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Irlande du Nord : un accord met fin à trois ans de paralysie politique

Le projet d'accord offre pour la première fois une reconnaissance officielle de la langue irlandaise.

Une pancarte au-dessus d'un muret au bord d'une route.

Pancarte à la frontière de la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, où il est écrit : « L'union irlandaise est la solution au Brexit»

Photo : Reuters / Lorraine O'Sullivan

Agence France-Presse

Unionistes et républicains sont parvenus in extremis, vendredi, à un accord mettant fin à trois ans de paralysie politique en Irlande du Nord, province britannique en première ligne du Brexit, sans gouvernement ni Parlement depuis 2017.

Le DUP et le Sinn Fein, principaux partis en Irlande du Nord, ont validé le projet d'accord publié jeudi soir par le gouvernement britannique, qui offre pour la première fois une reconnaissance officielle de la langue irlandaise.

Faute de consensus d'ici lundi, Londres avait prévu convoquer des élections locales.

Le Sinn Fein a décidé de réintégrer le système de partage de la gouvernance de la province, comme il est prévu par l'accord de paix du Vendredi saint de 1998, et de nommer des ministres dans un gouvernement fondé sur le partage du pouvoir, a déclaré Mary Lou McDonald, cheffe de ce parti républicain.

Nous sommes prêts à retourner aux affaires, a-t-elle ajouté devant la presse, saluant un jour historique.

La nouvelle Assemblée de Stormont, à Belfast, siégera dès samedi en début d'après-midi en vue de désigner un gouvernement, dont le premier ministre et le vice-premier ministre.

Avant le feu vert du Sinn Fein, Arlene Foster, cheffe du DUP – parti unioniste en perte de vitesse depuis les élections législatives britanniques de décembre –, avait déjà salué un compromis juste et équilibré.

C'est un accord qui reconnaît que nous vivons dans une société partagée; c'est un accord qui reconnaît qu'aucune identité ne devrait prendre le dessus sur une autre, a-t-elle dit à la BBC.

Les sociaux-démocrates du SDLP ont également apporté leur soutien à l'accord.

Le DUP et le Sinn Fein doivent se partager la gouvernance de la province britannique, en vertu de l'accord de paix du Vendredi saint de 1998, qui a mis un terme aux Troubles entre républicains (majoritairement catholiques) et unionistes (surtout protestants). Ces violences ont fait près de 3500 morts en 30 ans.

Un scandale politico-financier avait fait tomber la précédente coalition gouvernementale en janvier 2017, et plusieurs séries de négociations n'avaient pas permis de lever le blocage. De nouvelles discussions avaient repris mi-décembre, après la victoire des conservateurs aux législatives.

Le défi le plus grand et le plus important est d'assurer que nous avons un véritable partage du pouvoir fondé sur l'égalité, le respect et l'intégrité, a commenté Mary Lou McDonald.

L’enjeu du Brexit

L'enjeu est d'autant plus crucial que l'assemblée locale, actuellement paralysée, est censée avoir son mot à dire dans les dispositions douanières controversées visant à éviter le retour d'une frontière physique avec la République d'Irlande (membre de l'Union européenne) après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier.

L'accord offre une reconnaissance légale à la langue irlandaise et prévoit accélérer le fonctionnement de la justice ou encore des mécanismes pour lutter contre la corruption.

C'est un jour très, très important et historique, pas seulement pour ceux qui parlent l'irlandais, mais pour la reconnaissance de l'identité irlandaise, a salué Mary Lou McDonald.

Le gouvernement britannique a aussi promis des investissements pour les services publics de la région – la plus défavorisée économiquement du Royaume-Uni –, conditionnés au rétablissement des institutions locales.

Un porte-parole du premier ministre avait dit que le montant de l'enveloppe ne serait communiqué qu'une fois l'accord conclu.

La République d'Irlande avait publié conjointement avec le Royaume-Uni le projet d'accord, reflétant ainsi leur rôle de co-garant dans l'accord de paix.

Ces ultimes discussions avaient pour cadre un paysage politique en mouvement sous l'effet du Brexit, contre lequel a voté la majorité des gens de la province britannique frontalière de la République d'Irlande.

Aux législatives britanniques de décembre, la province a élu pour la toute première fois à Westminster plus de députés républicains (neuf, dont sept pour le Sinn Fein et deux pour le SDLP), partisans d'une réunification avec l'Irlande, que d'unionistes du DUP, favorables à un maintien dans la Couronne britannique.

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