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Québec prêt à abolir le cours d'Éthique et culture religieuse

Les explications de Jean-Sébastien Cloutier.

Photo : Getty Images / Martine Doucet

Alex Boissonneault
Mis à jour le 

Le gouvernement Legault a donné vendredi le coup d’envoi des consultations pour une révision « en profondeur » du programme d'Éthique et culture religieuse (ECR).

S’il se garde de présumer du résultat des consultations, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est déjà d’avis que le cours actuel doit être remplacé par un autre complètement différent, portant un nom différent.

On peut dire qu'on abolit le cours ECR pour le remplacer par un nouveau cours qui va préparer les jeunes à exercer leur rôle de citoyens, estime-t-il.

Le gouvernement Legault s’était engagé au printemps dernier à réformer le programme d’Éthique et culture religieuse d’ici la fin de son mandat.

Moins de religion, plus de citoyenneté

Alors qu’une dizaine de thèmes ont été retenus pour la consultation, celui de la religion brille par son absence.

Ainsi, les thèmes de la participation citoyenne, de la démocratie, de l’éducation juridique, de l’écocitoyenneté, de l’éducation à la sexualité, du développement de soi et des relations interpersonnelles, de l’éthique et de la citoyenneté numérique devraient être abordés.

La culture religieuse fera quant à elle partie d’un autre thème, plus vaste, appelé « culture des sociétés ».

L’objectif est de faire plus de place aux thèmes importants pour le 21e siècle. […] Forcément, en faisant de la place pour ces nouvelles notions, il y aura moins de place pour la notion de culture religieuse, explique le ministre Roberge.

Un programme controversé

Offert aux élèves des écoles primaires et secondaires depuis 2008, le cours a essuyé de nombreuses critiques en marge du débat sur les accommodements religieux.

Accusé tour à tour de faire la part belle aux différentes religions, d'encourager le relativisme culturel ou de promouvoir le multiculturalisme, le programme a été contesté jusque devant les tribunaux.

Le Parti québécois a demandé son abolition pure et simple, ce que la Coalition avenir Québec prônait elle-même en 2012.

Les consultations

Le processus de révision a commencé jeudi par une consultation en ligne (Nouvelle fenêtre). Les citoyens ont jusqu’au 21 février pour exprimer leur opinion.

Trois forums, auxquels participeront des experts et des intervenants du milieu de l’éducation, se tiendront ensuite à Trois-Rivières, à Québec et à Montréal les 7, 14 et 21 février.

Un rapport de synthèse des consultations, qui servira à l’ébauche du nouveau cours, sera soumis au ministre de l’Éducation avant la fin du printemps.

Néanmoins, les partis politiques sont critiques envers le processus de consultation.

Marwah Rizqy, porte-parole du Parti libéral du Québec en matière d’éducation et d’enseignement supérieur, estime que le gouvernement agit avec précipitation. Je trouve désolant que le ministre ne prenne pas le temps de consulter les enseignants lorsqu’il est question de valoriser la profession d’enseignant , a-t-elle déclaré.

Du côté du Parti québécois, on croit que l’enseignement de la religion n’a pas sa place à l’école

Pour les enfants, pour leur enseignement, ce qui est souhaité, c’est l’éducation à la citoyenneté, de l’histoire. Quant à l’enseignement des religions, ça n’a pas sa place à l’école, selon nous , a soutenu Pascal Bérubé, chef par intérim du Parti québécois.

Québec solidaire, qui se dit en faveur d’une modernisation du cours, déplore que la consultation ne dure que quelques semaines. C’est certain qu’on est en faveur d’une modernisation du cours d’Éthique et de culture religieuse, mais je trouve quand même qu’il y a une précipitation ici qui ne me semble pas justifiée, a réagi Christine Labrie, députée solidaire et porte-parole du parti en matière d’éducation.

On lance une consultation qui va durer quelques semaines seulement à un moment où les enseignants sont en pleine fin d’étape, a-t-elle ajouté.

Le gouvernement espère que le nouveau programme pourra être mis à l’essai en septembre 2021 et offert à tous les élèves à la rentrée suivante.

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