•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Écrasement en Iran : le milieu universitaire canadien en deuil

Des portrait des hommes avec des chandelles, des fleurs et des denrées sont installés sur une table avec une nappe blanche.

Le mémorial installé pour honorer la mémoire de Iman Aghabali et de Mehdi Eshaghian.

Photo : Radio-Canada / CBC News/Bobby Hristova

Plusieurs étudiants internationaux figuraient sur la liste des 176 victimes de l'écrasement d'un Boeing 737 d'Ukraine International Airlines près de Téhéran, en Iran mardi. Partout au pays, de nombreuses facultés et chaires de recherche pleurent maintenant leurs étudiants et leur importante contribution au milieu académique.

En Ontario, au moins une dizaine d’étudiants ont perdu la vie dans l’écrasement.

À l'Université McMaster de Hamilton

Jeudi, au Centre de ressource automobile de l’Université McMaster à Hamilton, en Ontario, il était possible de ressentir une profonde tristesse par le silence qui régnait dans les couloirs du bâtiment dédié à la recherche sur l’industrie automobile.

Au premier étage, un petit mémorial a été créé en l’honneur d'Iman Aghabali et de Mehdi Eshaghian, deux étudiants iraniens qui étaient à bord de l’avion qui s’est écrasé en début de semaine.

Leurs portraits trônent entre des livres de condoléances destinés à leurs familles et des produits typiques de l’Iran, comme des dattes, des figues et des clémentines.

Plan rapproché de deux portraits des jeunes hommes avec une chandelle et des dattes.

Des étudiants ont laissé des dattes au mémorial des deux étudiants de l'Université McMaster.

Photo : Radio-Canada / CBC News/Bobby Hristova

Ces étudiants travaillaient au sein d’un groupe qui est un chef de file mondial dans l’électrification d’automobiles, explique le doyen de la Faculté d’ingénierie de l’Université McMaster, Ishwar Puri.

Il les décrit comme des esprits brillants, qui auraient trouvé des solutions à certains enjeux de notre ère, comme les changements climatiques. 

Vous pouvez imaginer à quel point leur travail était important, ils étaient à l’avant-plan de l’électrification des véhicules. Tesla vaut plus que Ford et GM ensemble!, s'exclame M. Puri. 

À la Faculté d’ingénierie, il y a 140 étudiants qui sont nés en Iran. Les Iraniens représentent aussi la deuxième plus grande population d’étudiants étrangers sur le campus. Une situation qui n’est pas unique à l’Université McMaster.

C’est une grande perte pour toutes les universités canadiennes.

Ishwar Puri, doyen de la Faculté d'ingénierie de l'Université McMaster
Un homme parle à la caméra.

Le doyen de la Faculté d'ingénierie de l'Université McMaster, Ishwar Puri.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

À l'Université de Windsor

À l’Université de Windsor, on pleure trois étudiants au doctorat et une employée de laboratoire. 

Les anciens collègues de Padram Jadidi, qui étudiait au doctorat en ingénierie civile, n’ont que des éloges pour celui qui était vétérinaire dans son pays d’origine.

J’ai entendu parler sa professeure avec qui il travaillait directement et elle disait que c’était un élève brillant. Il avait déjà montré des signes précoces de capacités un peu supérieures à la normale qu’on voit ici, raconte Faouzi Ghrib, professeur à la Faculté d’ingénierie de l’université.

Shaohong Cheng, la professeure en génie civil qui supervisait la thèse de Padram Jadidi, soutient que ce dernier participait à d’importantes recherches liées à l’intelligence artificielle. On tente d’aller dans cette direction et sa contribution restera très importante, résume-t-elle.

Façade de l'édifice d'accueil de l'Université de Windsor.

Parmi les victimes de l'écrasement du vol PS-752 près de Téhéran figuraient quelques étudiants de l'Université de Windsor.

Photo :  CBC / Jonathan Pinto

À l'Université de Guelph

Ghanimat Azdahri, une représentante de la communauté iranienne Qashqai et étudiante au doctorat à l'Université de Guelph, a également perdu la vie dans la catastrophe.

La jeune porte-étendard de la tribu nomade dont elle était issue cartographiait les territoires autochtones en Iran.

Elle était dévouée à une mission qui était la reconnaissance des territoires conservés par les peuples autochtones et les communautés locales, précise Emma Courtine, une collègue au sein du Consortium APAC, un organe de recherche international sur les territoires autochtones.

Une femme sourit devant des drapeaux de pays.

Ghanimat Azhdari était une étudiante étrangère à l'Université de Guelph, en Ontario.

Photo : Consortium APAC

La crème de la crème

Selon Me Joël Étienne, un avocat torontois spécialisé en immigration, les étudiants iraniens représentent des candidats idéaux pour plusieurs universités canadiennes.

C’est vraiment la crème de la crème de la société iranienne, affirme-t-il.

Ce n’est pas facile de se qualifier pour venir étudier au Canada, en raison des tensions entre l’Iran et le Canada.

Me Joël Étienne

L’avocat explique qu’en raison de la faible valeur du Rial, la monnaie iranienne, les candidats doivent vraiment être les meilleurs pour avoir l'occasion d'étudier à l’étranger.

Ce sont de grands esprits qui auraient été de grands chercheurs et de grands leaders. [...] C’est une grande perte pour la communauté iranienne, mais aussi pour toute la société canadienne, affirme Me Étienne.

Plusieurs rassemblements sont organisés sur plusieurs campus universitaires canadiens à la mémoire des victimes de l’écrasement de l’avion.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !