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Unikkaaqtuat : entre mythes et maladresses

Pièce de théâtre inuit.

La production pluridisciplinaire éloigne le public des répercussions des pensionnats, par exemple, pour notamment proposer une plongée dans la fantasmagorie inuit.

Photo : Gracieuseté / Marion Bellin

Mélanye Boissonnault

Au début de sa toute première saison, le Théâtre autochtone du Centre national des Arts nous avait portés vers des enjeux dramatiques, et on ne peut plus d’actualité. Avec Unikkaaqtuat, nous sommes ailleurs, au coeur de l’imaginaire inuit, ce qui est tout aussi nécessaire. Malgré quelques réserves, Unikkaaqtuat crée des images portées par des chants qui nous font voyager.

Le Théâtre autochtone du Centre national des Arts propose jusqu'au 12 janvier Unikkaaqtuat, qui signifie « contes anciens », un mélange de théâtre, de musique et d’acrobaties inspiré de la culture des Inuit. Ce spectacle est le fruit d’une collaboration entre les troupes circassiennes Les 7 doigts de la main (Québec) et Artcirq (Nunavut), auxquelles s’ajoute la compagnie de production cinématographique Taqqut (Nunavut).

On y va pour l’incursion dans la culture inuit

Les mythes fondateurs inuit se révèlent une belle source d’inspiration et nous font voyager. Le spectacle met en scène un jeune homme qui arrive à l’hôpital pour se faire soigner et dont l’esprit se met à divaguer, porté par les récits de sa grand-mère. Ainsi sont lancés des tableaux où surgissent des lapins, des oiseaux, des baleines, des ours polaires et des chasseurs. Sans tout nous expliquer ni surtitrer ce qui se dit sur scène, le spectacle gagnerait toutefois en sens si quelques informations nous étaient données quant aux mythes présentés. Par contre, les moments drôles sont d’une candeur qui les rend universellement compréhensibles. De la même manière, les jeux d’adresse - comme le saut sur un trampoline fait d’une peau tendue ou les concours d’hommes forts - nous offrent une intéressante incursion dans la culture inuit pas très loin, finalement, de nos carnavals d’hiver.

On n’y va pas pour la mise en scène

Si les arts du cirque viennent bonifier certaines scènes, comme dans le numéro de tissu où les corps en suspens répondent aux projections de chasseurs et de baleines qui plongent dans l’océan, les transitions entre les tableaux sont laborieuses, longues et cassent le rythme du spectacle. De même, les projections qui constituent une bonne part de la scénographie sont constituées de superbes illustrations animées parfois de façon sommaire, mais parfois aussi de façon très poétique. On peut admettre que l’entreprise a un côté artisanal. Il reste que le public est en droit d’exiger une production où tous les aspects de l’œuvre ont été peaufinés.

On y va assurément pour la musique

Riant et se tenant par la taille, les deux chanteuses se tiennent debout côte à côte. Un guitariste les accompagne. Tous portent un haut blanc à capuchon, avec des lignes noires au col, à la taille et aux poignets.

La musique, grâce aux interprétations de Charlotte Qamaniq et Christine Tootoo, est assurément un point fort du spectacle.

Photo : Gracieuseté LRM Export - © Alexandre Gaillez

Si une bonne part du sens nous échappe, la musique a l’avantage d’être un langage universel et s’avère l’aspect le plus enchanteur et peut-être le plus réussi de la production. Charlotte Qamaniq et Christine Tootoo marient mélodie et chant de gorge de belle façon et sont présentes, avec beaucoup d’aplomb, tout au long du spectacle. Joshua Qaumariaq et Terence Uyarak, tous deux guitaristes, viennent les appuyer par moments.

POUR Y ALLER
Unikkaaqtuat, une collaboration des 7 doigts de la main (Québec), d'Artcirq (Nunavut) et de Taqqut productions (Nunavut)
Centre national des Arts
Jusqu'au 12 janvier

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Ottawa-Gatineau

Arts de la scène