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Le Canada et la nébuleuse requête de Trump à l'égard de l’OTAN

Il est dans un hélicoptère.

Un soldat canadien survole le nord de l'Irak dans le cadre de l'opération IMPACT, en février 2017.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Marc Godbout

En pleine crise irano-américaine, le président Trump demande à l’OTAN de s’impliquer « beaucoup plus » au Moyen-Orient. Le Canada devrait-il se sentir concerné?


Une phrase floue de la Maison-Blanche, un message difficile à décoder.

Dans sa déclaration, le président américain a interpellé directement l’OTAN. Je vais demander à l'OTAN de s'impliquer beaucoup plus dans le processus du Moyen-Orient, a déclaré Donald Trump.

Jusqu’à quel point le Canada est-il visé?

Ils discutent.

Le président des États-Unis Donald Trump et le premier ministre canadien Justin Trudeau lors du dernier sommet de l'OTAN, en décembre 2019.

Photo : The Associated Press / Evan Vucci

Justin Trudeau affirme ne pas avoir reçu de demandes spécifiques du président américain lors de leur entretien téléphonique mercredi après-midi.

Prudent, le premier ministre s’en tient à un message et ne veut pas s’avancer sur la suite. On a besoin de stabiliser l’Irak, on a besoin de contrer Daech. Il va y avoir des discussions avec les partenaires dans la région et les membres de l’OTAN pour voir quelles seront les prochaines étapes.

La demande du président Trump ne peut faire autrement que de placer les membres de l’Organisation dans un certain état d’esprit, soutient Roland Paris, professeur et ancien conseiller du premier ministre Justin Trudeau.

Cela devrait être un sujet de préoccupation pour le Canada et les autres alliés de l'OTAN, car la plupart de ces pays se méfient de la campagne de pression maximale téméraire de Trump contre l'Iran.

Des drapeaux du Canada et de l'OTAN

Des drapeaux du Canada et de l'OTAN

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Dans ce contexte, le Canada doit bien jouer ses cartes. Un élément tend en sa faveur. Il participe déjà à deux missions militaires distinctes en Irak.

Ottawa devrait se concentrer et miser sur la diplomatie pour remettre ces missions en marche aussitôt que les conditions le permettront. Il doit attirer l’attention du président Trump sur ce rôle important du Canada en Irak, croit Roland Paris.

Un compte rendu publié par l’OTAN indique que, dans un entretien téléphonique, son secrétaire général Jens Stoltenberg et le président américain ont convenu que l'OTAN pourrait contribuer davantage à la stabilité régionale et à la lutte contre le terrorisme international.

Un militaire canadien discute avec des soldats irakiens.

Un militaire canadien discute avec des soldats irakiens dans le cadre de la mission IMPACT

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Quand Justin Trudeau s’est fait demander par les journalistes si Ottawa était prêt à bonifier sa contribution, il a insisté : Le Canada est déjà un des pays qui en fait le plus au niveau de la coalition contre Daech et on a le leadership de la mission de formation [militaire] de l’OTAN.

Même si la demande du président américain à l’endroit de l’OTAN est loin d’être précise, un scénario est envisageable, selon le spécialiste du Moyen-Orient Thomas Juneau. On pourrait s’attendre à ce que ce soit une plus grosse présence maritime dans le golfe Persique.

Une frégate de la Marine royale canadienne navigue dans le brouillard.

La frégate HMCS St. John's de la Marine royale canadienne revient au port d'Halifax après une mission de l'OTAN .

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Le Canada a déjà déployé des navires de la marine dans le passé. Mais c’était avant la présidence de Donald Trump.

Ce serait une demande sensible, un débat difficile, estime Thomas Juneau, qui est professeur à l’Université d’Ottawa.

En cas de conflit direct avec les États-Unis et l’Iran, cette flotte-là pourrait être prise au milieu et ce qu’on a vu dans les derniers jours illustre bien ces craintes.

Il ne s’agissait que d’une phrase qui n’était pas au coeur de la déclaration du président américain. Personne ne peut dire si elle s’adressait au Canada. Mais beaucoup d’experts acceptent l’idée que les pressions précédentes de l’administration Trump ont déjà eu l’effet d’inciter le Canada à renforcer ses contributions à l’OTAN.

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