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Un grand-père et sa petite-fille se font arrêter au moment d'ouvrir un compte bancaire

Une succursale de la BMO à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Radio-Canada

Maxwell Johnson, membre de la Première Nation de Heiltsuk, pensait que son rendez-vous à la Banque de Montréal serait routinier. Or, le 20 décembre dernier, alors qu’il voulait ouvrir un compte pour sa petite-fille de 12 ans, il s’est plutôt fait menotter et embarquer dans une voiture du service de police de Vancouver (VPD).

Maxwell Johnson, client depuis 2014 à la Banque de Montréal (BMO), voulait ouvrir un compte pour sa petite-fille afin qu'il puisse lui transférer des fonds par voie électronique lorsqu'elle est sur la route lors de ses matchs de basketball.

Dans la succursale de la BMO du centre-ville de Vancouver, une employée a toutefois remis en question les pièces d'identité présentées par lui et sa petite-fille.

Elle a dit que les chiffres ne correspondaient pas à ce qu'elle avait sur son ordinateur, raconte M. Johnson depuis son domicile de Bella Bella, une communauté Heiltsuk située sur la côte centrale de la Colombie-Britannique.

Maxwell Johnson et sa petite-fille ont montré des cartes de statut d'Indien délivrées par le gouvernement, le certificat de naissance de M. Johnson et sa carte médicale. Selon M. Johnson, l'employée est devenue soupçonneuse et est montée à l'étage avec les cartes.

Maxwell Johnson croit que l’employée s'est peut-être montrée méfiante en raison de la somme de 30 000 $ dans son compte. Il s’agit d’un montant qu'il avait, avec d’autres membres de sa Première Nation, obtenu en décembre du gouvernement fédéral à la suite d’un règlement.

Quand l’employée leur a demandé, à lui et à sa petite-fille, de monter à l’étage, des agents de police les attendaient.

Ils sont venus vers nous, nous ont passé les menottes, nous ont dit que nous étions en état d’arrestation et nous ont lu nos droits, raconte Maxwell Johnson.

Ma petite-fille était terrifiée.

Maxwell Johnson

À son avis, il s’agit de profilage racial.

Aucune activité criminelle

Le Service de police de Vancouver corrobore la version des faits de Maxwell Johnson. Un porte-parole du VPD explique qu’une employée de la banque croyait que l'homme et sa petite-fille commettaient une fraude possible.

Nous avons déterminé qu’il n’y avait aucune activité criminelle ni aucune transaction frauduleuse, déclare le porte-parole.

M. Johnson et sa petite-fille ont été libérés dans l’heure et les policiers leur auraient présenté des excuses.

La Banque de Montréal n’a pas répondu aux questions de Radio-Canada, mais affirme dans un communiqué que le fait d'appeler la police était une erreur.

Bien qu'il y ait eu des circonstances atténuantes, elles n'excusent pas la manière dont nous avons géré la situation, explique la Banque dans son communiqué. Nous regrettons profondément que cela se soit produit et nous nous sommes excusés auprès de notre client.

Un représentant de la banque a déclaré que les circonstances atténuantes correspondait au fait de ne pas avoir une pièce d'identité appropriée. Il a ajouté que les actions de l'employée ont été prises en compte afin de tirer des leçons de cet incident.

Maxwell Johnson veut désormais discuter avec un avocat pour déposer une plainte au Tribunal des droits de la personne.

Je veux aller en cour pas seulement pour moi, mais pour tous les Autochtones qui ont subi de la discrimination de la part d’une banque ou d’une grande chaîne, dit-il.

« Faux pas »

Carly Teillet, avocate de l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique, qualifie l'incident de faux pas de la part de la banque et de la police.

Elle souhaite que cet incident provoque un changement.

C'est tout simplement inimaginable qu'une fillette de 12 ans qui ouvre un compte bancaire soit menottée et escortée hors d'un immeuble, souligne-t-elle.

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