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  • Archives
  • Les nombreux combats du journal Le Devoir depuis 110 ans

    La une du quotidien Le Devoir annonçant la grève des mineurs de l'amiante en 1949.

    Le journal Le Devoir fête ses 110 ans le 10 janvier 2020.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le quotidien Le Devoir souffle ses 110 bougies le 10 janvier 2020. Ce journal s’est révélé d'une rare indépendance d'esprit au cours de son existence. Il a par ailleurs mené plusieurs combats qui ont influencé la politique et la société au Québec.

    Un siècle de journalisme indépendant, c’est un fait rare au pays. Une indépendance que le quotidien a payée cher tout au long de son existence.

    Céline Galipeau, 7 janvier 2010

    Henri Bourassa, défenseur des droits des Canadiens français

    Le 10 janvier 1910, la presse canadienne-française s’enrichit d’un nouveau titre, Le Devoir, que vient de publier Henri Bourassa.

    Montréal ce soir, 4 juin 1992

    Le 4 juin 1992, l’émission Montréal ce soir présente une brève capsule biographique du fondateur de ce quotidien.

    Henri Bourassa est à l’époque un des plus prestigieux intellectuels du Canada français.

    Petit-fils du chef des Patriotes Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa se révèle un défenseur acharné des droits linguistiques, politiques et religieux des Canadiens français.

    C’est pour diffuser ses idées nationalistes, anti-britanniques et de défense de la religion catholique qu’il fonde Le Devoir.

    Henri Bourassa s’entoure à la rédaction du quotidien d’une équipe de journalistes talentueux.

    Parmi ceux-ci, mentionnons Olivar Asselin, Jules Fournier, Omer Héroux, Armand La Vergne et Georges Pelletier.

    C’est avec ces journalistes qu’Henri Bourassa luttera contre l’envoi de soldats canadiens (et surtout francophones) au front pour soutenir la Grande-Bretagne durant la Première Guerre mondiale.

    Ses adversaires, tant au Québec qu’au Canada anglais, l’accusent de trahison.

    Certains réclameront à l’époque la fermeture pure et simple du Devoir et l’arrestation de son fondateur.

    En 1932, Henri Bourassa, dont certaines de ses idées sont perçues trop réactionnaires, quitte la direction du journal.

    Georges Pelletier lui succède jusqu’en 1947. C’est durant cette période que Le Devoir se distingue dans sa lutte contre la conscription durant la Seconde Guerre mondiale.

    Le Devoir dénonce la corruption

    Nous sommes en 1947.

    Le nouveau directeur du Devoir à cette époque voit son lectorat vieillir et décliner. Gérard Filion décide d’entreprendre un important virage social.

    Tout le monde en parlait, 8 janvier 2010

    Les effets concrets de ce virage, le journaliste Gilles Gougeon les raconte dans un reportage présenté à Tout le monde en parlait le 8 janvier 2010.

    À maintes reprises, les journalistes du quotidien révèlent et critiquent l’aspect répressif et corrompu du régime du premier ministre Maurice Duplessis.

    Le Devoir se range du côté des syndicats lors des grèves des travailleurs de l’amiante et du textile à Asbestos et à Louiseville en 1949 et 1952.

    Le journal dénoncera alors par les articles de Gérard Pelletier la violence utilisée par le régime Duplessis pour forcer un retour au travail des grévistes.

    Le Devoir pourfend aussi la corruption qui gangrène le régime Duplessis.

    C’est le journaliste Pierre Laporte qui révèle ce qu’on a appelé en 1957-1958 le scandale du gaz naturel.

    Ce délit d’initiés de plusieurs membres du cabinet du premier ministre Duplessis choque profondément la province de Québec et discrédite le gouvernement de l’Union nationale.

    La vigilance du quotidien ne s’arrête pas aux portes du parlement de Québec.

    Le Devoir a aussi dans sa mire l’administration de la ville de Montréal.

    Parlant de « putréfaction généralisée », le quotidien publiera, comme le rappelle Gérard Filion, une soixantaine d’articles révélant les liens troubles entre la pègre montréalaise et les policiers de la métropole.

    Ces articles auront un important retentissement au sein de la société québécoise.

    Cette dénonciation des liens entre le crime organisé et les forces de l’ordre de la métropole favorisera notamment la tenue d’une commission sur la corruption menée par le juge François Caron entre 1950 et 1953.

    Un combat pour la survie

    Le mercredi soir, je ne savais pas si j’aurais de l’argent le lendemain matin pour faire la paie des employés.

    Gérard Filion, rédacteur en chef du journal Le Devoir (1947-1963)

    Téléjournal, 7 janvier 2010

    Le 7 janvier 2010, le Téléjournal souligne le centenaire du journal Le Devoir avec un reportage du journaliste Yvan Lamontagne.

    Le reportage résume les principaux événements qui ont jalonné l’histoire du quotidien.

    Il met aussi l’accent sur le combat constant qu’a dû mener son équipe pour maintenir à flot ses finances.

    Pour éponger les déficits, la direction fait appel à ses abonnés.

    C'est le cas de Françoise Roy qui est une fidèle lectrice du quotidien depuis les années 1930 et qu’a rencontrée le journaliste Yvan Lamontagne.

    Dès 1914 est créée l’Association des amis du Devoir.

    Grâce à des souscriptions populaires et des dîners-bénéfice, auxquels participent souvent des personnalités culturelles ou du monde de la politique, Le Devoir évite le naufrage.

    Sa situation financière s’est beaucoup améliorée depuis quelques années.

    Selon le rapport annuel du journal de 2018, Le Devoir enregistrait près de 250 000 $ de bénéfices.

    En 2018, le journal comptait 22 000 abonnés pour son édition imprimée et 16 000 pour son édition numérique.

    Toutes les semaines, il était lu par plus d’un million de personnes.

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