avons transformé sa qualité de vie. Il vous le dira. Il a recommencé à voyager, à faire de l'activité physique, souligne Jean Champagne.

Ça m'a donné une qualité de vie que je n'avais plus. Pour moi, c'est un cadeau, c'est inimaginable.

Richard Bourbeau

Depuis 2015, plus de 60 000 appareils  CardioStat ont été vendus dans les hôpitaux canadiens dont à l'IUCPQ.

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