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Du homard aurait été vendu illégalement par erreur, affirme un homme d’affaires

Pêches et Océans Canada avait saisi dans une cargaison destinée à la Chine du homard capturé avec un permis de pêche communautaire autochtone.

Sheng Ren Zheng à Digby en janvier 2020.

Sheng Ren Zheng, propriétaire de Guang Da International.

Photo : CBC / Steve Lawrence

Radio-Canada

La présence de homards pêchés par des Autochtones dans une cargaison destinée à l’exportation en Chine est-elle le résultat d’un geste illégal ou d’une innocente erreur? C’est ce qu’aura à déterminer un juge à Digby, en Nouvelle-Écosse.

Mon commerce est légitime, a clamé jeudi, au dernier jour de son procès, l’homme d’affaires Sheng Ren Zheng, qui se défendait seul et avait recours aux services d’un interprète. Le propriétaire de l’entreprise Guang Da International a nié avoir contrevenu aux lois et nié avoir demandé à ses employés de le faire.

En octobre 2017, des agents du ministère des Pêches et des Océans avaient saisi trois tonnes de homard à l’aéroport international d’Halifax et mené des perquisitions dans le vivier à homard de Guang Da International, à l’Anse-des-Belliveau.

Cela faisait partie d’une opération secrète dans la zone de pêche au homard la plus lucrative du pays. Dans la Baie Sainte-Marie, des agents du ministère des Pêches et des Océans avaient apposé des puces électroniques sur des homards qui se trouvaient dans des casiers.

L’entreprise Guang Da International et Sheng Ren Zheng sont accusés de vente de poisson capturé sous licence de pêche n'autorisant pas la vente des captures. Le ministère affirme que la capture des homards a été réalisée avec un permis de pêche communautaire autochtone et soutient avoir suivi, grâce aux puces électroniques, les homards jusqu’au vivier de Guang Da International et à l’aéroport d’Halifax.

Le vivier à homard de l'entreprise Guang Da International.

Le vivier à homard de l'entreprise Guang Da International, à Anse-des-Belliveau, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / CBC/Richard Cuthbertson

Après cette opération controversée de Pêches et Océans Canada, il s’agit jusqu’ici du seul dossier ayant mené à des accusations.

Une erreur involontaire, selon l'accusé

Selon Sheng Ren Zheng, le homard pêché par des Autochtones de la Première Nation de Sipekne'katik s’est retrouvé par erreur dans une cargaison qui était destinée à l’exportation vers la Chine.

Une mauvaise maîtrise de l’anglais serait à l’origine de la méprise, affirme l’homme d’affaires d’origine chinoise. Les travailleurs ont confondu le homard autochtone avec les homards commerciaux. Je soutiens que c’est compréhensible. Tout le monde fait des erreurs, a-t-il fait valoir au juge Tim Landry.

Sheng Ren Zheng et Pierre-Joseph Boissonnault.

Pierre-Joseph Boissonnault (à droite) accompagnait Sheng Ren Zheng (à gauche), qui ne parle pas couramment l'anglais.

Photo : CBC / Steve Lawrence

L’accusé maintient que s’il avait tenté de vendre illégalement le homard pêché par les Autochtones, il aurait pris soin de faire disparaître les quelque 216 heures d’enregistrement de ses caméras de surveillance, qui ont été déposées en preuve lors du procès, et se serait débarrassé de ses registres.

Le procureur fédéral Mark Stares ne croit rien de la version de l’accusé. La compagnie Guand Da International avait noté, dans des documents, que le homard des Autochtones se vendait 4,50 $ la livre, soutient-il.

M. Zheng était impliqué du début à la fin. Il y avait préméditation. Ce n’était pas un accident, a affirmé M. Stares devant le magistrat.

Le juge Landry rendra sa décision le 16 avril.

D’après le reportage de Paul Withers, CBC

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Industrie des pêches