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SQDC : les boutiques bien plus populaires que la vente en ligne

L'aire de vente d'une boutique de la SQDC.

L'intérieur d'une boutique de la SQDC.

Photo : Radio-Canada

Mathias Marchal

Face au succès mitigé des ventes en ligne, la Société québécoise du cannabis (SQDC) mise sur ses boutiques, dont elle compte quasiment tripler le réseau d’ici trois ans, selon des documents publics.

Selon des documents publiés la semaine de Noël sur le site des appels d'offres publics, la SQDC envisage d'ouvrir 56 nouvelles boutiques entre 2020 et 2023 et cherche des fournisseurs capables de les aménager. Actuellement, l’organisation compte 33 succursales réparties sur son territoire.

Montréal accueillerait 15 nouvelles boutiques, devant la Montérégie (8), les villes de Québec et Laval (5 chacune) et l’Outaouais (4). Dix autres régions se répartiraient les 19 succursales restantes.

La localisation des boutiques est basée sur les trous de marché que nous identifions et l’optimisation des routes d’approvisionnement, explique Fabrice Giguère, porte-parole de la SQDC, qui précise que plusieurs éléments du plan de déploiement peuvent changer en cours de route.

La consolidation d’un tel réseau s’avère primordiale puisqu’en juillet dernier, la population du Québec se trouvait en moyenne à 35 km de l’une des 18 succursales ouvertes à l’époque, soit en avant-dernière position de toutes les provinces, pour ce qui est de la proximité.

En outre, les ventes en ligne ne représentent actuellement que 7 % du chiffre d’affaires de la SQDC et sa part va en diminuant avec l’ouverture de nouvelles boutiques. Pourtant, il y a 18 mois, la SQDC tablait sur le fait que les ventes par Internet totaliseraient 4000 colis par jour et 30 % de son chiffre d’affaires.

L'expérience boutique privilégiée par les Québécois

L’avocat Jason Moscovici donne des conseils juridiques à l’industrie du cannabis au sein du cabinet Robic. Selon les commentaires qu’il a reçus, la faiblesse des ventes en ligne peut s’expliquer par différentes raisons qui ont trait au profil des consommateurs.

La curiosité et la fierté peuvent inciter certains consommateurs à vouloir vivre l’expérience en boutique. Il y a aussi la crainte de laisser des traces en payant avec sa carte de crédit et de se voir ensuite refouler à la frontière – une légende urbaine, selon lui.

La SQDC évoque aussi de son côté la prolifération des sites illégaux et la confidentialité de l'achat parmi les freins.

Me Moscovici pense que les nouvelles options de livraisons le jour même pourraient toutefois aider à convaincre de nouveaux adeptes du côté de la vente en ligne.

En date du 7 janvier, 97 des 238 produits offerts en ligne à la SQDC étaient en rupture de stock (soit 41 %). L’équivalent ontarien de la SQDC, qui compte une gamme de 442 produits, avait un taux de rupture de stock de 27 %.

Si plusieurs militants procannabis déplorent l’interdiction d’ouvrir, au Québec, de petites boutiques indépendantes sur le même modèle que les microbrasseries, le modèle québécois de distribution (monopole étatique) fait ses preuves, selon Me Moscovici.

D’après Statistique Canada, le Québec est dans le top 3 des ventes (avec l’Ontario et l’Alberta). Et si on se compare à l’Alberta et son modèle privé, on a des ventes équivalentes avec pourtant 10 fois moins de boutiques.

Jason Moscovici, avocat

Cela dit, l’avocat mentionne que tout n’est pas rose dans l’industrie actuellement. Dans le climat actuel, les nouveaux investisseurs qui ne sont pas familiers avec le domaine hésitent et focalisent beaucoup sur la volatilité du marché sans voir son potentiel. En plus, les réglementations gouvernementales, trop restrictives, que ce soit au niveau des licences de production, de la publicité ou de la vente au détail, n’aident pas, explique-t-il.

Au Québec, le fait que le gouvernement Legault ait porté l’âge légal pour acheter du cannabis à des fins récréationnelles à 21 ans et qu'il ait interdit à la SQDC de vendre des bonbons ou des biscuits au cannabis n’aidera certainement pas la SQDC à accomplir sa mission et à faire des gains face au marché noir, estime Jason Moscovici.

Au moment de publier, la SQDC n’offrait que trois types de tisanes à base de CBD, alors que l’Ontario offrait des chocolats, mais aussi des biscuits, des pastilles de menthe, des sodas, des crèmes et du sel de bain, tous à base de cannabis.

L’arrivée de ces produits pourrait-elle insuffler un second élan à l’industrie alors que les fleurs séchées accaparent 93 % du montant des ventes?

Jason Moscovici évite de se mouiller. Certains de nos clients misent beaucoup dessus et d’autres beaucoup moins, dit-il.

Il faut reconnaître que ces produits existaient bien avant la légalisation, mais avec l’ouverture d’un marché industriel, riche en opportunités d’innovation, il y a certainement du potentiel pour intéresser de nouveaux consommateurs.

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