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Les caléchiers continuent de contester leur mise au ban à Montréal

Malgré un premier revers judiciaire, les caléchiers montréalais ont décidé de poursuivre leurs démarches pour contester l’interdiction décrétée par l’administration Plante dans le cadre de son règlement animalier.

Une calèche devant l'hôtel de ville de Montréal.

Les calèches sont désormais interdites à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Romain Schué

« On ne va pas laisser tomber. On va continuer de se battre », clame Luc Desparois, le plus connu des propriétaires de chevaux du Vieux-Montréal.

Depuis le 31 décembre dernier, les calèches sont désormais interdites dans la métropole. Courant décembre, plusieurs propriétaires de chevaux se sont regroupés pour dénoncer cette décision, mais la Cour supérieure a refusé de suspendre en urgence le règlement municipal mis en place par l’administration de Valérie Plante en 2018.

Si cette injonction avait été accordée, les caléchiers auraient pu, provisoirement, continuer leurs activités.

Le juge Pinsonnault, qui affirme dans son jugement avoir de la sympathie pour le sort réservé aux caléchiers et cochers, a notamment reproché aux plaignants d’avoir pris trop de temps avant de saisir la justice. Il s’agit, a-t-il dit, d’une lacune majeure, puisque la Ville de Montréal avait averti les intéressés à de nombreuses reprises au cours des derniers mois.

Pour autant, les caléchiers ne comptent pas s’arrêter là et entendent bien retourner devant les tribunaux pour contester, une nouvelle fois, la décision de l’équipe de la mairesse Valérie Plante.

Je tiens à mon commerce et je veux défendre le patrimoine de Montréal. Les chevaux ont leur place à Montréal.

Luc Desparois, propriétaire de l’écurie Lucky Luc

L’administration Plante confiante

Une nouvelle audience a eu lieu le 7 janvier et un prochain rendez-vous, devant la Cour supérieure, est prévu fin février. La justice sera cette fois-ci appelée à statuer sur le fond de cette affaire.

Le juge n’a jamais tranché sur le règlement, assure l’avocat des caléchiers, Audi Gozlan, qui espère un nouveau jugement d’ici le printemps.

À ses yeux, la Ville de Montréal ne peut pas interdire un tel métier sur son territoire. Ça pourrait faire jurisprudence, craint-il. Si ça arrive aux calèches, ça peut arriver à n’importe quel métier.

La Ville ne peut pas décider des métiers possibles à Montréal. Cocher, c’est un travail légal, ce n’est pas du vol. La Ville ne peut pas prohiber un tel travail, elle n’a pas le droit.

Audi Gozlan, avocat des caléchiers

Du côté de la Ville de Montréal, on demeure optimiste. On a toujours confiance en notre règlement, indique Geneviève Jutras, porte-parole de la mairesse Plante.

En attendant la suite de ce processus judiciaire, les calèches sont désormais illégales et des amendes sont prévues pour les contrevenants.

Un seul cheval cédé

Face à cette incertitude judiciaire et en raison de leur volonté, farouche, de continuer à combattre ce règlement municipal, les caléchiers ne comptent d’ailleurs pas se départir de leurs bêtes.

Joint par téléphone, Luc Desparois était en route vers Ottawa, où les activités commerciales avec des chevaux sont toujours autorisées. Je vais continuer de travailler, mais ailleurs. À Ottawa ou à Québec. J’ai de très bons chevaux et des cochers qui ont de l’expérience, affirme-t-il.

En mai, la Ville de Montréal, en collaboration avec la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) a pourtant lancé un programme de prise en charge des chevaux de calèche. En échange de la cession de leurs chevaux, les propriétaires peuvent recevoir une compensation de 1000 $.

Mais à ce jour, un seul cheval a bénéficié de ce programme, qui a pour objectif d’offrir une retraite paisible aux chevaux qui ont travaillé dans la métropole. Une situation qui déçoit la SPCA de Montréal, qui dénombre une cinquantaine de chevaux ayant œuvré dans ce domaine.

On comprend que les cochers voulaient garder leurs chevaux jusqu’à la dernière minute. Dans un monde idéal, on aimerait tous les prendre en charge, explique Sophie Gaillard, avocate de l’organisme.

On reste optimiste. On espère que les propriétaires prendront la bonne décision. Ce sont des gens qui aiment leurs chevaux et ils méritent de prendre une belle retraite.

Sophie Gaillard, avocate de la SPCA de Montréal

Cette proposition semble cependant vivement rejetée par la plupart des caléchiers. Recevoir 1000 $, c’est complètement ridicule. C’est à peine le prix qu’on pourrait avoir si on donne notre cheval à l’abattoir. Le message qu’on envoie, c’est que notre cheval vaut tout juste le prix d’une viande, déplore Josée Lapointe, présidente de l’Association pour la protection du patrimoine équin en milieu urbain.

Moi, je n’ai pas l’intention de donner mes chevaux et je ne vais surtout pas m’en départir pour des peanuts, ajoute-t-elle.

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