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Sauver l’élévateur de Val Marie: la mission de Maurice Lemire

Maurice Lemire a grandi à Val Marie. Son père était l’exploitant de l’élévateur à grain.

Photo : Radio-Canada / Nicole Lavergne Smith

Nicole Lavergne-Smith

Les élévateurs à grains sont un symbole de la vie des Prairies d'autrefois.

Pourtant, un grand nombre d’entre eux ont perdu leur place d’honneur dans le paysage saskatchewanais.

Autrefois, le nombre d’élévateurs en bois se chiffrait dans les milliers. Il n’y en aurait maintenant pas plus que 500 selon la province.

Maurice Lemire est né à Val Marie. Il tente depuis plusieurs années d’éviter la démolition de l’élévateur de sa communauté.

Il le fait à la mémoire de son père, Arthur Lemire, le premier exploitant de l’élévateur du village.

Protection du patrimoine

C’est en 2000 que la municipalité de Val Marie a décidé d’acheter son élévateur délaisser à travers les années. 

Le grain, de nos jours, est plus souvent stocké dans des structures de béton ou de métal ce qui fait que les vieux élévateurs de bois sont souvent démolis. 

Maurice Lemire n’en pouvait plus de voir l’édifice tomber en ruine. En 2009, le Fransaskois a formé un comité avec d’autres membres de la communauté pour préserver l’édifice. 

Le pignon de l'élévateur de Val Marie lors d'une journée ensoleillée

L'élévateur de Val Marie

Photo : Radio-Canada / Nicole Lavergne Smith

Les membres du comité ont fait plusieurs projets pour amasser des fonds. Ils ont notamment démantelé l’annexe de l’édifice et ont utilisé le bois récupéré pour confectionner des meubles et divers produits à vendre. 

Ils ont aussi bâti une maisonnette qui a servi de prix pour une loterie organisée pour amasser des fonds au profit de l’élévateur.

Selon Maurice Lemire, en 10 ans, le comité a récolté près de 100 000 $ avec des subventions et des collectes de fonds pour rénover et entretenir l’élévateur construit en 1927. 

L’édifice du vieil élévateur se retrouve sur la liste des lieux patrimoniaux de la Saskatchewan.

L’élévateur, une passion de père en fils pour les Lemire

Maurice Lemire est un homme chic avec une moustache bien taillée et un penchant pour les chemises à motif cachemire. Il avoue qu’il en a six! 

S’il tient tant à l’élévateur de son enfance, c’est entre autres pour tous les souvenirs qui lui rappellent son père Arthur. C’est grâce à l’élévateur que son père a pu subvenir aux besoins de la famille. 

C’est ça qui m’a élevé et je pense que je dois ça à mon père.

Maurice Lemire

Arthur Lemire était embauché comme exploitant de l’élévateur en 1927 en raison de son bilinguisme, partage Maurice. 

Une ancienne photo d'Arthur Lemire. Il est un jeune homme dans la photo. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Arthur Lemire, le premier exploitant de l'élévateur de Val Marie

Photo : Maurice Lemire

Maurice Lemire raconte que son père avait, entre autres, la responsabilité d’acheter le grain pour la compagnie Alberta Pacific, mais aussi de payer les fermiers pour leur grain. Il déchargeait également le grain dans les wagons du train pour l’envoyer vers Vancouver ou Thunder Bay.

Une plaque installée sur une grosse pierre devant l'élévateur.

Une plaque devant l'élévateur de Val Marie

Photo : Radio-Canada / Nicole Lavergne Smith

Père de 11 enfants, Arthur Lemire avait même ouvert un salon de coiffure à l’intérieur de l’élévateur. La chaise de barbier où il coupait les cheveux est encore à la même place.  

L’avenir de l’élévateur est encore incertain selon Maurice. Plusieurs idées flottent toujours quant à la vocation de l’édifice.  Certains aimeraient y voir un jour un restaurant ou une bibliothèque. Maurice rêve plutôt d’un musée, où les visiteurs pourraient en apprendre plus sur le fonctionnement d’un élévateur à grain. 

Mais au fonds, Maurice Lemire espère tout simplement que l’effort communautaire pour sauvegarder le vieil édifice continue, pour garder cette partie importante de l’histoire du village bien debout et à sa place. 

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