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D'Haïti à Rimouski : quand un séisme change le parcours d'une vie

Daniel Bénéteau et Marie-Ange Faro

Daniel Bénéteau et Marie-Ange Faro se sont rencontrés à la suite du séisme qui a secoué Haïti en 2010. Depuis, ils continuent de tisser des liens entre Rimouski et la communauté haïtienne.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

12 janvier 2010. En Haïti, la terre tremble. Marie-Ange Faro quitte de justesse Port-au-Prince. À des centaines de kilomètres de là, un autre séisme se produit, cette fois dans la tête et le cœur du Rimouskois Daniel Bénéteau. La tragédie qui a fait 230 000 morts allait provoquer leur rencontre... et changer leurs destinées.

Cette journée-là, quelques heures avant le séisme, Marie-Ange Faro avait décidé d'aller visiter sa mère dans son village natal, à un peu plus de deux heures de Port-au-Prince.

Marie-Ange Faro

La vie de Marie-Ange Faro a changé du tout au tout depuis le tremblement de terre survenu en Haïti il y a 10 ans.

Photo : Radio-Canada / Vincent Laffond

Je voulais vraiment y aller cette journée-là, je ne sais pas pourquoi, j'ai dit à mon frère : il faut vraiment que j'aille voir ma mère aujourd'hui. Lui, il insistait pour que je reste. J'y suis allée quand même. [...] Lorsque j'ai appelé mon frère pour lui dire que j'étais arrivée, je n'arrivais pas à le rejoindre. C'est à ce moment-là que j'ai entendu que Port-au-Prince était dévastée, se rappelle-t-elle.

Une femme et son enfant assis dans les ruines.

Les ruines de Port-au-Prince après le séisme qui a secoué Haïti le 12 janvier 2010. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Marie-Ange Faro retourne ensuite à Port-au-Prince pour aider une sœur ursuline, qui plus est rimouskoise, à prendre soin des blessés. Si son frère est sain et sauf, la plupart n'ont pas eu sa chance. La capitale est détruite.

Les maisons étaient fissurées, tout le monde avait peur d'entrer dans une maison alors on dormait dans des tentes.

Marie-Ange Faro

Ça m'avait fait mal au cœur de voir tous ces gens-là en difficulté, mais en même temps, je me suis sentie bénie, dit-elle.

Pendant ce temps, à Rimouski...

Daniel Bénéteau, pour sa part, apprend ce qui s'est passé en regardant avec désolation les images des ravages causés par le séisme.

J'étais sous le choc. Ma première réaction, ç'a été de me dire : "il faut faire quelque chose”.

Daniel Bénéteau

Alors vice-recteur aux Ressources humaines à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), il propose donc à ses collègues d'accueillir des étudiants haïtiens. L'automne suivant, après de multiples démarches, son projet se concrétise. Dix Haïtiens débarquent à l'UQAR.

Marie-Ange Faro se rajoutera au groupe un peu plus tard. Elle étudiera pour sa part au Cégep de Rimouski, en sciences humaines.

Marie-Ange Faro (2e à partir de la gauche) en compagnie d'autres Haïtiens venus étudier à l'UQAR.

Marie-Ange Faro (2e à partir de la droite) en compagnie d'autres Haïtiens venus étudier à l'UQAR.

Photo : Courtoisie Daniel Bénéteau

Daniel m'a écrit un message, une lettre, pour me dire que j'avais été acceptée au Cégep et que j'allais pouvoir venir habiter avec lui, raconte-t-elle avec émotion. Cette lettre, il faudrait que je la fasse encadrer!, dit-elle.

[À l'aéroport de Montréal], il y avait un long corridor et là, je vois un petit bout de femme qui arrive avec une énorme valise, toute seule. C'était Marie-Ange. Ç'a été une rencontre très émotive, que je n'oublierai jamais.

Daniel Bénéteau
Marie-Ange Faro lors de sa graduation en compagnie de Daniel Bénéteau

Marie-Ange Faro lors de sa graduation en compagnie de Daniel Bénéteau

Photo : Courtoisie Daniel Bénéteau

Entre Rimouski et Haïti

Depuis, Marie-Ange Faro habite à Rimouski. Elle poursuit actuellement une maîtrise en éducation à l'UQAR et retourne régulièrement en Haïti, avec celui qu'elle appelle son père adoptif.

Ensemble, ils mettent sur pied divers projets afin d'améliorer l'accès aux soins de santé, à l'éducation et à l'eau potable en Haïti.

Les collaborations se multiplient entre Haïti et Rimouski

Les collaborations se multiplient entre Haïti et Rimouski.

Photo : Daniel Bénéteau

Cette aide, selon eux, est primordiale, notamment en raison du contexte sociopolitique actuel, qui a entre autres forcé la fermeture des écoles pendant plusieurs mois cet automne. Malgré l'aide internationale, le pays tarde à se reconstruire.

La reconstruction, ça va lentement, mais en tout cas, je ne sais pas si c'est sûrement, déplore Marie-Ange Faro.

Daniel Bénéteau

Daniel Bénéteau

Photo : Radio-Canada / Vincent Laffond

Daniel Bénéteau, quant à lui, considère que la situation, qui était déjà catastrophique en 2010, a continué à se détériorer.

C'est une population qui est abandonnée. Il y a 25 % des enfants qui ne vont pas à l'école, les gens n'ont pas accès à des soins de santé, l'eau n'est pas disponible dans la majorité du pays et il y a 70 % de la population qui n'a pas accès à l'électricité.

Daniel Bénéteau

Malgré tous ces manques, Daniel Bénéteau ajoute que le peuple haïtien, par sa résilience, a beaucoup à apprendre à notre humanité. Marie-Ange Faro, elle, voit l'avenir d'un bon œil.

Haïti, ce n'est pas que le tremblement de terre qui s'est passé. On a tellement de belles choses à voir, d'histoires à raconter... moi, j'ai l'espoir que ça va changer, dit-elle.

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