•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le sauvetage héroïque d’un kayakiste de Québec révélé par National Geographic

Mike Roy s'élance dans une chute

Le kayakiste Mike Roy

Photo : Kiah Schaepe

Guillaume Piedboeuf

Le kayakiste de Québec Mike Roy accompagnait le Néo-Zélandais Ryan Lucas dans la descente d’une chute de 25 mètres lorsque ce dernier s’est retrouvé inconscient sous l’eau prisonnier de son kayak chaviré. Près de trois ans après l’incident, son sauvetage héroïque de son compagnon à l’article de la mort vient d’être diffusé par National Geographic.

Roy et Lucas s’attaquaient aux chutes de Tauranga-Taupo, en février 2017, lorsqu’est survenu l’incident. Comme les deux kayakistes extrêmes portaient des caméras sur eux, on peut voir dans les images récemment diffusées par National Geographic et relayées sur la page Facebook chinoise du média, toute la séquence des événements et le sauvetage à glacer le sang réalisé par le Québécois.

Il était un peu tard dans la journée, mais on avait décidé d’y aller tout de même. Ryan s’élançait en premier, moi j’étais en bas avec la caméra. Quand on s’attaque à un rapide de cette envergure-là, on veut être sûr d’avoir quelqu’un en bas, a raconté Michaël « Mike » Roy, vendredi, au micro de C’est encore mieux l’après-midi.

S’étant mal lancé dans la chute, Ryan Lucas ne réussit pas à ce que le devant de son kayak plonge dans l’eau à l’atterrissage, ce jour-là. Une erreur impardonnable de cette hauteur.

L’impact de son embarcation sur l’eau le laisse inconscient et il se retrouve rapidement sous l’eau prisonnier des remous dans son kayak. Le temps que Mike Roy saute dans son propre kayak, réussisse à se rendre jusqu’à son compagnon et le libère de son embarcation, ce dernier est déjà sous l’eau depuis plusieurs minutes. Il faut ensuite réussir à sortir Lucas de la rivière.

*Attention, images choquantes*

Pas question de le laisser mourir

J’ai essayé de garder sa tête en dehors de l’eau et pagayer d’une main, mais je n’étais pas capable d’avancer. Il a fallu que je le laisse dans l’eau et que je l’attache à mon kayak pour le ramener au bord.

Lorsque le Québécois réussit finalement à traîner son compagnon sur des roches, ce dernier semble sans vie, le visage blanc et les lèvres bleues.

Il y a eu un petit moment de panique, mais je me suis ressaisi. Il n’était pas question que je revienne tout seul en le laissant mort sur le bord de la rivière.

Mike Roy, kayakiste de Québec

Roy, 23 ans, entame alors des manoeuvres de réanimation désespérées sur Lucas, 25 ans. Des images difficiles à visionner. Le Néo-Zélandais finit par entrouvrir les yeux, après quoi son sauveteur se met à hurler son nom et lui donner des claques au visage pour s’assurer qu’il demeure conscient.

Mais Ryan Lucas n’est pas encore tiré d’affaire. Impossible dans son état de parcourir les deux heures de marche rapide les séparant de la route la plus proche. Au milieu de nulle part, ni l’un ni l’autre des kayakistes n’a de réseau cellulaire. Sans autre option, Roy attache le kayak de son compagnon au sien et entreprend de descendre le reste de la rivière.

Avec Lucas en hypothermie à la tombée de la nuit, le Québécois est toutefois forcé de s’arrêter sur le bord de la rivière et il allume un feu pour réchauffer le blessé. Avec de l’eau dans les poumons, son temps est compté s’il n’obtient pas d’assistance médicale.

Il allait un peu mieux, mais il n’allait peut-être pas passer la nuit. J’ai couru environ une heure pour trouver du réseau pour appeler les services d’urgence, se rappelle Mike Roy.

Quelques heures plus tard, avec l’aide du Québécois, un hélicoptère réussit le périlleux sauvetage de Ryan Lucas au milieu de la forêt en pleine nuit. C’est parce ce dernier s’en est finalement tiré sans séquelles que les deux hommes ont pu partager leur dramatique aventure avec National Geographic, quelques années plus tard.

L'importance de la préparation

À l’époque, il y avait seulement eu quelques articles sur le sujet en Nouvelle-Zélande, mais un recherchiste de National Geographic nous a contacté cette année pour une nouvelle série sur les sauvetages extrêmes qui va être disponible sur Disney Plus en Amérique du Nord, raconte Roy.

Les deux athlètes, qui ont continué à faire du kayak depuis, ont accepté de partager les images dramatiques captées par leurs caméras. Ils se sont rejoints en Nouvelle-Zélande, cet été, pour revenir sur leur mésaventure avec l'équipe de National Geographic.

L’occasion pour Mike Roy de rappeler l’importance de la préparation dans son sport.

C’est vraiment important d’être préparé quand on fait un sport extrême comme ça. Il faut avoir des cours de réanimation et de sauvetage en eau vive. Mais ça demeure difficile de prévoir comment on va réagir lors d’une situation comme celle-là. L’instinct prend le dessus assez rapidement.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Sports extrêmes