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Une rue de Port-au-Prince dévastée par le violent tremblement de terre du 12 janvier 2010

Une rue de Port-au-Prince dévastée par le violent tremblement de terre du 12 janvier 2010 (archives)

Photo : Reuters / Daniel Aguilar

Radio-Canada

Plusieurs membres de la communauté haïtienne de l'Ontario se souviennent de la catastrophe qui a fait près de 280 000 morts.

Notre dossier Haïti, dix ans après le séisme

Corine Bonheur avait 11 ans le 12 janvier 2010. C’est la première fois que j’étais dans les bras de ma mère et que j’avais peur. J’ai vu les gens crier avec de la poussière sur eux, se souvient-elle. La seule chose qu’on pensait c’est que c’était la fin du monde. On criait Jésus, aidez-nous!

On ne savait pas ce qu'était un tremblement de terre. Pour nous c’était un mot. On pouvait faire une phrase [avec] pour d’autres pays, mais pas pour nous. On ne pensait pas qu’Haïti pouvait avoir un tremblement de terre.

Corine Bonheur
Portrait de Corine Bonheur

Corine Bonheur est née à Port-au-Prince et avait 11 ans au moment du séisme.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Chaque 12 janvier, durant toute ma vie, j’aurai un mauvais souvenir de ce jour. Claude-Henry Vilfrant a perdu des amis chers lors du tremblement de terre. C’est un moment qu’on prend pour prier pour dire merci à dieu qu’on est ici toujours parce qu’on aurait pu ne pas être là, ajoute-t-il.

Ma voiture avait des problèmes, donc ce jour-là j’ai décidé de ne pas aller à l’école. Je suis rentré chez moi et l’école s’est effondrée, donc peut être que je serais mort à l’école si ma voiture avait été en bon état ce jour-là, raconte-t-il.

On ne peut pas oublier un tel jour, mais en même temps on doit passer à autre chose.

Claude-Henry Vilfrant

Jean Erick Eugène, qui est arrivé au Canada en juin 2018, a lui aussi échappé à la mort de justesse. Quand la terre a tremblé, je revenais de mes activités. Il était quatre heures et quelques minutes. Je suis rentré à la maison et j’avais l’intention de me reposer et d’aller au lit, mais j’ai eu l’idée de ne pas faire ça, se souvient-il.

C'est ce qui l'a sauvé alors que sa maison située à Carrefour près de Port-au-Prince s'est effondrée quelques instants plus tard. J’ai pris ma femme, ma fille et mon frère et nous nous sommes retrouvés dans la rue. Nous étions tous dans la rue ainsi que tout le monde dans le quartier.

Une reconstruction difficile

Selon Jean Erick Eugène, la reconstruction a pris du temps. Pour les maisons personnelles, ce n’était pas trop facile, parce qu’il faut de l’argent pour construire votre maison. Il faut de l’argent pour faire des abris, affirme-t-il.

Encore aujourd’hui il y a des gens sans abris à cause du séisme [...] Après dix ans il y a encore des gens qui souffrent à cause du tremblement de terre, ajoute Corine Bonheur qui regrette qu'en dix ans, peu de choses aient changé dans son pays d'origine. Elle se demande pourquoi les Haïtiens n'ont pas bâti sur les bases de la solidarité et de l'union qu'elle avait pu voir au moment du tremblement de terre.

Claude-Henry Vilfrant donne en exemple le fait que des personnes habitent encore aujourd'hui dans des maisons qui devaient être détruites après le séisme pour des raisons de sécurité. C'est un exemple du manque d'intérêt pour notre sécurité à nous en tant qu'Haïtiens parce que si l'Etat prenait ses responsabilités ces maisons-là auraient dû être détruites. Et après 10 ans, rien ne peut expliquer que ces maisons sont toujours là.

Portrait de Claude-Henry Vilfrant

Claude-Henry Vilfrant s'est installé à Toronto en août dernier.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Corine Bonheur voudrait aussi que les Haïtiens soient davantage formés à la préparation aux catastrophes naturelles.

S’il y a encore un tremblement de terre demain en Haïti, ça va être encore une autre catastrophe parce qu’on n’est pas formés pour ça.

Corine Bonheur

Claude-Henry Vilfrant abonde dans le même sens. Selon lui, Haïti doit tirer des leçons du séisme et non seulement former la population, mais aussi construire des bâtiments capables de résister à un tremblement de terre. Nous en tant qu’Haïtiens, en tant que pays, on doit utiliser cette date pour commencer autre chose pour fonder de nouvelles bases. Malheureusement après 10 ans, je ne peux pas dire que cette base ait été fondée, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire, dit-il.

Jean Erick Eugène dit espérer que son pays d'origine puisse reprendre vie au cours des prochaines années. Mais pour qu'Haïti reprenne vie, il faut qu’Haïti se dépouille de toutes ses mauvaises tendances parce que mon pays à moi est un bon pays et je pense que quand cela se fera ainsi, Haïti sera de nouveau la perle des Antilles, conclut-il.

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Toronto

Incidents et catastrophes naturelles