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Des organismes régionaux souhaitent se doter de règles communes pour protéger l'eau

Un homme pose à côté d'une affiche de la Société de l'eau souterraine Abitibi-Témiscamingue.

Olivier Pitre, directeur de la Société de l'eau souterraine Abitibi-Témiscamingue (SESAT)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

La Société de l’eau souterraine de l’Abitibi-Témiscamingue (SESAT) dévoilera sous peu son Cadre de gouvernance pour la mise en valeur de l’eau en Abitibi-Témiscamingue. Ce document, qui est le fruit de plus de deux ans de travail, a pour objectif d’inciter les décideurs du territoire à adopter des règles régionales communes pour une utilisation responsable de l’eau de surface et souterraine.

Le cadre de gouvernance proposera des règles qui vont au-delà de ce qui est actuellement prévu par les lois du gouvernement du Québec. La SESAT souhaiterait, par exemple, que le processus d’échantillonnage des puits privés des résidents qui vivent aux abords d’une mine devienne une norme régionale.

Il y a un fort consensus des compagnies minières [établies en Abitibi-Témiscamingue] pour procéder à un échantillonnage, mais c’est quelque chose qui n’est pas fait dans le cadre légal, explique le directeur de la SESAT, Olivier Pitre. Pour une entreprise qui arrive de l’extérieur, elle peut avoir des surprises si elle n’a pas le réflexe de regarder cela d’emblée.

« L’eau est quelque chose de très important en région. On essaye de trouver une série de règles de gouvernance qu’on pourrait appliquer aux industries et aux commerces de la région ici en région. »

— Une citation de  Olivier Pitre, directeur général de la SESAT

La SESAT souhaiterait également que les entreprises qui prélèvent de l’eau s’engagent à rendre publique la quantité totale de la ressource qu’ils utilisent annuellement et que cette information soit colligée dans un registre régional. C’est une information qui est jugée d’ordre privée par le ministère [de l’Environnement], souligne M. Pitre. Mais c’est en train de devenir une norme établie en région [de dévoiler les chiffres]. On veut mettre par écrit ces attentes qu’on a en région en termes de déclaration de ces prélèvements.

La SESAT inclura dans son cadre de gouvernance un ensemble de revendications politiques, notamment sur les redevances sur l’eau ou l’augmentation du budget alloué au ministère de l’Environnement, afin de tenter d’obtenir des gains auprès du gouvernement du Québec.

Un équilibre pour s’assurer de l’adhésion d’une majorité

Olivier Pitre explique que le cadre de gouvernance a été conçu pour qu’il puisse recueillir un maximum d’adhésion de la part des élus de la région. C’était de faire un travail d’équilibre entre le cadre légal et ce qu’on pourrait appeler une espèce d’idéal. On ne veut pas un cadre de gouvernance qui va être idéal, mais qui va rester sur la tablette. On veut quelque chose qui soit adoptable par les décideurs et les exploitants de l’eau, souligne-t-il.

Les propositions du cadre de gouvernance seront soumises jusqu’au 15 janvier au vote des citoyens par l’entremise d’un sondage en ligne. La version finale du document devrait être complétée d’ici la fin du mois. Après cela, on lance cela en région et ce sera à la région de se l’approprier, souligne M. Pitre, qui compte ensuite solliciter la conférence des préfets, les MRC, les municipalités et les chambres de commerce du territoire.

Des organismes voient d’un bon œil la démarche

Le Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT) salue la démarche de la SESAT. C’est sûr que le CREAT salue cette initiative et a été partie prenante de la démarche également en y participant de son côté, explique sa directrice générale, Clémentine Cornille, qui estime qu’il serait d’intérêt public de se doter de règles de gouvernance pour l’eau.

« On a beaucoup d’eau sur le territoire, on en a conscience, mais autant faut-il qu’elle soit de qualité. C’est très important d’évaluer cet aspect-là et puis de tout faire pour avoir une eau, une ressource de qualité. »

— Une citation de  Clémentine Cornille, directrice générale du CREAT

Pierre Cartier, président de l’Organisme de bassin du Témiscamingue (OBVT), abonde dans le même sens. Cette démarche permet de mettre de façon claire l’opinion des organismes par rapport à la gouvernance de l’eau, souligne-t-il. Puis ensuite, de faire des propositions qui pourraient changer les lois et la réglementation.

Le préfet de la MRC d’Abitibi, Sébastien d’Astous, affirme que la MRC étudiera avec attention les propositions de la SESAT en vue d’une adoption éventuelle. Je suis certain que le travail a été fait de façon très rigoureuse et j’ai très hâte de voir le résultat, souligne-t-il. L’eau c’est une ressource qui est drôlement importante pour notre région.

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