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Écrasement du vol PS752 : l'Iran dévoilera de l'information samedi

L'agence semi-officielle Fars indique que la République islamique dévoilera la cause de l'écrasement.

Une main tient un cylindre identifié comme un enregistreur de vol, près d'une boîte.

Cette image diffusée en Iran montrerait l'enregistreur de vol d'une des deux boîtes noires du vol PS752 de la compagnie Ukraine Airlines International (UAI).

Photo : Reuters / IRIB via WANA

Radio-Canada

La République islamique d'Iran affirme qu'elle dévoilera samedi la cause de l'écrasement du vol PS752 d'Ukraine International Airlines, annonce l'agence semi-officielle Fars, citant une source informée.

Plus tôt, les Iraniens avaient indiqué qu'ils entendaient procéder seuls à l'extraction des données des boîtes noires de l'appareil qui s'est écrasé mercredi près de Téhéran.

C'est ce qu'ont indiqué tour à tour vendredi le chef de l'équipe iranienne qui enquête sur la tragédie, Hassan Rezaeifar, et le président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO), Ali Abedzadeh.

Les enquêteurs iraniens ne feront appel à des experts étrangers pour extraire les données des boîtes noires que si nous ne pouvons pas récupérer les données, a dit M. Rezaeifar, selon des propos rapportés par Associated Press.

Il a estimé qu'il faudrait plus d'un mois pour extraire les données de ces boîtes, qui contiennent l’enregistrement audio de la cabine de pilotage et toutes les données de vol. L'enquête complète durera plus d'un an, a-t-il ajouté.

Dans une conférence de presse subséquente, M. Ali Abedzadeh a également évoqué l'idée que les Iraniens entendent procéder seuls, sans exclure une aide internationale en cas de difficulté.

Nous préférons télécharger [les données des] boîtes noires en Iran. Mais si nous voyons que nous ne pouvons pas le faire parce qu'elles sont endommagées, nous demanderons de l'aide.

Ali Abedzadeh, président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne

Pourtant, selon les experts, seuls quelques pays, dont les États-Unis, l'Allemagne et la France, ont les capacités techniques d'analyser les boîtes noires.

La diplomatie ukrainienne a cependant fait savoir par la suite que ses experts dépêchés en Iran pour enquêter sur l'écrasement ont eu accès à ces boîtes noires.

Notre équipe a maintenant obtenu l'accès aux boîtes noires; nous prévoyons commencer prochainement la reconstruction de conversations qui y sont enregistrées, a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Vadym Prystaïko, en conférence de presse.

Un bout d'aile d'un avion repose sur le sol.

Des équipes de secours sur le site de l'écrasement du Boeing d'Ukraine Airlines.

Photo : Getty Images / AKBAR TAVAKOLI

Le vol PS752 de la compagnie Ukraine Airlines International (UAI) s'est écrasé deux minutes après avoir décollé de l'aéroport de Téhéran en direction de Kiev.

La catastrophe, qui a fait 176 morts, dont 63 Irano-Canadiens, est survenue peu après des tirs de missiles par Téhéran sur des bases de l'armée américaine en Irak.

Ottawa, Washington et Londres ont tous dit croire, sur la base de renseignements non divulgués publiquement, que l'avion a possiblement été abattu par erreur par un missile sol-air iranien.

Cette thèse est appuyée par une vidéo que plusieurs médias, dont le New York Times et l'Associated Press, disent avoir authentifiée.

On peut y voir un objet lumineux grimpant rapidement vers le ciel et frappant ce qui semble être un avion, qui s'écrase ensuite au sol, créant une immense boule de feu.

L'Iran exclut de nouveau la thèse du missile

Le président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO) continue cependant catégoriquement de nier cette thèse, comme il l'avait fait une première fois jeudi.

M. Abedzadeh en conférence de presse

Ali Abedzadeh, président de l’Organisation de l’aviation civile iranienne, a assuré qu'aucun missile n'était en cause.

Photo : Radio-Canada

Une chose est sûre, cet avion n'a pas été touché par un missile, a assuré M. Abedzadeh lors de sa conférence de presse à Téhéran.

S'ils sont certains [de ce qu'ils avancent], ils devraient venir nous voir et montrer leurs conclusions au monde, a-t-il ajouté.

Nous avons vu certaines vidéos. Nous confirmons que l'avion a été en feu pendant 60 à 70 secondes, [mais dire] qu'il a été touché par quelque chose ne peut pas être correct sur le plan scientifique.

Ali Abedzadeh, président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne

Les informations (contenues) dans les boîtes noires (de l'appareil) sont absolument cruciales pour l'enquête, et toute déclaration avant que leurs données soient extraites n'est pas un avis d'expert, a encore dit M. Adebzadeh.

Mettant en garde contre toute conclusion hâtive, M. Abedzadeh a par ailleurs insisté devant la presse sur le fait que des débris de l'avion ont été collectés sur une surface très limitée, ce qui ne plaide pas, selon lui, en faveur d'une explosion.

Il a aussi appelé à ne pas spéculer sur le fait que le pilote n'a pas appelé la tour de contrôle pour signaler un problème : celui-ci, a-t-il dit, ne devait avoir qu'une chose en tête : sauver l'avion.

Washington offre son aide aux Ukrainiens

La thèse d'un missile frappant l'avion n'est pas exclue, mais elle n'est pas confirmée non plus, a pour sa part affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur sa page Facebook, en début de journée.

Il y demande à tous les partenaires internationaux, dont les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni, de partager les données et les preuves qu'ils disent détenir au sujet de la tragédie.

Le bureau de M. Zelensky a plus tard fait savoir qu'il a fait le point sur l'enquête avec le secrétaire d'État américain Mike Pompeo lors d'un appel téléphonique. Ce dernier a fait savoir qu'il avait offert toute l'assistance nécessaire de la part des États-Unis.

Je suis reconnaissant des condoléances du peuple américain et du précieux soutien des Américains dans l'enquête sur les causes de l'écrasement.

Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine, sur Twitter, après l'appel

Son ministre des Affaires étrangères, Vadym Prystaiko, a pour sa part indiqué sur Twitter que le président et lui ont rencontré des diplomates américains vendredi et qu'ils ont obtenu des données importantes, mais sans donner plus de détails.

Plus tard en matinée, M. Pompeo a déclaré que les États-Unis jugent probable que l'avion ait été abattu par un missile iranien, avant d'ajouter qu'ils veulent laisser l'enquête se dérouler avant de tirer toute conclusion définitive.

Quand nous aurons les résultats de cette enquête, je suis sûr que nous prendrons, avec le reste du monde, des mesures appropriées, a-t-il poursuivi. Il a dit s'être entretenu à ce sujet avec le chef de la diplomatie canadienne, François-Philippe Champagne.

La thèse selon laquelle l'avion pourrait avoir été abattu par erreur – possiblement par un missile sol-air TOR de fabrication russe – a été mal reçue à Moscou.

Cette théorie est inacceptable, a commenté le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Ryabkov, qui juge indécent que des pays tentent de marquer des points politiques avec cette terrible tragédie.

Le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, Jens Stoltenberg, a plutôt soutenu n'avoir aucun doute quant à la crédibilité de ces informations.

Je n'entrerai pas dans les détails sur nos renseignements, mais ce que je peux dire, c'est que nous n'avons aucune raison de ne pas croire les informations que nous avons vues de différentes capitales alliées de l'OTAN, a-t-il déclaré à Bruxelles.

Des gens se tiennent autour d'une table remplie de petites chandelles allumées.

Vigile aux chandelles à Montréal en hommage aux victimes de l’écrasement d’avion en Iran.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une enquête qui n'est pas près d'aboutir

Le Bureau canadien de la sécurité des transports (BST) a annoncé jeudi soir qu'il a accepté une invitation de l'autorité de l'aviation civile iranienne à se joindre à l'enquête.

La délégation canadienne comprend 10 personnes, selon des propos attribués au porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Mousavi, cité par l'agence iranienne officielle IRNA.

Dans un message sur Twitter, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, n'a cependant confirmé l'obtention que de deux visas pour la délégation du BST. Il a ajouté qu'il espérait l'approbation prochaine d'autres visas.

Nous avons invité les Américains, les Canadiens, les Français, les Ukrainiens, et les Suédois à être présents et à voir comment nous fonctionnons. Nous sommes honnêtes dans notre procédure.

Ali Abedzadeh, président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne

Une cinquantaine d'experts ukrainiens sont déjà arrivés jeudi à Téhéran pour se joindre à l'enquête iranienne.

M. Mousavi a aussi réitéré que Téhéran a invité Boeing, le constructeur américain de l'avion, à participer à l'enquête. La République islamique avait initialement refusé sa collaboration.

L'agence américaine chargée de la sécurité des transports (NTSB) a aussi été invitée. Elle a répondu qu'elle allait évaluer son niveau de participation.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a fait savoir vendredi qu'il fournira une dérogation à tout Américain qui doit se rendre en Iran pour l'enquête. Cela est indispensable en vertu des sanctions américaines actuellement en vigueur.

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français a aussi indiqué avoir été officiellement notifié de l'événement par l'Iran et désigné un représentant accrédité pour participer à l'enquête.

Paris peut participer à l'enquête en tant que pays du constructeur des moteurs de l'avion, le groupe CFM International, coentreprise entre le français Safran et l'américain General Electric.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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