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Réforme des retraites : 36e journée de grève dans les transports publics français

Des centaines de personnes marchent dans une rue de Paris. On voit de multiples banderoles.

Une foule compacte déferle à Paris pour protester contre la réforme des retraites.

Photo : Reuters / Charles Platiau

Reuters

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté jeudi dans plusieurs villes de France pour redire leur opposition au projet de réforme des retraites et accentuer la pression sur l'exécutif, qui a engagé une course contre la montre pour arracher un compromis sur les modalités du futur système.

La grève dans les transports publics, SNCF et RATP, est entrée dans sa 36e journée, provoquant d'importantes perturbations.

La SNCF a annoncé 32,9 % de grévistes, dont 66,6 % de conducteurs, un taux en hausse par rapport à ces derniers jours, mais loin des proportions de la première journée de mobilisation du 5 décembre (55,6 % d'agents en grève).

À la mi-journée, le taux de grévistes à Électricité de France (EDF) était de 25,5 %.

Dans l'Éducation nationale, le ministère faisait état d'une moyenne de 15 % de grévistes dans les écoles maternelles, élémentaires et primaires, et les lycées.

Avant le défilé parisien, qui doit permettre de mesurer l'ampleur de la mobilisation après les journées d'action des 5, 10 et 17 décembre, Marseille, Toulouse et Nantes, notamment, ont été le théâtre de manifestations émaillées de quelques heurts entre forces de l'ordre et manifestants.

Neuf personnes ont été interpellées au début de la manifestation parisienne, selon la préfecture de police.

À Toulouse, la préfecture de police a recensé 14 000 manifestants, les syndicats en ont compté 120 000.

Personnels hospitaliers et de l’aviation civile, agents territoriaux, des douanes et des finances publiques, enseignants, intermittents du spectacle, électriciens et gaziers, ont défilé aux côtés du personnel navigant du groupe Air France, de salariés d'Airbus, Continental Thalès, Latécoère.

Quand on sera vieux, pauvres et sans dents, on se vengera. On veut des ronds, pas des points, pouvait-on lire sur des pancartes.

Un gâteau qui ne bougera pas

On nous demande de travailler plus, plus longtemps pour des retraites moindres. Le financement actuel repose sur un système de solidarité, estime Marc Montal, secrétaire CGT chez Safran Power Units.

Demain, plus on sera nombreux, plus il faudra se partager un gâteau qui ne bougera pas. Ceux qui auront les moyens se tourneront vers des assurances privées.

Marc Montal, secrétaire CGT chez Safran Power Units

À Marseille, 220 000 personnes selon les organisateurs, 20 000 selon la police, ont répondu à l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-CFE-CGC-FSU, qui continue de réclamer le retrait du projet de loi qui sera présenté le 24 janvier au Conseil des ministres. Elles étaient 25 200 à manifester le 5 décembre, 20 000 le 17 décembre.

Un homme vêtu de noir et portant un masque à gaz.

Un manifestant lance une roche en direction de policiers, à Nantes.

Photo : Getty Images / AFP/SEBASTIEN SALOM-GOMIS

La détermination des grévistes est encore plus forte qu’avant les fêtes, le gouvernement ne pourra pas faire autrement que de retirer le projet, a dit à Reuters Olivier Mateu, secrétaire de la CGT des Bouches-du-Rhône.

Le gouvernement joue le pourrissement, a estimé pour sa part le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui a participé à la manifestation marseillaise.

Ils ont parié sur un rétrécissement de la base sociale de la lutte, c'est le contraire qui se produit avec l'entrée dans le combat de secteurs inhabituels.

Jean-Luc Mélenchon, président de La France insoumise

De nombreux avocats en robe s'étaient en effet joints au cortège. Ils ont appelé à bloquer le fonctionnement de la justice cette semaine pour défendre leur régime de retraite autonome, largement excédentaire.

Il faut retirer cet âge pivot

À Rennes, la mobilisation était en baisse : 10 000 manifestants selon les syndicats, 6000 selon la préfecture. À Nice, les syndicats annonçaient 20 000 personnes, la police 3650.

Aujourd'hui, la mobilisation est très forte, il y a beaucoup de grèves, dans le public comme dans le privé. Rien n'est perdu, la balle est dans le camp du gouvernement. Soit on écoute, soit on gouverne contre son camp.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

Cette nouvelle journée-test intervient à la veille d'une réunion décisive à Matignon, entre Édouard Philippe et les partenaires sociaux, sur le financement de la réforme, pour lequel l'exécutif espère un compromis avec la CFDT.

Les discussions achoppent sur l'instauration d'un âge pivot à 64 ans en 2027 – âge qui devra être atteint pour toucher une retraite à taux plein avec un système de bonus-malus.

Un casus belli pour les syndicats réformistes qui s'opposent à toute réforme paramétrique.

Il faut retirer cet âge pivot. [...] J'espère que le gouvernement va l'entendre, à l'heure où je vous parle, je n'en sais rien, a déclaré Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, en marge d'un déplacement à Dijon.

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