•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Montréal lance ses consultations pour atteindre l'objectif zéro déchet

Plusieurs intervenants réclament l'élimination du gaspillage alimentaire pour réduire la quantité de déchets.

Des fruits et légumes invendus dans les ordures derrière un commerce.

La Ville de Montréal compte demander aux épiciers de composter tous les aliments qui ne peuvent être remis en dons, plutôt que de les jeter aux ordures.

Photo : getty images/istockphoto / futurewalk

Radio-Canada

Une quarantaine de groupes et de citoyens s'adresseront ce mois-ci aux élus pour exposer des pistes de solution et les défis à relever afin que la Ville de Montréal atteigne son objectif ambitieux d'éliminer entièrement la production de déchets au cours des dix prochaines années.

Des groupes sociaux, environnementaux et des associations représentant notamment les détaillants en alimentation, l'industrie des plastiques et de la gestion des déchets se feront entendre lors de six séances qui se tiendront devant la Commission sur l'eau, l'environnement, le développement durable et les grands parcs.

Cette commission doit implanter le Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2020-2025, la feuille de route de la Ville en matière de gestion des ordures.

Plusieurs enjeux comme l'emballage et le plastique à usage unique seront abordés. Le thème du gaspillage alimentaire va aussi retenir l'attention, puisque l'administration Plante souhaite l'éliminer.

On veut interdire le gaspillage alimentaire, assure l'élue Laurence Lavigne Lalonde, responsable de la transition écologique au comité exécutif.

Ce qu'on demande aux grandes chaînes, c'est de continuer de faire ce qu'elles font déjà pour la plupart, soit de donner les denrées alimentaires à des banques alimentaires et à des organismes qui peuvent les réutiliser, poursuit-elle.

Dans un premier temps, la Ville veut réduire les rejets d'aliments comestibles de 50 % d'ici 2025. Elle compte demander aux épiciers de composter tous les aliments qui ne peuvent être remis en dons, plutôt que de les jeter aux ordures. Un règlement municipal pourrait être adopté à ce sujet dès 2021.

Selon le chercheur Éric Ménard, qui a fait une présentation lors de la première journée de consultations, l'objectif de l'administration Plante est louable, mais difficile à quantifier. On n'a pas de diagnostic de départ. Chiffrer une réduction de 50 % n'est pas possible, explique-t-il.

Il félicite cependant d'administration Plante de s'attaquer à ce problème. C'est bien de sentir qu'il y a de la volonté politique d'agir, parce qu'on n'en avait pas vu ça jusqu'à maintenant, ni au provincial ni au fédéral.

L'expert a exposé aux élus les résultats de ses propres recherches sur le phénomène du gaspillage alimentaire. Sur une période d'un an dans un supermarché de Montréal, Éric Ménard a observé que 116 tonnes de nourriture ont été jetées, alors que 57 tonnes ont été données à un organisme.

Les deux tiers des aliments retirés des tablettes sont donc allés au compost ou aux ordures plutôt que dans l'assiette d'une personne affamée.

Un défi logistique

L'Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ), qui se fera entendre la semaine prochaine lors des consultations, se dit en faveur de l'élimination du gaspillage alimentaire, mais estime que certains défis logistiques pourraient poser problème.

Selon le PDG de l'ADAQ, Pierre-Alexandre Blouin, plusieurs détaillants collaborent déjà avec des organismes qui récoltent les produits invendus, mais ceux-ci manquent de ressources.

Si la Ville veut vraiment faire une différence, ce serait de mieux outiller les organismes qui font la collecte. Actuellement, les organismes travaillent à pleine capacité et ne sont pas capables de récupérer l'ensemble des denrées.

Pierre-Alexandre Blouin, PDG de l'Association des détaillants en alimentation du Québec

Les chaînes d'alimentation ne pourraient-elles pas se charger elles-mêmes de transporter leurs denrées invendues pour les remettre à des organismes? La difficulté, c'est qu'on ferait carrément cette activité-là à perte. Il n'y a pas de ventes, c'est le don d'un produit, fait valoir le patron de l'ADAQ.

Une autre consultation à venir

Si le gaspillage alimentaire est abordé dans le cadre de la consultation sur la politique de gestion des matières résiduelles, une autre consultation sera également organisée par la Ville uniquement sur cet enjeu.

C'est le résultat du dépôt d'une pétition signée par plus de 15 000 citoyens, ce qui mènera au déclenchement automatique d'une consultation populaire qui aura lieu ultérieurement.

L'une des instigatrices de la pétition, Atlantide Des Rochers, est la fondatrice du réseau d'entraide Partage et Solidarité, dont la mission est de collecter et de redistribuer des aliments encore comestibles récupérés chez des commerçants.

Il y a des gens qui ont faim à Montréal et ce que nous jetons est scandaleux. Il faut vraiment que ça cesse.

Atlantide Des Rochers, fondatrice de Partage et Solidarité

Atlantide Des Rochers demande à la Ville de mettre en place un cadre réglementaire qui interdira de jeter aux ordures des aliments encore comestibles. Il faut arrêter de jeter de la nourriture viable, c'est ce que nous allons nous efforcer d'obtenir.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Grand Montréal

Politique municipale