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Écrasement d'avion en Iran : « On veut la vérité », dit Champagne

Le ministre parle, la main vers l'avant.

Après l'écrasement d'un avion en Iran qui a causé la mort de 57 Canadiens, le ministre des Affaires étrangères du Canada, François‑Philippe Champagne, a fait une mise à jour de la situation.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada

Un groupe de coordination international – composé des cinq pays dont des ressortissants sont morts dans l’écrasement du vol PS752 de la compagnie Ukraine Airlines International – a été mis sur pied pour leur permettre de parler d’une seule voix devant l’Iran et d’insister pour qu’une enquête soit mise en branle afin de faire la lumière sur les circonstances de la tragédie.

Le Canada, l’Ukraine, la Suède, l’Afghanistan et la Grande-Bretagne réclament une enquête transparente qui permettra une meilleure compréhension des événements, car justice doit être faite, a lancé le ministre des Affaires étrangères, François‑Philippe Champagne, en fin d’après-midi vendredi, lors d’une mise à jour d’Ottawa.

Le nombre de victimes canadiennes a été revu à la baisse, a signalé le ministre Champagne. Après de plus amples analyses concernant les informations détenues sur les passagers, on pense que 57 Irano-Canadiens, et non pas 63, sont morts dans l’accident. Le nombre total de victimes reste cependant de 176 morts. Cette variation s'explique par le fait que de nombreux passagers détenaient la double nationalité.

Pour le moment, seule une équipe ukrainienne d’une cinquantaine de personnes a été admise sur le site de l’accident.

Les Iraniens ont quant à eux déclaré vendredi qu'ils entendaient procéder sans l'aide d'experts étrangers à l'extraction des données des boîtes noires de l'appareil, qui s'est écrasé mercredi près de Téhéran.

L’Iran a accordé deux visas à des observateurs canadiens vendredi, mais 10 autres se font toujours attendre pour permettre les services consulaires, l’identification des victimes et la participation à l’enquête, a précisé M. Champagne.

Le ministre croit que l'on devrait être fixés, dans les prochaines heures ou les prochains jours, sur la suite que compte donner l’Iran à cette histoire.

Il considère néanmoins que les procédures entamées par le Canada se déroulent bien, surtout dans le contexte où les relations diplomatiques entre la République islamique et le Canada ont été rompues, en 2012.

M. Champagne souligne qu’il a eu un entretien de 20 à 30 minutes avec son homologue iranien; une première en 10 ans, dit-il.

Quant à sa sous-ministre, elle a eu elle aussi des discussions avec des officiels iraniens, lesquels, d’ailleurs, avaient déjà identifié un Canadien avec qui ils pourraient travailler dans le cadre de cette affaire, a mentionné le ministre.

Le monde regarde les autorités iraniennes.

François‑Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères du Canada

Après l'avoir nié, Téhéran a avoué samedi qu'il avait abattu l'avion de manière « non intentionnelle ». Il a précisé que l’appareil avait été abattu à cause d'une erreur humaine, alors qu'il volait à proximité d’une zone militaire sensible.

Une essentielle présence militaire en Irak

Par ailleurs, précisant le compte rendu d’une conversation qui s’est tenue vendredi matin entre le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, et lui-même, François‑Philippe Champagne a dit considérer que la présence américaine en Irak est essentielle pour assurer la stabilité irakienne.

Dans de courts comptes rendus canadien et américain de cet échange, publiés plus tôt dans la journée, les Américains disaient avoir discuté de la possibilité d’envoyer plus de militaires des forces de l’Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en Irak, un fardeau qu’ils voudraient voir partagé de façon appropriée.

De son côté, François-Philippe Champagne s’était contenté de dire que le Canada souhaite la paix, la stabilité et la prospérité pour le peuple irakien.

Lors de sa conférence de presse, il est allé un peu plus loin et a plutôt indiqué que les militaires étrangers en Irak étaient là pour donner la sécurité et la stabilité, ce qui entraîne la prospérité.

Selon le ministre, une réunion de l’OTAN devait avoir lieu vendredi aux États-Unis en présence de Mike Pompeo. On parlera ensuite de ce que le Canada va faire, a-t-il spécifié.

Bien qu’alliés, le Canada et les États-Unis abordent le conflit actuel avec l’Iran de façon foncièrement différente. Alors qu'Ottawa disait dans son communiqué viser une désescalade des tensions dans la région, Washington parlait plutôt de vouloir « contenir » les actions agressives du régime iranien.

Le ministre Champagne soulignait ainsi avoir discuté avec M. Pompeo des renseignements qui indiquent que l’avion a été abattu par un missile sol-air iranien, peut-être involontairement.

Mais le porte-parole de M. Pompeo affirmait plutôt que les deux hommes ont évoqué la poursuite des actions agressives et déstabilisatrices du régime iranien dans la région et les mesures prises pour les contenir.

Mike Pompeo parle devant un logo de la Maison-Blanche.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, annonce les nouvelles sanctions que les États-Unis imposent à l'Iran.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Le Canada aurait voulu être averti du raid sur Soleimani

La conférence de presse a aussi été l'occasion de confirmer des informations de CBC voulant que le Canada reproche aux États-Unis de ne pas l’avoir averti avant de bombarder le convoi du général iranien Qassem Soleimani à l'aéroport de Bagdad.

C’est certain que quand on travaille dans une coalition [la coalition militaire antidjihadiste menée par les États-Unis en Irak], on est toujours en coordination, a répondu le ministre Champagne à une question d'un journaliste. Le Canada doit favoriser la sécurité de son personnel en Irak, a-t-il poursuivi.

CBC dit avoir parlé à deux sources gouvernementales, sous le couvert de l’anonymat, qui prétendent également qu’Ottawa demande maintenant aux Américains de lui expliquer de façon plus approfondie les raisons exactes du raid.

Près de 250 membres des Forces armées canadiennes participaient jusqu’au 4 janvier à la mission de l’OTAN en Irak, afin de donner une formation aux forces de sécurité irakiennes.

L’OTAN a cependant décidé de suspendre ses activités au lendemain de l'assassinat du général Soleimani dans le pays, tué dans le bombardement américain du convoi dans lequel il se trouvait.

Déjà très tendues, les relations avec l’Iran se sont complexifiées après l’écrasement, cinq jours plus tard, de l’avion d’Ukraine International Airlines, quelques heures après des tirs de missiles par Téhéran sur des bases où se trouvaient des troupes américaines et canadiennes en Irak.

Mike Pompeo a offert au Canada toute l’assistance du gouvernement américain dans l’enquête en cours.

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