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Écrasement en Iran : Téhéran invite les pays concernés à participer à l’enquête

Débris de l'avion.

Débris de l'avion ukrainien près de Téhéran.

Photo : Reuters / Wana News Agency

Radio-Canada

Le gouvernement iranien a indiqué dans un communiqué que Téhéran invitait tous les pays dont des nationaux sont morts dans l’écrasement mercredi en Iran d'un avion ukrainien à « participer au processus d’enquête », selon l’agence iranienne IRNA.

Il a invité également le constructeur Boeing à examiner la boîte noire de l’appareil. Le gouvernement a affirmé que les représentants ukrainiens étaient déjà en Iran.

L'ensemble des pays dont des ressortissants se trouvaient à bord de l'avion peuvent envoyer des représentants et nous incitons Boeing à envoyer un représentant pour prendre part au processus d'enquête de la boîte noire, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Ali Rabiei, dans un communiqué.

Dans la soirée, l'agence américaine en charge de la sécurité des transports, la NTSB, a annoncé avoir reçu une notification des autorités aériennes civiles de l'Iran pour enquêter sur les causes de l’écrasement du Boeing ukrainien.

La NTSB continue de suivre la situation autour de l'écrasement et d'évaluer son niveau de participation à l'enquête. Comme pour toute enquête dans laquelle la NTSB est impliquée, l'agence ne fera pas de spéculation sur les causes de l'écrasement, a indiqué l'agence dans un communiqué.

Le ministre canadien des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne, a confirmé avoir eu une conversation téléphonique mercredi soir avec son homologue iranien Javad Zarif pour que le Canada puisse participer à l'enquête sur le Boeing ukrainien.

La réponse a été ouverte, encourageante, a assuré M. Champagne.

L'Iran a montré une ouverture à une implication canadienne dans l'enquête depuis le début, a pour sa part commenté le premier ministre Justin M. Trudeau.

Jusqu'à quel point et de quelle manière cela se fera doit encore être précisé, mais il y a là une ouverture, alors que le Canada a rompu les relations diplomatiques avec l'Iran en 2012.

M. Trudeau a estimé que la France, dont la société Safran fabrique les moteurs du Boeing 737 en partenariat avec l'Américain General Electric, devrait être associée étroitement à cette enquête.

Cette évolution de l'attitude iranienne est survenue après que le Canada eut évoqué l'hypothèse selon laquelle l'avion ukrainien a été abattu par un tir de missile iranien.

Le premier ministre britannique Boris Johnson a affirmé à son tour jeudi soir qu'il existait un ensemble d'informations selon lesquelles le Boeing 737 ukrainien a été abattu par un missile sol-air iranien.

De son côté, le président américain Donald Trump a dit ne pas croire qu'un problème mécanique soit à l'origine de l'écrasement du vol PS752 de la compagnie Ukraine International Airlines (UIA), mercredi, près de Téhéran.

J'ai des doutes, a dit le président Donald Trump lorsqu'il a été interrogé par des journalistes en point de presse. J'ai le sentiment que quelque chose de terrible s'est passé.

Quelqu'un, dans l'autre camp, pourrait avoir commis une erreur, a-t-il ajouté.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Le soulier d'un enfant sur le site de l'écrasement du Boeing 737.

L'Iran rejette l'hypothèse du tir de missile

Le responsable de l'aviation civile iranienne a balayé l'hypothèse, confirmée par des sources internationales, d'un tir de missile qui aurait abattu par accident le Boeing 737-800 d'Ukraine International Airlines, la jugeant impossible.

Scientifiquement, il est impossible qu'un missile ait touché l'avion ukrainien, a déclaré Ali Abedzadeh, cité par l'agence de presse semi-officielle Isna, parlant également de rumeurs illogiques.

Plus tard dans la journée, l'Iran a parlé de mises en scène douteuses après la publication d'informations sur un possible tir de missile iranien contre l'avion ukrainien.

Un communiqué du gouvernement a fustigé Washington, lui recommandant de se pencher sur les résultats de la commission d’enquête au lieu de mentir et de fabriquer des opérations psychologiques.

Plus tôt, une source proche des services de sécurité canadiens avait dit à l'agence Reuters que des éléments laissaient penser à une surchauffe de l'un des moteurs.

La première évaluation des services de renseignement occidentaux a été que l'appareil a subi un dysfonctionnement technique et n'a pas été abattu par un missile, ont dit cinq sources sécuritaires (trois américaines, une européenne et une canadienne) à Reuters.

L'Ukraine demande des preuves

Par ailleurs, le gouvernement iranien a assuré que le président Hassan Rohani a donné des ordres pour que les résultats des examens techniques soient immédiatement et régulièrement disponibles au public et aux familles endeuillées, selon l’agence IRNA.

De son côté, l’Ukraine a demandé jeudi à l'Occident de fournir des preuves qui aideraient dans l'enquête.

Notre pays a tout intérêt à ce que la vérité soit établie. Voilà pourquoi nous appelons les partenaires occidentaux de l'Ukraine : si vous avez des preuves qui aideront l'enquête, nous vous demandons de les fournir, a déclaré la présidence ukrainienne dans un communiqué.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a annoncé qu'il comptait s'entretenir par téléphone avec son homologue iranien Hassan Rohani afin de renforcer la coopération entre Kiev et Téhéran dans l'enquête.

Les premiers éléments d'enquête ont été transmis à l'Ukraine ainsi qu'aux États-Unis, à la Suède et au Canada.

L'hypothèse d'un tir de missile

Des responsables américains ont partagé avec Ottawa des renseignements qui appuient l'idée qu'un missile iranien ait abattu l'appareil d'Ukraine International Airlines peu après son décollage, mercredi.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a confirmé l'hypothèse en conférence de presse, jeudi après-midi. Il pourrait s'agir d'un tir accidentel, a-t-il reconnu, insistant sur la nécessité de mener une enquête complète.

Des médias américains avaient rapporté un peu plus tôt qu'un ou plusieurs missiles iraniens avaient probablement atteint l'appareil peu après son décollage.

Celui-ci aurait été atteint par un lanceur Tor-M1 de fabrication russe, que l’OTAN appelle le SA-15 Gauntlet, selon le magazine Newsweek, qui citait deux sources américaines et une source iranienne.

Les deux sources américaines de Newsweek, des responsables du Pentagone, ont estimé que le drame était sans doute accidentel malgré tout. Selon elles, les systèmes antiaériens iraniens étaient vraisemblablement actifs dans la foulée des frappes visant des bases américaines en représailles à l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani. Plus d'une dizaine de missiles balistiques se sont alors abattus sur les bases aériennes d'Aïn al-Assad et d'Erbil, d’après Washington.

Le Pentagone a refusé de commenter ces informations.

Avec les informations de Reuters, et AFP

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